Géogr. XVII, p
et Strabon rendraient donc témoignage à l'intelligence et au caractère sociable des Égyptiens. Mais on a, depuis quelque temps, cru nécessaire de corriger le texte : au lieu de 'rroÀiTi./.ov, on y a mis a-oX'.n/.ov ; ce qui a renversé le sens, désormais rendu par : « gens irritables et difficiles à gouverner. » On a ainsi fait pour mettre Strabon d'accord avec Tacite qui qualifie la nation égyptienne de « lascivia discors et mobilis '. » Cette raison est-elle suffisante pour opérer un tel remaniement dans le texte? — Nous laissons aux philologues la solution de cette question -. Contentonsnous, pour l'instant;, d'observer que dans tous les cas, le sens des mots yevo; 7:oA'.ti-/ov ou a-o/.iTixov est ici parfaitement déterminé. Polybe nentend pas dire, comme le voudrait Lumbroso ^ que les Égyptiens formaient une classe jouissant ou non de droits politiques, une classe de citoyens ou de métèques; mais bien une classe ayant ou n'ayant pas l'habitude du joug des lois, une classe indisciplinée ou facile à gouverner. Le sens est clair et ne souffre pas de doute.
Ajoutons de suite, pour ne pas donner le change sur notre pensée, que les Égyptiens sous les Romains, comme sous les Lagides, continuèrent d'être gouvernés pour ain.si dire à la mode pharaonique; ils furent traités en sujets et ne cessèrent pas de payer la capitation. Ce n'est que fort tard, et lorsqu'il commençait d'être en décadence, qu'on les initia au régime municipal ^
Nous avons parlé dans le précédent paragraphe de l'entrée des Égyptiens dans la classe d^s citoyens. Certains auteurs ■' sont, au contraire, d'avis que les Égj'ptiens ne pouvaient pas aspirer au titre de citoyen, que la classe