Mommsen, Hist. rom. XI, p
privilégiée leur était fermée, et qu'ils étaient tenus enchaînés, sans pouvoir s'en tirer, dans leur condition inférieure. On fonde cette théorie sur quelques passages de la réplique, qui nous est connue, de Josèphe contre Apion ', auxquels il serait facile d'opposer ceux du même document où l'historien juif se plaint si amèrement que la confusion des temps ait permis à un grand nombre d'Égyptiens de se faire recevoir citoyens. Mais nous nous bornonS;, pour la réfuter, à rappeler la règle législative qui prescrivait aux Égyptiens, pour devenir citoyens romains, d'obtenir d'abord le droit de cité à Alexandrie. Cette règle suppose évidemment qu'ils étaient aptes cà le devenir. Les non citoyens pouvaient donc aspirer au titre de citoyens -.
Nous verrons plus tard quels étaient les avantages politiques spéciaux aux habitants des villes organisées à la grecque dans l'intérieur de l'Egypte.
Reste h parler de l'élément juif.
ii III. — Des Juifs d'Alexandrie.
La colonisation juive, qui date en Egypte dès les premiers temps des Lagides '\ est un fait très notable. Elle se rattache à un système général, suivi par Alexandre et les Diadoques, qui consistait à helléniser les pays barbares de l'Orient au moyen de colons juifs qu'ils mettaient à côté des colons macédoniens et grecs ''. Les Juifs furent de la sorte répandus en Egypte, à Gyrène, dans la Grèce
1. Contra Apion. 2, 4 : « Atqui solis ^Egyptiis orbis nunc Romani doinini participare cujuscumque civitatis iaterdixerunt. » 2, 6 : « .Egypliis ncijLie reguin quisquam vidotur jus civitatis fuisse largitus, neque nunc (juililiet imperatorum. »
2. Les paroles de Trajan, dans Pline, Epist. X, 22, 23 : « civitatcm alexandrinam secundum institutionem principuui non femere daro proposui » sont générales et ne visent pas plus les Égyptiens que tous ceux qui demandaient ce jus civitatis, quoi qu'en pense Moinmsen. Epheni. Epigr. V, p. 13 note.