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M. Cohn suppose que Justinien a remplacé le mot sodalicium par societas. Sans discuter l'argument tiré des Basiliques, n'était-il pas plus simple, pour l'empereur romain, de supprimer le terme même qui désignait une institution dont il ne voulait plus admettre l’existence, que de le remplacer par un autre?
D'ailleurs, est-il exact de prétendre que le mot societas ait toujours été pris dans un sens général, quand on peut citer plusieurs fragments dans lesquels les societates sont assimilées aux municipes, décuries et autres wmiversitates investies de la personnalité juridique (L. 3, $ 4,37, 1; L. 22, D. 46,1; L. 31, S$ 1,47,2). M. Cohn affirme bien qu'il y a eu également interpolation dans ces textes, mais ici, il ne peut plus invoquer les Basiliques, dans lesquelles le mot est cette fois-ci constamment traduit par yolvovu. Geci ne prouvet-il pas qu’il n’y a aucun argument à tirer des expressions qui sont employées dans les Basiiques ?
M. Max Cohn est-il davantage dans le vrai, lorsqu'il prétend que la fiction de la personnalité morale fut imaginée trop tard pour avoir pu être accordée aux sociétés de publicains ? Gette conception assurément, indique un état de perfection de la science juridique trop avancé, pour avoir existé, dans le vieux droit romain ; l’on peut même dire qu’elle s’imposa plutôt, peu à peu, par la force des choses, qu'elle ne fut inventée par les jurisconsultes. Il n’en est pas moins certain, qu’on reconnut, dès les temps les plus anciens, à certaines collectivités, notamment au populus
romanus, aux cités, une existence légale, puisqu'on leur