CHAPITRE II
DES DROITS ET DES OBLIGATIONS DU paterfamUiâS SUR
LES bona adventitia.
15. — Le développement lent et progressif des bona adventitia, la timidité avec laquelle fut battue en brèche l'antique règle qui attribuait au père, en pleine propriété, le bénéfice des acquisitions réalisées par le fils de famille, vont nous donner l'explication des pouvoirs que la loi romaine conférait au père sur le pécule adventice. Il est, en effet, très difficile de préciser quelle était la nature exacte des droits du père. Tous les textes le proclament usufruitier des bona*advçntitia et donnent au fils la nue propriété. Cependant, nous allons constater que les droits du père dépassaient de beaucoup ceux d'un simple particulier alors que ses obligations n'étaient pas aussi rigoureuses que celles dont un usufruitier était tenu en principe.
Où trouver les raisons de cette différence, si ce n'est dans cette idée que, le père ayant eu, à l'ori-
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gine, la pleine propriété de tous les biens de son fils, il était resté quelque chose de ses anciens pouvoirs, même dans les innovations postérieures. Le point de départ n'était pas complètement oublié, et la lé- ^slation nouvelle était encore imprégnée de l'esprit de la législation antérieure. Aussi, bien que le père nous soit représenté comme un usufruitier, il faut reconnaître que sa situation est préférable à celle d'un usufruitier et qu'elle contient de nombreux vestiges du droit primitif.
Nous allons passer successivement en revue les droits et les obligations du paterfamilias quant aux biens composant le pécule adventice.