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survivances juridiques l'influence qu’elle à exercée sur l’ensemble du droit.
Pour compléter notre démonstration nous n’hésiterons pas à sortir de Rome et à chercher dans le domaine du droit comparé, une base solide à nos inductions. Le peuple Romain n’est en effet qu'une faible fraction de l'humanité. Les témoignages peut-être insuffisants que nous recueillerons dans l'étude de sa législation ont besoin d’être complétés par l'examen comparatif des législations parallèles des autres peuples, parvenus au degré de développement auquel correspond la règle de linaliénabilité. Aucune législation ne porte son explication complète en elle-même. Au lieu de borner ses recherches aux lois d’un peuple isolé, la science juridique doit rassembler et comparer entre elles les lois des divers peuples. Cette étude jette en premier lieu un jour inattendu sur les institutions fondamentales des hommes primitifs. Ce serait une crreur de croire que telle ou telle institution, telle ou telle coutume, peut être revendiquée par tel ou tel peuple comme une création nationale et originale. C’est un fait constant aujourd’hui que cette institution, cette coutume se retrouve chez un grand nombre d’autres nations et forme une de ces coutumes générales, phases nécessaires par lesquelles l'espèce humaine poursuit son travail de développement et de civilisation. L’homme est identique à lui-même sur tous les points du globe et un milieu semblable produit des idées semblables. Les lois ne sont pas
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le produit arbitraire de la volonté, une création artificielle d’un peuple, elles sont le résultat d’habitudes rigoureusement déterminées par le passé.
Sans doute, chez les divers peuples, les institutions peuvent au premier abord paraitre se différencier profondément, mais ce n’est là qu’une apparence, car il y à des nations qui ont marché plus vite les unes que les autres. En outre, il faut tenir compte des différences de race et de climat, du milieu physique et des circonstances économiques. Mais ces différences n’infirment pas cette loi fondamentale que l’évolution de l'humanité s’est partout déroulée dans le même ordre et avec des phases identiques. Les phénomènes dont l'univers nous offre le spectacle ne se produisent pas au hasard et sans règles, mais toujours dans un ordre rigoureusement déterminé. Ce qui est vrai pour lunivers ef le monde physique l’est également pour les sociétés dans leur développement. Celles-ci sont régies par des lois aussi immuables, aussi constantes que celies qui obligent les planètes à décrire dans Pespace leurs ellipses invariables.
S'ii est légitime de penser que les peuples ont suivi la même route et passé par les mêmes étapes dans leur marche en avant, nous pourrons grâce à l'induction, combler les lacunes qu'offre chez le peuple Romain le développement du droit. Les quelques vestiges épars d'un état social disparu serviront de support à la reconstitution de cet état tout entier. C’est à un travail analogue que se
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livrait Cuvier lorsqu'il arrivait à reconstituer avec quelques ossements les formes et le genre de vie d'animaux, depuis longtemps disparus. C’est ainsi que, notamment, avec des os trouvés dans le gypse de Montmartre, il put reconstituer le paleothorium.
Nous pourrons encore puiser des renseignements intéressants dans l’étude des coutumes actuelles des peuples restés à l’état d'enfance. Il existe de nos jours des peuples attardés dans les phases inférieures du développement par lesquelles toutes les nations ont dû successivement passer. C’est là une source de renseignements à laquelle on puisera avec les précautions nécessaires. «€ Ainsi, à côté de la « préhistoire morte, nous pouvons maintenant pla- « cer la préhistoire vivante et éclairer l’une par CH'autrer.ter Les générations du passé sortent du « tombeau sans qu'on les évoque (1). » Grâce à l’'ethnographie, le passé devient le présent, et étude des mœurs des sauvages nous permet d'expliquer bien des coutumes aujourd’hui disparues dont nous ne comprendrions pas autrement et le sens et la portée.
Enfin, la philologie comparée nous fournit des indications précieuses sur la civilisation des peuples. En étudiant la formation des mots, des racines, et la construction des langues, elle à pu affirmer l’'affinité primordiale de populations séparées depuis longtemps par des distances énormes ct dispersées
(1) GC. Dreyrus. — L’Evolution des Mondes el des Sociétés p. 260.