‹ Droit romain de l'inaliénabilité primitive des terres à Rome et du droit de chasse et de sa cessionChapitre 7 sur 56 · LES HÉBREUX · texte numérisé non relu

LES HÉBREUX

BIBLIOGRAPHIE. — DE Pasrorer. Moïse législateur et moraliste (Paris, 1787). Histoire de la législation (tome IV). — SELDEN. De Successionibus ad leges Hebræorum (Leyde, 1638). — Cazmer. Dictionnaire de la Bible (Paris, 1722-1728, 4 vol.). — Borssox- NADE. Histoire de la réserve héréditaire. — LErour- NEAU. Évolution du droit de propriété. — MeYER ET ARDANT. La Question agraire.

Pendant longtemps les Hébreux furent, comme tous les Sémites, un peuple pasteur et nomade (1). C’est par l'étendue des troupeaux que la Bible évalue les richesses d’un homme (2). Les textes ne

(1) « Pastores ovium sumus » Genèse, chap. 47, vers. 3.

(2) « Nabab était extrêmement riche ; il avait trois mille brebis et « mille chèvres. » Rois, I, 25, 2. Samuel, I, 98.

En

parlent jamais de la propriété foncière (1). Elle a commencé, en effet, par être totalement inconnue des Hébreux, comme de tous les peuples nomades. C’est seulement lorsqu'ils arrivèrent dans la terre promise que nous voyons apparaitre chez eux l’appropriation du sol. On peut même assigner une date précise à cette apparition. Nous trouvons, en effet, chez les Hébreux, la tradition d’un partage des terres. « La terre, dit Jéhovah à Moïse, sera partagée « entre tous ceux qui auront été comptés, afin « qu'ils la possèdent selon leur nombre et selon la « distinction de leur nom et de leur famille. Vous « en donnerez une plus grande partie à ceux qui « seront en grand nombre et une moindre à ceux « qui seront en petit nombre, et l'héritage sera « donné à chacun selon le dénombrement qui vient « d’être fait, mais de telle façon que la terre soit « partagée au sort entre les tribus et les fa- « milles (2). » La terre promise fut donc divisée en douze parts et on procéda, par voie de tirage au sort, à la répartition des lots entre les tribus. Une fois ce partage primitif opéré, les chefs de famille de chaque tribu se partagèrent à leur tour, égale-

(1) « Valde dives eral in possessionibus auri et argenti…. » Genèse, chap. 13, vers. 2.

« ….Habent possessiones ovium et armentorum. » Genèse, chap. 26, vers. 14.

(2) Nombres XX VI, 53-56. « Istis dividetur terra juxta numerum « vocabulorum in possessiones suas. Pluribus majorem partem da- « bis... paucioribus minorem sors terram dividat tribubus et fa- « miliis, elc. »

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ment par voie de tirage au sort, le territoire qui lui avait été assigné.

Ces lots constituèrent des propriétés de famille. Comme ces biens étaient communs, il devait être impossible de les aliéner. Ces terrains étaient limités avec soin au moyen de bornes, et ceux qui osaient déplacer ces bornes étaient frappés d’anathème (1).

L'épisode de Naboth nous fournit une preuve de l'impossibilité qu'il y avait d’aliéner les biens de famille. « Achab dit à Naboth : Donne-moi ta « vigne afin que je puisse faire un jardin, parce « qu’elle est proche de ma maison, je t'en don- « nerai une meilleure ou, si cela t’accommode « mieux, je te la paierai en argent au prix qu'elle « vaut. » Naboth répondit : « M’en préserve l'Éter- « nel que je te donne l’héritage de mes pères (2). »

Des précautions sont prises contre tout ce qui : peut porter atteinte à la stabilité du bien patrimonial. À cette idée se rattache une institution extrémement curieuse, celle du Jobel ou Jubilé (3). Le

(1) Deuteronome, XXVII, 17. « Maudit soit celui qui change les « bornes de l’héritage de son voisin ! » et tout le peuple répondra et dira : « Amen. »

(2) Rois, XXI, vers. 3. M. Lecomte de Lisle, qui a fait un poème sur la vigne de Naboth, a rendu ainsi cette idée d’une façon remar-

quable :

« C'est mon bien paternel, que je meure!

« Si je le vends jamais, füt-ce à ma dernière heure. »

(3) Levitique, chap. 25, vers. 18 et seq. « Vous sanctifierez la cin- « quantième année et vous publierez la liberté pour tous les habitants « du pays, parce que c'est l’année du jubilé. Tout homme rentrera « dans son bien et chacun retournera à sa famille primitive.

« En l’année du jubilé, tous rentreront dans les biens qu'ils

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