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gistrat est de telle nature qu’elle ne pourrait donner lieu à un procès ordinaire, le demandeur n'ayant pas de droit bien caractérisé contre son adversaire.
2 Dans plusieurs cas, l'affaire requiert célérité. Ilen estainsi, notamment, en matière de funérailles. Une question se présente, demandant une prompte solution : qui conduira les obsèques ? il en est de même encore, en cas de déménagement.
3° Enfin, les questions que nous avons vu donner lieu à la Cognitio extra ordinem sont souvent délicates ; leur solution demande des connaissances spéciales, de la prudence, de la sagesse, du tact.
Tels sontles cas certains dans lesquels le magistrat est appelé à remplir les fonctions de juge. En existet-il d’autres? Le magistrat est-il libre de retenir l’affaire, à son grè, ou de la renvoyer devant un Juge ? C'est là, nous le savons déjà, une question obscure, controversée. À notre avis, le pouvoir du magistrat doit être absolu. Le système formulaire, vers le TII* siècle, il faut le reconnaître, afaitson temps. La distinction du jus et du judicium, jadis si en honneur, est devenue indifférente à tous. Le patriolisme s’est beaucoup affaibli. Les citoyens romains, autrefois si jaloux de leurs droits politiques, si soucieux de participer au gouvernement de la cité, abdiquent leurs privilèges entre les mains de l'Empereur et de ses lieutenants. D'un autre côté, les affaires ont pris un
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développement considérable ; les fonctions du juge, simples, à l’origine, sont désormais compliquées, exigeant des connaissances juridiques qu'un simple particulier peut difficilement acquérir: L'étude du droitn'est plus aussi répandue. Délaissée par la masse des citoyens, elle est le privilège de jurisconsultes officiels. Aussi ne doit-on pas s'étonner si les fonctions judiciaires, autrefois recherchées, sont maintenant considérées comme un impôt etune charge dont chacun cherche à s'affranchir.
La vieille institution de la distinction du jus et du judicium, quoique condamnée, en fait, bien avant la disposition de Dioclétien, ne fut pas renversée tout d’un coup; ce n’est que graduellement qu'on la bat en brèche, et qu'on arrive à la détruire, tant est grand, chez les Romains, le respect des traditions. Ils semblent hésiter longtemps, avant de faire disparaître les lois surannées ; ils préfèrent chercher le moyen de les tourner, d’en éviter indirectement les conséquences, plutôt que de les supprimer entièrement. La procédure extra ordinem quiétait apparue, au début, comme une anomalie, a vu son domaine s’élargir rapidement, et quand Jioclétien rendit sa fameuse Constitution, l’an 294, consacrant son triomphe d’une manière définitive, la réforme était depuis longtemps déjà écrite dans les faits, avant d’êtrè reconnue par la loi.