‹ Droit romain du colonatChapitre 23 sur 62 · DER · texte numérisé non relu

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fonds cultivés par les colons et qui s’est maintenu au milieu des révolutions accomplies, atteste vivement au IVe Siècle Pancien rapport de la clientèle et dn patronage, et la transformation qui avait substitué les colons aux clients, en maintenant la grande propriété. Il faut donc partir de l’état respectif des clients et patrons, pour arriver à l’origine des colons de l’Empire romain. — D’après nous, le lien qui unissait le client au patron était de toute autre nature que celui qui vint unir le colon au propriétaire. L’un était issu d’un intérêt privé, l’autre naquit d’un intérêt public A l’époque où le colonat se manifeste au grand jour dans l’histoire, la clientèle antique à complètement disparu avec les familles patriciennes, lesquelles avaient seules des clients ; et la nouvelle clientèle, — si l’on tient à employer ce mot, — quise forma alors, ne ressembla en rien à l’ancienne, dont les jurisconsultes eux-mêmes avaient perdu le souvenir. Il n’existe aucun trait d’union entre ces deux institutions : plus d’un siècle les sépare, pendant lequel la culture du sol fut faite principalement par les esclaves, Lorsque plus tard le colonat s'établit, il put présenter avec l’ancienne clientèle une certaine analogie; mais ce ne fut, suivant les justes expressions de Savigny (Mém. sur le Col., THÉMIS., T. IX), ni par imitation d’un état oublié, ni par une détermination spontanée du législateur et bien sous l’influence de causes nouvelles, qui se lient à l’histoire agricole de Pltalie. Et quant au mot de patron, relevé dans les textes, nous verrons, en réfutant plus bas le système de Troplong, la portée qu’il convient de reconnaître à cette expression.

— Guizot (Hist. de la Civil. en France), développant une idée déjà mentionnée mais combattue par de Savigny, a cru trouver l'origine du Colonat dans l’organisation sociale de la tribu germaine. L'état social de la Germanie se composait de deux éléments : d’une part, la tribu sédentaire et agricole, d'autre part, la bande de guerre. La tribu sédentaire comprenait des familles ou clans, dont les membres vivaient sous l’aulorité du chef de famille, les chefs de clans formant l’assemblée de la tribu. Or, les descendants d’une même famille habitaient

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