‹ Droit romain du colonatChapitre 9 sur 62 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Gondition du Golon.

Faut-il considérer le colon comme un homme libre ou comme un esclave ? Cette question ne nous paraît pas susceptible d’une solution absolue.

D’abord il faut, nous l’avons déjà écrit, distinguer deux classes de colons entre lesquelles les appellations peuvent être souvent confondues par les textes, mais dont les uns néanmoins qualifiés particulièrement coloni liberi jouissent de droits plus étendus que les autres : les premiers peuvent, par exemple, posséder personnellement des biens, meubles ou immeubles, et en disposer sans entraves.

De plus, si le fait d’être retenu obligatoirement sur le sol constitue un obstacle à la liberté et atteint tout colon dans sa condition civile, le rend servus terræ, comme disent les textes, entraîne pour lui l'éloignement des fonctions publiques et son abaissement au rang des choses comprises dans la description cadastrale d’un domaine, si, en un mot, ces divers caractères rapprochent le colon de la servitude, d’autre part, certains rapports rapprochent le colon de la liberté : il jouit notamment du jus connubii, peut gérer une tutelle, le Code de Justinien établit lui-même des points de comparaison entre l’esclave et le colon (XI, 47, L. 21), et l’esclavage a toujours été considéré comme le plus terrible châtiment à infliger aux colons|(C. TH., VA OET I

Nous pensons donc que le colonat formait une condition intermédiaire entre la liberté et Pesclavage. Les hommes libres, en s’y soumettant, constituèrent une classe particulière qui conserva plusieurs caractères de la liberté et emprunta les autres à la servitude : le colon touche plus spécialement à l’un ou à l’autre de ces deux états sociaux, suivant qu’il fait

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