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transactions entre les nations à étalon différent, ne seront plus que des trocs, dans lesquels l'or et l’argent serviront de marchandise intermédiaire. Et cet intermédiaire sera bien dangereux ; car les variations dans la production, de l’un ou de l’autre de ces métaux, amèneront dans leur pair de change des oscillations quelquefois immenses, puisqu'elles n'auront d'autre frein que la loi de l'offre et de la demande (1).
Telle est la situation, à laquelle le bimétallisme français apportait un correctif avant 1873.
L'Hôtel de la Monnaie de Paris monnayait au gré des particuliers l'or et l’argent qu’on lui apportait, d’après la règle que: pour faire 1 franc d’or, il fallait un poids 15 fois 1/2 plus considérable d'argent. Les pays monométallistes or se trouvaient alors avoir une commune monnaie avec les empires monométallistes argent.
En eflet, l’Anglais auquel un Indien devait 1.000 francs en souverains, était désintéressé si son débiteur lui expédiait une somme de roupies 15 fois 1/2 plus considérable en poids, que 1.000 francs en livres sterling, puisque, en portant cette masse de roupies d’argent à la monnaie de Paris, il pouvait recevoir en échange les 1,000 francs d'or dont il était créancier. La monnaie française, en monnayant l'or et l’argent sans distinction dans le rapport de 45 1/2, établissait donc une base des valeursentre l’argent de l'Orient et l'or de l'Occident. Le 15 1/2 était l’aimant autour du quel le cours du change bimétalliquetoscillait sans pouvoir s’en écarter beaucoup.
(1) G. M. Boissevain. Le Problème monétaire et sa solution (1891).