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Cette organisation favorable pour tout le monde, puisqu’elle prévenait les brusques sautes de valeurs, amenées par surabondance de production d’un des deux métaux, cette organisation fut détruite en 1873, à la suite des événements suivants. En 1873, le iégislateur allemand résolut de démonétiser l'argent et de soumettre l'empire entier au régime du monométallisme or. Pour obtenir ce résultat, le gouvernement allemand retira l'argent en circulation, le remplaça par de l'or; puis pour se débarrasser de cette masse d'argent, il prit le parti de l’expédier en France. Là-on le fit monnayer en pièces de 5 fr. avec lesquelles on acheta des lettres de change payables en livres sterling, ou de l’or français qu’on expédiait à Berlin.
Le résultat de cette manœuvre fut d'amener en France une véritable invasion d'argent allemand. Le gouvernement français s'en inquiéta et le 6 septembre 1873, décida de restreindre le monnayage journalier de l'Hôtel de la Monnaie, à 40.000 écus.
À partir de cette époque, le pair bimétallique était mort.
Plus tard, on interdit complètement le monnayÿage de l’argent en France; mais la restriction de 1873 avait déjà détruit tout rapport de valeur monétaire entre l'or et l'argent ; lamonnaie internationale n’existait plus entre l'Orient et l'Occident. Telle fut, brièvement, la conséquence de la suppression du bimétallisme. Nous ne nous étendrons que plus tard sur ces résultats, car ces faits se rattachent à la question principale de cet ouvrage, à la question de la démonétisation, puisque c’est la suppression
de la monnaie d'argent allemande qui à produit ces crises. En attendant si nous devions donner notre opinion sur la question du double, ou de l'unique étalon, nous n’hésiterions pas à nous déclarer bimétalliste, en théorie du moins. Le régime bimétalliste accepté par les principales puissances, la reconnaissance universelle du 15 1/2, seraient la solution la meilleure au problème monétaire. Les deux métaux se faisant contrepoids, les crises amenées par la superprouuction de l’un ou de l'autre seraient : évitées. Enfin, les transactions internationales ne seraient plus de simples trocs, bouleversés constamment par des fluctuations considérables ; mais, de véritables ventes, dans lesquelles le pouvoir payant du métal employé resterait ferme.
Pour toutes ces raisons, le système bimétallique nous paraît préférable ; mais nous reconnaissons que dans une Europe monométalliste, la France courrait de grands dangers si elle rétablissait le libre monnayage de l'argent. Sans cette précaution, en effet, ce métal déprécié viendrait encombrer nos places et pourrait ainsi ébranler notre fortune monétaire,
Une coalition bimétallique de l'Europe et de l'Amérique serait seule assez forte pour rétablir le bimétallisme et le pair de change fixe à 15 1/2,