‹ Droit Romain: Du Développement Parallèle de la Représentation dans les Instances Judiciaires et dans les Actes Juridiques Économie Politique de la Contraction Monétaire et de ses ConséquencesChapitre 35 sur 47 · TT LS · texte numérisé non relu

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traite sur l’Inde, en voit la valeur baisser, monter d'après les variations de l'argent. Les événements les plus insignifiants et les plus fortuits peuvent influencer la valeur de ce métal. L'arrivée de plusieurs cargaisons d'argent suffit pour les mettre en baisse. Que des retards se produisent, au contraire, et sa valeur monte subitement de 4 ou 2 pour 100.

Tous les Anglais instruits ont été frappés de ces fluctuations perpétuelles du change international. Elles ont pour résultat de déjouer tous les calculs du commerce, de diminuer la demande de l'Inde à l’industrie anglaise, de frapper les commerçants honnêtes et de faciliter la besogne aux fripons.

Avant 1873, lorsqu'un négociant de Londres expédiait à Bombay un lot de marchandises de 10.000 livres sterling, il suffisait, pour qu’il ne füt pas en perte, la roupie étant au pair de 2 schellings, que le lot füt vendu 100.000 roupies. Quesi, au contraire, c'était un négociant indien qui expédiait en Angleterre pour 100.000 roupies de marchandises, il lui fallait, pour rentrer dans les débours, en tirer 10.000 livres sterling. Depuis que la roupie est tombée de 2 schellings à 18 pences, tout est changé. Le commerçant anglais, pour rentrer dans ses 10.000 livres sterling, devra vendre ses marchandises dans l’Inde, non plus 100.000, mais 133.000 roupies. Tandis qu’il suffira au négociant de Bombay d'obtenir à Londres 7.500 livres de ses marchandises au lieu de 10.000 pour rentrer dans ses 100.000 roupies. Les marchandises indiennes jouissent d’une prime de 25 0/0 sur le marché anglais, tandis que les prix des produits expédiés d’An-

gleterre dans l’Inde, doivent être élevés de 33 0/0. C’est donc une véritable protection naturelle, que l'Inde et l’Asie opposent aux marchandises européennes. La conséquence de cet état de choses est la situation critique de l’agriculture anglaise, écrasée par la concurrence des blés indiens(1). Le commerce et l’industrie en ont également souffert, car la hausse des prix des objets exportés de Liverpool et de Londres à Bombay et à Calcutta, a favorisé le développement de l’industrie indienne. Cette riche colonie augmente tous les jours le nombre de ses usines et de ses manufactures, et leurs frais de production s’acquittant en roupies, elles finiront sans doute par faire une concurrence victorieuse aux produits de la métropole.

Mais si cet état de choses profite à certains points de vue, aux négociants de Bombay et de Calcutta, la médaille a malheureusement un revers cruel pour eux. Le -gouvernement indien doit, en effet, par suite de conventions fixes, payer chaque année quatorze millions de livres sterling à l'Angleterre. Avant 1873, il suffisait que le gouvernement de Calcutta expédiât à Londres 140 millions de roupies, en traites, pour que les 14 millions de livres sterling fussent acquittés. La Monnaie de Paris était là, en effet, maintenant la roupie au pair de 2 schellings. Au change actuel de 48 pences, au contraire, le trésor indien doit, pour acquitter sa dette de 14 millions, expédier non plus 140 millions de roupies, mais 186 2/3 millions. C’est donc pour l'Inde une perte annuelle de 46 2/3 mil-

(1) Henri Cernuschi. Le Pair bimélallique.

Rat, = lions de foupiés, perte que l'on couvié eh écrasant dé taxes le contribuable indigène.

La 8itüation créée par la suppression du bimétallisme français est done, on le voit, dure pour tout le monde. L'Orient, pas plus que l'Occident, w’échappent à $es désastreuses conséquences.

M. Gibbs, directeur de la Banque d'Angleterre, disait dans son livre : The double standard : « Aussi longtemps que la France à agi comme un clearing house entre l'Angleterre et l'Asie, ellé nous à préservé de ces maux, mais maintenant que ce clearing house à Suspendu ses opérations, ces dernières années nous ont révélé l'existence du mal et le danger de le voir s’accroitre. »

Je citerai encore, après M. de Laveleye, ce passage d’un meïnorandüm envoyé au gouvernement en 1881, par la Chambre de commerce de Liverpool : « Le Conseil de cette Chambre continue à penser que cette longue détresse du commerce et de l'industrie à été lirgement causée et interisifiée par le discrédit qui à frappe l'argent.

« Nous sommes très sérieusement affectés dans nos affaires par les variations du change avec les pays où l'argent est monnaie, et nous verrions avec la plus grande appréhension, toute nouvelle démonétisation de l'argent, qui aurait pour effet de réduire en des limites dangereusement étroites les bases du crédit international (1). »

Ces témoignages sont précieux, quoique un peu naïfs de la part des Anglais qui, en 1817, adoptèrent les pre-

(1) De Laveleye. La Monnaie et le Bimétallisme international.

OT ET miers le monométallisme or, avec l’égoïsme le plus tranquille.

Après avoir examiné les conséquences de la démonétisation de 1873 et de la Suppression du bimétallisme français, au point de vue des rapports des pays monométallistes or avec les pays possédant l’étalon d'argent, nous allons étudier les effets généraux produits par la raréfaction d’un seul métal.

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