CHAPITRE VI
La monnaie et les prix.
Lorsque les prix baissent, de telle façon cependant que les producteurs puissent, tout en vendant moins cher, rentrer dans leurs frais et débours et réaliser de plus un bénéfice suffisant, ce phénomène prouve un perfectionnement des moyens de production. Il profite au consommateur, accroît par conséquent la demande, et par là augmente le bénéfice du producteur. C’est done un excellent symptôme.
Mais si, dans certains cas, la baisse des prix peut être considérée comme un signe de prospérité, elle peut aussi ètre amenée par certains phénomènes économiques, féconds en catastrophes et en crises.
L'une des causes les plus fréquentes de la baisse des prix, est la superproduction. Lorsque, en effet, les industriels, les fabricants, alléchés par une demande considérable, ont augmenté hors de mesure la fabrication d’un ou de plusieurs de leurs produits, espérant une demande suffisante à leur écoulement, ils peuvent, si leurs calculs ont été exagérés, jeter sur le marché une masse de marchandises supérieure aux besoins des consommateurs. Cette erreur de calcul se traduira alors par uue baisse plus
Aro ou moins sensible des prix sur les produits trop abondants.
Si même l’industrie ainsi atteinte occupe une place prédomiuante, la baisse pourra, par contre-coup, se faire sentir sur tous les autres produits manufacturés en général.
De toutes les causes qui peuvent amener la baisse des prix, la superproduction est la plus fréquente. Elle est aussi la moins dangereuse, car les prix baïissant, la demande s’accroit tandis que la production se ralentit, et le marché est ainsi bien vite débarrassé de ces produits encombrants, Les fabricants, il est vrai, peuvent être en perte, des catastrophes, des faillites sont à craindre ; mais une fois le stock écoulé, ceux qui ont résisté peuvent relever les prix, car après une secousse pareille, la marchandise atteinte est raréfiée, beaucoup de producteurs disparaissant.
Les prix baissent également d’une façon normale, en raison des progrès que les inventions font faire à la production. Lorsqu'une machine nouvelle permet de façonner un chapeau, moyennant à francs, tandis qu'auparavant la matière et la fabrication exigeaient une dépense de 8 francs, il est bien évident qu’alors le prix de cet article doit tendre à baisser.
C'est là un phénomène qui se produit partiellement tous les jours, dans telle ou telle branche de l’indusirie.
Il est bon de faire remarquer, d’ailleurs, que si en pareille matière, on a recours aux statistiques, Surtout lorsau’elles sont peu détaillées et embrassent de longues
périodes de temps, on ne constate pas toujours dans ces