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Ces chiffres sont donc d’accord avec nos conclusions, car, ils indiquent une haisse de prix considérable, aux deux grandes périodes de 1820 à 1830, et de 1873 à 1887, que nous indiquions comme ayant été gravement influencées par la raréfaction monétaire, provenant des démonétisations de 1816 et de 1874,
Seul, le capitaliste profite, du moins en apparence, de cet état de choses. Tandis qu'autour de lui les entreprises s’effondrent, que faute de capitaux les particuliers sont mis en faillite, et, quelquefois, les nations ellesmêmes, celui qui possède du numéraire, que ce soient des économies de valet de chambre, ou des dividendes de
financier, celui-là dérohe soigneusement son capital aux ‘affaires. Plutôt que de risquer ses valeurs dans des entreprises qu'il voit crouler tous les jours, il préfère les enfermer dans les banques, et il a raison, car le malheur de tous lui fait du bonheur, la baisse universelle des prix augmente la puissance d’acquisition de son or.
La Commission monétaire américaine de 1876 indique ainsi ce phénomène : « Dans ces moments, le travail accumulé squs forme de capital, tient à sa merei le travail actuel nécessaire pour vivre. Cristallisé sous les espèces monétaires, tout en restant inerte aux mains de ses propriétaires, rien qu’en diminuant de quantité, il acquiert une autorité sans cesse croissante pour commander ce qu'il désire et faire exécuter ce qu'il lui plaît. »
Les placements nouveaux de toute nature, qui se sont élevés à 45 milliards en 1871, dans le monde entier, à 19 milliards en 1872, à 11 milliards en 1878,sont tambés à 4 milliards en 1874, 1.700 millions en 1875, à 3 mil-
liards en 4876, à 7 milliards en 1877, et sont restés en dessous de 5 milliards pendant toute la période de 1880 à
Le même fait s’est produit pendant la crise de 1820 à 1830. Les capitaux désertèrent les entreprises industrielles, et se rejetèrent dans les placements « de tout repos », rentes d’État, de villes, obligations de premier ordre. Cette prudence des capitalistes, amena en 1820-1830 ,et amène encore actuellement, la prospérité du crédit public, au milieu des ruines des entreprises particulières. C’est pendant la période de 1820-1840, que le gouvernement français convertit ses rentes 5 0/0 en 3 0/0 tandis que l'Angleterre ramenait son 40/0 à 8 1/2.Daus les vingt dernières années, tous les pays de l’Europe sont parvenus à réduire l’intérèt de leurs dettes, par suite des mêmes raisons. Le capitaliste est donc atteint lui aussi, d’une façonindirecte, par la crise générale. L'État profite de ce que de tous côtés les propriétaires affolés lui confient leur argent, pour diminuer l'intérêt qu'il paie à ses rentiers. Les revenus des capitalistes baissent au niveau des prix diminués, en raison inverse de l'augmentation de la puissance d'acquisition du numéraire.
Mais, là ne se bornent pas encore les désastres accumulés par ces sortes de crises. Parmi les victimes le plus cruellement et le plus injustement frappées, se placent les débiteurs à long terme, et les contribuables. Quels que soient les événements, ils doiventtoujours payer les mêmes annuités et les mêmes contributions. Le numéraire ayant augmenté de valeur et les prix ayant baissé, ces débiteurs sont donc obligés,en réalité,de payer plus qu’ils n’avaient cru promettre.
La raréfaction de la monnaie amène donc l’écrasement des contribuables au profit de l'Etat, l’étranglement des débiteurs à long terme au profit des créanciers ; c’est la mort des propriétaires endettés et des sociétés industrielles avec charge d’obligations.