V. Denisart, au mot maçonnerie
son paiement, sur la maison par lui bâtie ou réparée (l). Ils préféraient même l'ouvrier qui avait fait à la maison des réparations nécessaires au créancier qui avait prêté l'argent pour Tacheter (2). Basnage nous apprend (3) que ce privilège est accordé aussi aux ouvriers qui ont travaillé une chose mobilière, dont ils ont abandonné la détention, il nous cite même un arrêt, où il fut partie comme avocat» par lequel le Parlement de Rouen, contrairement à son avis, accordait aux ouvriers qui avaient construit un vaisseau un privilège sur le prix de vente du vaisseau quoique ayant été plusieurs fois à la mer. Il résulte de cet arrêt, qu'un droit de rétention était accordé sans difSculté à l'ouvrier jusqu'au paiement de son salaire. Nous croyons que ce droit existe encore au profit de l'ouvrier sous i'empire de notre code.
Ce privilège des ouvriers passait, comme de nos jours, à ceux qui avaient fourni les fonds pour les payer.
L'origine des procès-verbaux exigé par l'article 2103 4'' G. civ. pour dilimiter la somme sur laquelle s'exerçait le privilège du constructeur remonte aussi au droit coutumier. Cependant dans le principe les ouvriers exerçaient leur privilège sans avoir à remplir aucune formalité et la présentation des procès- verbaux n'était exigée que des tiers qui invoquaient le privilège des ouvriers. Denisart
1. Charondas le CaroQ. Réponses du droit français Ed. de 1537. p. 66. LXXIX.
2. Charondas le Caron. Pandectes du droit français. Ed. 1637. p. 338.