‹ Droit romainChapitre 20 sur 72 · Fustel de Coulanges, La cité antique , p · texte numérisé non relu

Fustel de Coulanges, La cité antique , p

Cette institution ne tarda pas à s’élargir et à côté des associations patriciennes se formèrent des associations plébéiennes. Les plébéiens, qui n’ayant pas d’ancêtres n’avaient pas de culte de famille, remplacèrent le lien de famille par le lien du voisinage qui avait tant de force au milieu du développement de la vie municipale dans la cité antique. Les habitants du même quartier se réunissaient à certains jours autour d’une statue placée dans un carrefour, célébraient des jeux et prenaient ensemble un repas. Telle est l’origine des collegia compitalitia fondés d’abord sur un lien religieux (2) et qui finissaient par devenir de véritables sociétés de secours mutuels.

Les associations, soumises suivant les époques à diverses prohibitions, furent, au commencement de l’empire, placées sous le régime de l’autorisation préalable (Gaïus, III, 4). On excepta seulement de cette nécessité, avec lés collèges de prêtres créés par les pouvoirs publics, les collegia tenuiorum (D., L. 1, De coll. XLVII, 22). C’étaient des associations funéraires de pauvres gens et d’esclaves, qui avaient fini par prendre un grand développement et que les empereurs devaient respecter dans l’intérêt de leur politique. Ce fut même sous cette forme que s’organisèrent à l’origine les chrétiens.

A partir de Constantin, l’Eglise n’a plus besoin de se dissimuler comme aux premiers siècles. Les différentes associations qui la composent deviennent des collèges licites auxquels les empereurs chrétiens accordent avec la personnalité civile une place privilégiée.

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