DU DAN DAGE PLÂTRÉ
» Honneur donc à cet homme de talent d’avoir montré du doigt la route à prendre , car il est plus que probable que , sans l’appareil amovo-inamoviblc, M. Mathysen ne serait jamais venu sur l’idée de son invention aussi ingénieuse qu’heureuse. Ce qui plus est , presque tous les procédés de M. Mathysen ont déjà été mis en usage par M. Seutin , il n’y a que l’amidon qui soit remplacé par le plâtre. Je veux dire par ceci , qu’une lois apprécié le germe de l’appareil au plâtre, chaque médecin qui connaît l’appareil amidonné, connaîtra bientôt les avantages de l’appareil de M. Mathysen.
» Vous croyez peut-être, Messieurs, que j’exagère en parlant de l’ap-j pareil au plâtre , pourtant ce n’est pas le cas , et j’espère que bientôt vous en serez convaincus en expérimentant sans idées préconçues.
» Pour vous mettre à même d’expérimenter , je vais vous exposer , Messieurs , les différents modes d’application de l’appareil au plâtre de M. Mathysen; je ferai en outre parvenir plusieurs modèles, faits d’après ces divers modes, à l’Académie royale de médecine, afin que vous puissiez mieux en apprécier la juste valeur.
Après avoir donné la description des appareils, M. VandeLoo poursuit :
» Vous verrez , Messieurs , que l’on peut faire ce que l’on veut de l’appareil au plâtre, et je suis persuadé que chacun de vous, d’après son génie, en saura encore modifier et multiplier les procédés d’application » Quant à l’application pratique , toutes les observations communi- i quées dans les différents journaux de médecine de la Hollande , tels que la Gazette médicale , le Repertorium, le Geneeskundig Weekblad , etc., etj <
parmi lesquelles il y en a qui concernent des fractures très- compliquées , ainsi que celles observées par moi-même , parlent hautement en faveur de l’appareil au plâtre.
» Veuillez donc. Messieurs, considérer cet appareil comme une grande}^ conquête pour la chirurgie , et surtout pour la chirurgie militaire.
» Pour en venir au rapport du 6 décembre dernier , mentionné cidessus, qu’il me soit permis de faire observer qu'il me semble, que lî commission a expérimenté sous l’impression d'idées préconçues, car, sanf $ cela, elle n’aurait point formulé un jugement aussi désavantageux.
» M. le docteur Dieudonné avait bien raison de dire qu’il ne fallait se prononcer qu’avec réserve sur la valeur du procédé de M. Mathysen.
» Si tout ce que je viens de dire sur l’appareil au plâtre ne peut pas vous convaincre , Messieurs , les modèles que j’aurai l’honneur de faire parvenir à l’Académie royale de médecine , seront là pour réfuter d’une manière éclatante toutes les objections qui ont été présentées.
» Pardonnez-moi, Messieurs, ces expressions franches; c’est uniquement dans l’intérêt de la science chirurgicale que je me les suis permises. Je sais très-bien qu’il en coûte quelquefois au cœur du médecin d’abandonner un système ou procédé dont on est partisan , soit par respect pour une autorité, soit pour tout autre motif; mqi-même j’ai été dans ce cas par rapport à l’appareil amidonné , car lorsque je lus pour la première lois la brochure de M. Mathysen , je crus qu’il en serait de l’appareil au plâtre comme de tous ceux qui avaient été proposés dans ces derniers temps; mais quand une fois je le vis appliquer par quelqu’un qui avait vu opérer l’inventeur lui-même, cela me fit une telle impression , qu’instantanément je fus forcé d’en reconnaître la supériorité. J’ai l’intime conviction qu’il fera le même effet sur vous , lorsque vous l’appliquerez comme il faut ou que vous le verrez appliquer par quelqu’un qui s’y connaît. Vous concevez que, quelque simple que soit un procédé, il est souvent nécessaire de l’avoir vu appliquer pour le pouvoir bien saisir et apprécier.
» J’ose donc vous prier, Messieurs, aussitôt que vous aurez apprécié la haute portée de cette heureuse invention, de la propager par tous les moyens en votre pouvoir, dans l’intérêt de l’humanité souffrante, et surtout dans l’intérêt des malheureux fracturés et fracassés gémissant et souffrant de douleurs atroces sur le champ de bataille , afin que l’on puisse venir à leur secours avec un remède aussi prompt qu’efficace. »
Dans l’ouvrage important, sous tant de rapports, du docteur Seutin , cité ci-dessus par M. Van de Loo , on voit que ce médecin célèbre , avec cette noblesse de caractère qui le distingue , fait un appel à ses
DU IÎANDAGE PLÂTRÉ.
confrères pour les engager à se livrer ù des recherches , afin de faire disparaître les imperfections inhérentes h son bandage amidonné.
Depuis longtemps j’étais pénétré de Futilité d’un bandage pour fractures qui ne présentât plus les inconvénients, que M. Seutin impute lui-même au bandage inventé par lui.
Je soumets donc mon travail au jugement du public médical. Par un examen impartial de ma méthode de déligation, il jugera jusqu’où j’ai réussi à faire disparaître les imperfections du traitement des fractures par les appareils solidifiables.
Déjà j’ai reçu de différents côtés , des marques d’approbation sur ma méthode ; j’ai éprouvé une bien douce satisfaction de ce que le digne chef du corps auquel j’ai l’honneur d’appartenir a bien voulu me donner des témoignages d’intérêt sur mon invention ; je m’estime heureux que le résultat de mes investigations a pénétré jusqu’au Roi, et qu’il a plu à Sa Majesté de m’accorder des récompenses honorifiques auxquelles j’attache le plus grand prix.
Afin de propager ce nouveau mode de déligation , autant qu’il est en mon pouvoir , je publie ce travail ; je l’ai écrit dans l’espoir consolant ! d’être utile et surtout dans le but de rendre service à la chirurgie militaire; par ces motifs, j’ose espérer qu’il sera favorablement reçu.