UK 1)101? PA 11 UNE COMMISSION
composée de UDI. KERST , QUARIN WILLEMIER , PERSILLE et Van 11ASSELT ,
nommés ô cet effet, par M. l'Inspecteur du servies de Santé de l'armée Néerlandaise, par missive du 2 Juin 1852, La 0, N° 608.
» RAPPORT à M. l'Inspecteur du s&'vice de Santé militaire , sur le bandage plâtré de M. A. Mathysen, Officier de santé de lre classe.
n Pour répondre à la lâche dont vous avez bien voulu nous charger
par votre missive du 2 Juin 1852 , La O , N° 608 , et comme suite de
notre communication précédente sur le bandage plâtré de M. Mathysen, vous adressée par le premier Officier de Santé à l’école de médecine militaire, membre de la Commission , en date du 9 Juin 1852, La O , N° 357, nous avons l’honneur de vous faire parvenir sur ce sujet le rapport suivant.
» Après une courte introduction , nous avons rassemblé aussi brièvement que possible les observations les plus importantes , publiées par
M. Mathysen et par d’autres médecins; les rapports que d’autres juges compétents en ont déjà livrés ; quelques faits observés par îzows-mômes, et un grand nombre d’essais et d’expériences que nous avons faits , afin de pouvoir juger, avec pleine connaissance de cause, de la valeur de cette nouvelle méthode, et de pouvoir répondre consciencieusement aux questions que vous nous avez posées sur les différentes propriétés de ce bandage : telles que sa solidité , son prix , s’il répond à toutes les indications et s’il est préférable aux autres appareils jusqu’ici mis en usage, dans le traitement des fractures.
La Commission a soumis ces différentes questions h un examen approfondi ; elle les a traitées et résolues avec beaucoup de soin et le résultat de son travail est consigné dans le Rapport. Cette pièce importante occupe un espace de 30 pages in-folio et est par conséquent trop étendue pour être insérée en entier dans cette brochure. Je dois donc me borner à en citer quelques passages.
En parlant des avantages du bandage plâtré, la Commission déclare entre autres ce qui suit :
» Il est évident, comme nous venons de le démontrer, que le bandage \ de M. Mathysen répond parfaitement au but qu’on se propose d’atteindre j par l’usage de bandages inamovibles. Tous ceux qui l’ont essayé , ont pu se j convaincre avec nous , qu’il possède des propriétés précieuses , telles que : promptitude dans l’application; solidification presque instantanée; simplicité des pièces d’appareil (dans certaines circonstances , comme par exemple en temps de guerre, on pourrait même, à défaut d’eau, faire usage d’urine pour les mouiller); la manière simple dont ce bandage peut être appliqué promptement partout et sans préparatifs antérieurs ; facilité de transport et le peu de volume des objets nécessaires pour ce bandage ; son prix peu élevé ; sa grande solidité jointe à sa légèreté ; le peu de gêne qu’en éprouvent les malades : en comparaison du bandage amidonné , il est moins gênant et mieux supporté ; le plâtre est moins désagréable à manier que la solution d’amidon , parce qu’il souille moins les habits; les différentes modifications dont il est susceptible selon que les circonstances l’exigent; la facilité de pratiquer des fenêtres dans ce bandage; la manière simple dont on peut l 'ôter , (en le mouillant d’eau on l’enlève aisément) ; durée de sa solidité , ce qui fait qu’il ne doit être que rarement ou point renouvelé ; la possibilité de mouvoir le membre aussi bien et même beaucoup plus tôtllî qu’avec le bandage amidonné, et de permettre aux malades de roar-l cher sans danger, à l’aide de béquilles et de suspensoires, même dam I les fractures les plus graves, d’après la méthode ambulante de M. Seu-jM tin. Tout cela est plus que suffisant pour démontrer à l’évidence lafl grande utilité du bandage plâtré.
l)U BANDAGE PLATRE.
La Commission finit son Rapport en ces termes.
» Par ce qui précède , nous croyons avoir suffisamment répondu aux questions que vous nous avez posées ; c’est avec une vraie satisfaction que nous avons rempli cette tâche, convaincus que nous sommes, quo le bandage plâtré do M. Mathysen doit être considéré comme un véritable bienfait pour l’humanité en général, tandis qu’il promet d’être de la plus haute importance pour la chirurgie militaire en particulier, surtout sur le champ de bataille. En conséquence , nous avons l’honneur de soumettre à votre considération , qu’il soit pris des dispositions pour avoir en tout temps prêts , dans les ambulances de campagne , les objets nécessaires pour les bandages plâtrés , tels que : quantité suffisante de plâtre en poudre de bonne qualité, renfermé dans des vases ou des bouteilles bien bouchées; de vieilles couvertures de laine ou de vieilles capottes ; du coton blanchi et dépouillé d’apprêt. On pourra aussi tenir prêt , des bandes plâtrées préparées d’avance , renfermées dans des boîtes de fer-blanc , au nombre de 30 et plus dans chaque boîte ; ou bien des bandages plâtrés tout préparés pour différentes parties du corps , comme il a été déjà précédemment proposé par un des membres de notre Commission pour le bandage amidonné.
» Qu’elles que soient les dispositions que vous voudrez bien prendre à l’égard du bandage de M. Mathysen , nous sommes intimement convaincus que , dorénavant le transport des militaires qui ont reçu des blessures graves et dont il a été fréquemment question dans ce rapport , sera bien plus facile et offrira plus de sécurité pour les blessés et ainsi , en temps de guerre , les membres et même la vie de milliers de soldats , pourront être conservés ! L'humanité et le trésor public y trouveront également des avantages. »
Les membres de la Commission chargée du Rapport sur le bandage plâtré.
(. Signé) K ER ST.
Rr Quarin Willem ier , Persillk ,
A. W. M. vanHasselt. Rapporteur.
Utrecht , le 16 Juin 1853.
Pendant qu’on était occupé de l’impression de cette brochure , j’ai lu le rapport de M. Didot à l’Académie sur mon appareil plâtré et comme j’y ai remarqué qu’il a été rédigé dans le but d’associer mon nom à un autre et de me frustrer, au moins en partie , de ce qui ne revient qu’à moi seul, j’ai été dans la nécessité de réclamer contre ces procédés et puisque ce rapport a été lancé dans le commerce, je me vois obligé de laisser suivre ici ce que j’ai écrit pour soutenir mes droits.
A Monsieur DIDOT,
Professeur agrégé à L'Université de Liège.
Monsieur ,
J’ai lu votre rapport à l’Académie royale de médecine de Belgique, publié au Bulletin, tome XIII, sur le bandage ou appareil plâtré; j’y vois, avec plaisir, que vous avez justement apprécié ce bandage et qu’il a emporté également l’approbation des autres membres de la commission chargée de l’examen de cet appareil. Mais il me paraît inexact, et vous voudrez bien me permettre que je trouve votre opinion erronée, lorsque vous placez M. le docteur Van de Loo sur la même ligne que moi pour ce qui concerne l’invention de cet appareil et que , par suite , vous l’intitulez : Appareil plâtré de MM. Mathysen et Van de Loo.
Vous sentirez , Monsieur , que je dois à moi-même , et encore plus au corps auquel j’ai l’honneur d’appartenir, de m’élever contre des assertions si manifestement en contradiction avec les preuves les plus évidentes , et de rétablir les faits , se rattachant à cette invention , aussi brièvement que possible.
Au mois d’Août 1852, j’eus l’honneur d’adresser une brochure, écrite en hollandais , sur l’appareil plâtré , à l’Académie royale de médecine de Belgique ; cette brochure était accompagnée d’un manuscrit en français qui a été imprimé dans le Bulletin de l'Académie , dans les Archives belges de médecine militaire et dans la Nouvelle Encyclographie des sciences médicales , 1852. Dans ce manuscrit il est dit, entre autres :
SI
a L’expérience m’a démontré que l’application des bandes préparées avec du plâtre, comme il est dit page 16 de la brochure, est, en général, préférable aux autres méthodes. Je prépare et j’applique les bandes de la manière suivante : Je prends un morceau d’étoffe de coton de la longueur d’un mètre et demi sur un demi-mètre de largeur. Il faut que le coton soit exempt d’amidon; pour cela, on le plonge dans de l’eau chaude dans laquelle on le laisse pendant une heure , ensuite on le lave et on le fait sécher (le coton non blanchi contient toujours de l’amidon). On étend le morceau de coton sur une table, on met dessus une certaine quantité de plâtre en poudre sèche, que l’on fait entrer dans le coton en frottant avec la main. Ensuite on retourne le morceau de coton et l’on frotte de la même manière l’autre eêté, de sorte que l’étoffe soit, pour ainsi dire, saturée do poudre sèche de plâtre.
« Pendant que le coton, ainsi préparé, est encore étendu sur la table , on le coupe avec des ciseaux , dans le sens de sa longueur , en bandes de quatre centimètres de largeur, qu’on roule comme des bandes ordinaires , mais en les serrant peu. Ainsi préparées , ces bandes se conservent pourvu qu’on les place dans des boîtes bien fermées.
» Pour en faire usage , on prend une de ces bandes roulées que l’on mouille avec de l’eau h l’aide d’une éponge, et on l’applique comme une bande ordinaire , avec cette différence que les tours se couvrent dans leurs quatre cinquièmes au moins ; de la même manière , on mouille et on applique une seconde bande, et ainsi de suite, en ayant soin de placer le bout de la bande suivante â deux travers de doigt au-dessous de l’extrémité de la bande précédemment appliquée. Par cette précaution , on peut très-facilement enlever le bandage. Il est entendu que l’on enveloppe auparavant le membre d’une bande ordinaire, afin de prévenir le contact du plâtre avec la peau.
j> Pour faire des trous ou fenêtrer le bandage , on s’y prend comme il est dit dans la brochure , ou mieux peut-être de la manière suivante : En arrivant près d’une plaie , par exemple , on coupe la bande d un
1)U BANDAGE PLATKÊ.
côté de la plaie pour recommencer de l’autre , et ainsi de suite , jusqu'il ce qu’on ait passé la plaie.
» Pour enlever le bandage, on le mouille avec de l’eau , puis on l’enlève comme une bande ordinaire. »
Le hasard voulut que je vinsse en garnison h Venloo , où j’arrivai dans le courant du mois de décembre 1852; j’y trouvai M. Van de Loo; je lui parlai de l’appareil plâtré , dont il n’avait pas la moindre idée , bien que je lui eusse fait parvenir une brochure sur cet appareil. Je l’invitai à venir voir l’application de ce bandage , ce qui eut lieu , au mois de janvier 1853 , â l’hôpital militaire , en présence de M. Van de Loo et de plusieurs autres collègues; j’appliquai le bandage avec les bandes roulées, depuis les orteils jusqu’au genou. Tous ces messieurs furent étonnés de la promptitude de l’application et de la solidification instantanée, ainsi que de la régularité de cet appareil. Le lendemain, ils assistèrent aussi à l’enlèvement du bandage et ils déclarèrent de nouveau que leur attente était surpassée en tous points.
Au mois de mai 1853, M. Van de Loo écrivit le premier article sur le bandage plâtré, inséré dans le JournaL de médecine publié par la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, cahier de mai 1853; donc dix mois après que j’eusse livré mon travail précité à l’Académie.
Dans cet article M. Van de Loo donna la description des bandes plâtrées, reproduite par M. Didot. Elle fut de la teneur suivante :
« On étend , sur une table , un morceau de coton exempt d’amidon , de toile à demi-usée ou de flanelle , de la longueur d’un mètre et demi sur un demi-mètre de largeur ; sur ce morceau d’étoffe on répand au moins un demi-kilogramme de plâtre bien sec, en poudre, dont on fait entrer autant que possible, en frottant à pleine main; puis, après avoir écarté le superflu , on retourne le morceau et on agit de la môme manière de ce côté ; les deux côtés de l’étoffe étant, bien imprégnés de plâtre, on la coupe, étant encore étendue sur la table, en bandes de quatre â cinq centimètres de largeur , ce qui se fait nettement en y faisant auparavant, à distances égales, une rainure au moyen d’une
corde mince que l’on tend sur l’étoffe et qu’on laisse, en l’élevant un peu vers le milieu, frapper dessus; puis on les roule sur la table en les serrant beaucoup moins que des bandes ordinaires. Ces bandes roulées se conservent très-bien, pourvu qu’on les place dans une boîte fermée.
» Pour en faire usage, on prend, le membre étant auparavant enveloppé d’une bande ordinaire ou d’ouate , une de ces bandes au plâtre roulées, que l’on mouille bien avec de l’eau k l’aide d’une éponge (on fait entrer l’eau par les deux côtés de la bande), et on l’applique comme une bande ordinaire , avec cette différence que les tours doivent se couvrir pour les trois quarts ou les quatre cinquièmes ; de la même manière , on mouille et on applique une seconde , une troisième et ainsi de suite , en ayant soin de placer le chef de la bande suivante au-dessous de l’extrémité de celle précédemment appliquée , car, de cette manière, l’appareil se laisse mieux dérouler.
» Si l’on ne veut pas faire de renversés, on coupe la bande, chaque fois que l’on serait obligé d’en faire.
» Pour la beauté de ce bandage , on pourra y passer légèrement une éponge, chaque fois que l’on a appliqué deux à trois bandes roulées.
» Pour le fenêtrer , on s’y prend de la manière suivante : arrivé près d’une plaie, par exemple, on coupe la bande pour recommencer de l’autre côté et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait dépassé la plaie.
)> Veut-on rendre ce bandage amovible , on le coupe , au moyen des ciseaux de Seutin.
» Veut-on l’enlever, il est bon de le mouiller un peu auparavant. » En comparant ces deux articles , Monsieur , vous acquerrez la preuve la plus évidente que la description que M. Van de Loo a donnée des bandes plâtrées , est en tous points la même que celle que j’ai publiée dix mois plus tôt, et qu’ainsi le travail de M. Van de Loo n’est rien autre qu’une copie de celui publié antérieurement par moi.
Quant aux différentes modifications du bandage plâtré, vous pourrez vous convaincre aisément que la description qu’en fournit M. Van de boo , dans son article précité, est de la même teneur que celle livrée antérieurement par moi , dans différents journaux et en dernier lieu ,
Si
DU MNDAGE I'f.ATRÉ.
dans le Geneeskumkgo Courant du 20 mars 1853, N° 12, dont j’ai eu l’honneur de vous faire parvenir un exemplaire.
Un autre passage de votre rapport , Monsieur, pour ne pas dire davantage, me frappe singulièrement. C’est celui où il est parlé d’un état rudimentaire du bandage plâtré , et où vous vous attachez à démontrer qu’il a dû passer par des mains réunies pour sortir de cet état d’imperfection.
Je ne conçois vraiment pas, Monsieur, ce qui a pu vous autoriser à émettre une opinion pareille. — Il est possible que cette opinion soit fondée pour la Belgique , mais elle ne l’est nullement pour la Hollande , parce qu’il est prouvé par de nombreux succès, obtenus par l’application de l’appareil plâtré , que ce mode de déligation y était déjà longtemps répandu et aussi avantageusement connu qu’il l’est aujourd’hui.
Dans le temps, j’ai eu soin de vous faire parvenir différents écrits périodiques, tels que le Repertorium, le Geneeskundige Courant , etc., contenant des observations intéressantes sur les heureux résultats obtenus par l’application de l’appareil plâtré, par MM. les médecins Noordyk, Ilallegraeff, de Waal-Malefijt, Van Rijsen, etc. Toutes ces observations, c’est spécialement sur ce point que j’ose fixer votre attention, remontent aux mois de juin et juillet 1852, époque où M. Van de Loo ne s’occupait nullement de l’appareil plâtré.
Au mois de février 1853, j’ai construit à l’hôpital militaire , en présence de MM. Van de Loo et du médecin militaire Ilennus, différents modèles de l’appareil plâtré, que M. Van de Loo, qui devait vers cette époque se rendre à Maestricht, s’est chargé de faire parvenir à l’Académie de Bruxelles.
Je pourrais signaler plusieurs autres inexactitudes , d’où vous tirez des conséquences défavorables pour moi , et , en effet , vous conviendrez, Monsieur, qu’il est aisé de se créer les faits tels qu’on les désire, afin de pouvoir livrer une description à sa guise. Je ne rechercherai pas quels motifs ont pu vous guider pour agir de la sorte envers moi , mais je ne puis m’empêcher de vous faire connaître que je ne m’at-
tendais guère à des procédés pareils, de la part de celui dont la mission devait se borner à présenter un aperçu succinct et fidèle sur une invention déjà généralement connue dans le pays auquel appartient l’auteur.
Aussi , je ne puis m’empêcher de vous demander , Monsieur , si vous croyez qu’il est dans les convenances d’associer , sans y être autorisé , des noms qui n’ont rien de commun ensemble.
M. Van de Loo s’est donné beaucoup de peine pour propager l’appareil plâtré, et sous ce rapport il s’est rendu très-méritoire, surtout à l’étranger ; mais il est resté dans le vrai et le juste à mon égard , parce que dans ce qu’il a écrit, il ne cherche nullement à insinuer qu’il aurait inventé , conjointement avec moi , l’appareil plâtré.
Je n’ai jamais cherché à m’atlribuer ce qui doit revenir à autrui ; une tendance pareille serait repoussée par l’honneur; mais d’un autre côté, je sens qu’il est de mon devoir de protester contre des écrits où les faits et les dates, et par suite l’objet même, ont été déplacés et dénaturés , au point de me voir frustré de ce qui me revient à si juste * titre.
Dans cette occurence , je me vois forcé , Monsieur , de vous déclarer que j’aime à croire que vous sentirez qu’il sera nécessaire de revenir sur les faits erronés et inexacts énoncés dans votre rapport précité , et que surtout vous ne laisserez pas l’Académie dans une erreur à laquelle votre écrit doit nécessairement donner lieu.
Et, pour atténuer l’impression défavorable que votre rapport a produit dans le public , j’ai l’honneur de vous informer que je ferai insérer ■ celle-ci dans les journaux de médecine.
Veuillez agréer, Monsieur, l’hommage de ma considération distinguée.
Dr MATHYSEN ,
Chirurgien-major lie L'armée des Pays-Bas.
Venloo, le 16 septembre 1854.
su
DU BANDAGE PLATRft.