‹ Du Bartes en AngleterreChapitre 133 sur 234 · II, Eden, p · texte numérisé non relu

II, Eden, p

2. On s'est demandé comment Du Bartas aurait pu fulminer contre le catholicisme en France sans nuire à la fortune Je son livre. Il est juste défaire remarquer au lecteur que Sylvester, qui s'adressait non plus à des catholiques français, mais à des protestants anglais, n'avait pas les mêmes raisons pour ménager l'église catholique et il est naturel qu'il ait introduit dans sa traduction des invectives qui, loin de menacer le succès du livre, lui assuraient, au contraire, d'avance des sympathies.

expliquant ses violences par le désir de rendre son oeuvre plus populaire. Le règ^ne de Marie n'élait pas oublié, l'Armada espagnole, qui représentait le catholicisme militant, avait réveillé les haines du pays. Le complot du 5 novembre i6o5 avait épouvanté les protestants. En tenant compte de toutes ces circonstances, on ne peut s'empêcher de penser que le Huguenot, qui avait su déposer les armes pour prendre la plume et qui avait su oublier ses ennemis en s'adonnant à la poésie, méritait de la part de son traducteur une impartialité ég-ale à la sienne. On ne peut oublier, en effet, que Du Bartas écrivait son poème principal peu de temps après la Saint-Barthélémj. Une telle largeur d'esprit eût pu être offerte en exemple à l'Angleterre à une époque où la tolérance y était inconnue aux protestants comme aux catholiques. Nous regrettons que Sylvester ait si mal rempli sur ce point le rôle qui lui était assigné. Nous ne nions pas qu'il n'ait nettement séparé ses attaques contre le catholicisme de l'œuvre même de Du Bartas, mais les interpolations qui les renferment n'en nuisent pas moins à l'esprit de l'ouvrage entier.

Voici quelques exemples de ces additions regrettables. Après avoir énuméré les diverses invasions, qui auraient dû selon l'auteur, servir d'avertissement à l'Angleterre, celles des Romains, des Saxons, des Danois, des Normands, Sylvester ajoute : « And, last of ail ihe raging Wolves «/"Rome,

Tearing thy limbs (Christ' s Lambs}in Martyrdome » (1).

Ailleurs il fait l'élog-e d'Elisabeth en visant particu-lièremenl son rôle dans les questions religieuses :

« A Reall Emblem of her Royall Honour Thaï worthily did take that \\'ord upon lier ; SacredY,\.\T.k, thatensudno less TKeternall Sun of Peace and Righieousness ; Whose livehj lamp {ivhatever did betide-her) In either Fortune icas her oue/ij Guider. For in her Fathers and her Brothers Bayes, Fair rose this Rose with Irutiïs new-springing raies ; And when again the Gospels glorious Light Sel in her Sisters superstitions Night, She sunk tvilhall under. afflictions streams {As sinks ?ny Lotos ivith Sols setting beams) : But a fier Ni ghl when lÀght again appeard, There-wilh, again her Royall Crown she rear^d; And in an lie amid the Océan sel (Maugre the Déluge that Romes Dragon spet, U ith spighlfuU storms striving lo over-flowe her,

' And Spain conspiriug joynthj f over-throwe-her)

/^erMaiden Flowr floiirisht above the Water». Etc. (1).

La Seconde Semaine nous fournit d'autres exemples, qui laisseraient supposer que Sylvester a été surtout entraîné par le souvenir d'événements récents ainsi que par sa haine de l'Espag-ne, l'ennemie de sa chère patrie.

« Muclt more, let us {deer, World-divided land) Extoll the merdes of Heavns mighty hand, That {while the World, Wai^s bloudy rage hath rent) To us so long, so happy Peace hath lent

{Maugre the malice of tJi Italian Priest, And Indian Pluto iprop of Aiitichrist) Whose Hoasl like Pharoah's threalning Israël, Our gaping Seas hâve sivalloivd quick to hell) Making of our lie a holy safe retrait For Saints exit'd in persécutions heat » (1) .

Dans cette même interpolation, Sylvester parle des menaces de l'Espagne comme de « bloudy threals of proud ambitions strangers ». Le Chant intitulé « The Colonies » se termine par ces vers adressés à Jacques I^f :

« Reform {like Asa) Church and flomtnon-weal: ; Raijsing poore Vertue, razing proudest Vice, Without respect of Persan or of Priée, • Thaf ail bold Atheists, ail Blasphemers, then, AU Popish Traitors mag be needed clean : And, Curst be Ail thaf sag not, hère, Amen » (2).

Les attaques contre les Catholiques contenues dans « The Captaines » sont ég"alement suggérées par un attenlat contre sa patrie, en tant que représentée par le roi et par son parlement.

« And therefore, Cursed. ever Cursed be Our W^Wspurr d Pekcie's fell Conspiracie ; Andevery head, and every hand and heart, That did Conceive or but Consent his part : Pope prowpted Atheists, fainmg Superstition, To cover Cruelty, and cloak Ambition :

Incarnate Divels, Enemies of Man,

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