‹ Du Bartes en AngleterreChapitre 3 sur 234 · Se. de Ste Marthe, E/or/es · texte numérisé non relu

Se. de Ste Marthe, E/or/es

depuis long'temps possédée par ses ancêtres » (i). De plus récentes recherches semblent contredire celte opinion. D'après les découvertes d'un ancien Archiviste du Gers (2), il est évident que le grand-père et le père de Du Bartas furent de simples bourgeois, marchands à Montfort (3). Il est fort probable que le premier noble de la maison Salustre fut l'auteur de La Sepmaine ; mais il paraît que ce fut le père du poète qui acheta le château.

Du Bartas naquit en Gascogne^ « ma Gascogne » comme il dit, fier de louer son pays natal pour sa fécondité « en soldats, bleds et vins » (4), et il hérita des qualités et des défauts que cette province semble avoir toujours légués à ses enfants ; il eut l'imagination vive, l'éloquence naturelle et aussi toute l'emphase, toute la faconde particulières à sa race (5).

Sajeunesse se passa dans un milieu agréable, dans un pays qui devait être des plus charmants (6). Ceci explique, chez le poète, cet amour de la nature si profond et si évident, qui lui suggère quelques-unes de ses plus belles images.

Nous ne possédons que fort peu de détails sur l'ins-

1. Pellissier \La Vie et les Œuvrest de Du Bartas •,Psiris,}îachetle, iBS-».. .

2. Lettre à M. Bénétrix dans Choix de Poésies de Du Bartas; Auch, 1890.

3. Acte du 23 octobre i556. Archives du Gers. B. 6, fol. 128. 4^ La Sepmaine. T, 3, p. 268. Edition de i585 (avec commentaires de P. T. L.).

S.DeThou: Zris^.t7i/î\, Edition de Londres, 1734, p. aSi et suiv. Baillet : Jugements des savants, t. IV, p, 475. « Sa plume était infectée de l'air de son pays ». 6. Pierre de Brach^ o/>. cit.

truction de Du Bartas, mais la façon dont il a traité son sujet comble en partie cette lacune. Il paraît avoir eu des connaissances sérieuses de tout : histoire sainte et profane, histoire naturelle, physique, mathématiques, médecine, astronomie, musique (i), dessin (2). Ses nombreuses imitations des poètes grecs et latins et ses emprunts aux philosophes de Fantiquité prouvent bien qu'il fit des éludes classiques ; la manière dont il parle de l'hébreu a fait supposer qu'il connaissait également cette langue (3). Quant à ses connaissances en allemand et en anglais, nous n'avons de sûr que le témoignage de Colletet cité plus bas. M. Pellissier dit : « On doit penser qu'il connaissait l'anglais, puisque Henri de Navarre le choisit pour accomplir au-delà de la Manche une délicate mission (4) : l'allemand ne pouvait pas lui être étranger s'il est vrai qu'il fut aussi envoyé comme négociateur de l'autre côté du Rhin » (5). C'est pousser l'hypothèse un peu loin ; pourquoi ne pas supposer aussi qu'il parlait le danois puisque, selon certains biographes, il est allé en Danemark ? Du Bartas aurait pu être un ambassadeur modèle et traiter les affaires diplomatiques les plus délicates, sans savoir d'autre langue que celle de ses poésies. A cette époque, le français était en Angleterre, en Ecosse et dans plu-

Page 1