Paris, in-f., chez Jean de Bordeaux
« Ça bas laissa ses os, sa vie à son ouvrasre,
Son nom à ses deux fils et sa g-loire aux François ».
Mais son testament ne mentionne que des filles et le titre passa à son gendre.
La vie du poète fut aussi pure que celle du Puritain ang-lais, Milton, bien que peut-être un peu moins austère. On convient ég-aleraent que le poète fut simple, modeste et sincère (r). Il se trouvait très heureux de sa vie provinciale (2), mais il n'ignorait pas que sa poésie en souffrait. C'est pour cette raison que, selon De Thou, il aurait voulu venir à Paris ; c'est pour le même motif qu'il soumet ses œuvres à la critique de ses amis : une lettre conservée au musée de Londres en fait foi (3). Mais cette dernière précaution n'était pas suffisante pour le g-arantir contre ses « façons de parler triviales et basses » ; seul un séjour à Paris pouvait affiner sa langue.
Quelles furent ses relations avec Henri de Navarre? Elles ont donné lieu à ses voyages en Angleterre et en Ecosse, et ceux-ci sont d'un grand intérêt pour nous.
Selon Colletet, l'attention de Henri de Navarre fut attirée sur Du Bartas par la publication de quelquesunes de ses poésies, et le biographe ajoute : « Ce généreux prince le jugeant capable de quelques autres employs que ceux de l'estude, après l'avoir fait gentilhomme de sa chambre, l'envoya de sa part en ambas-
1. De Thou : IJist. Unh\, Londres, 1784, p. 281. Goujet, Dih. franc., Paris, 1740. D'Aubigné, op. cit., I, 1 1 .