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sade en Angleterre, en Ecosse, et en Dannemark » (i).
Dès i58o, il était chargé d'une mission par Henri. Nous lisons ce qui suit dans une lettre que ce dernier écrit au sujet des désordres du Lauraguais : « J'ay aussi depesché le sieur du Bartas devers mon cousin Monsieur de Montmorency pour le prier de choisir et députer quelque gentilhomme catholique et l'envoyer avec ledit sieur de Ferride (Gérard de Lomagne) pour par ensemble pourveoir à ce qui sera nécessaire » (2).
On a parlé de quatre voyages de Du Bartas, en Angleterre, en Ecosse, en Danemark, et selon Sainte- Beuve, en Allemagne. Les contemporains du poète ne faisant aucune mention de ce dernier voyage, (que Sainte-Beuve se contente de supposer), et M. Pellissier n'en ayant trouvé aucune preuve, nous n'avons pas cru devoir nous préoccuper davantage de la question.
Le voyage en Danemark mentionné par GôUetet a donné lieu à des hypothèses ingénieuses. Il faut supposer que Du Bartas alla en Ecosse à la fin de l'année 1589 et qu'il rejoignit Jacques VI, retenu sur la côte de Norvège où il était allé à la rencontre de sa femme Anne (3). Nous pouvons être à peu près sûr que Du Bartas n'a pas accompagné Jacques VI dans son voyage au Danemark. « Le Roi d'Ecosse séjournait en Danemark au commencement de 1690 et il
1. Colletet : op. cit. La copie, t. I, p. 171-186 a une variante : « Auprès du roi d'Angleterre {sic) et d'Ecosse ».
2. Recueil de Lettres missives de Henri IV, Berger de Xivrey, I, p. 266.
;'». Haay : La France Protestante. Article Da Bartas.
est rentré en Ecosse le 20 mai lôgo. Slang-e, dans son Histoife de Christian I\\ fait une énumération de tous les seiyneurs qui ont accompagné le roi à son arrivée en Danemark et le nom de Du Bartas ne s'y trouve pas : rien enfin dans nos documents officiels ne prouve sa présence en Danemark comme ambassadeur » (i).
On a été tenté d'après certaines paroles de De Thou de croire à ce voyag-e de iSgo. M. Pellissier nous dit que f( suivant l'historien De Thou, il (Du Bartas) venait de rentrer en France lorsqu'il mourut en 1.590 ». En effet. De Thou écrit, à la fin de l'éloge de Du Bartas (2) : « Il n'y avait que peu de temps qu'il étoit de retour de l'ambassade d'Ecosse dont il s'étoit acquitté avec beaucoup de zèle et de prudence et pendant laquelle le roi Jacques VI dont il avoit été parfaitement bien reçu lui avoit fait les propositions les plus avantag-euses pour l'engager à rester à sa cour ». (Fin de l'éloge de Du^Bartas).
Suivant Francisque Michel «... cette mission aurait eu lieu en 1086, et ces paroles de l'historien De Thou qu'il y avait peu de temps qu'il était de retour de son ambassade quand il mourut, ne s'y appliqueraient pas parfaitement. Mais cette difficulté s'évanouira si l'on admet que Du Bartas fit plusieurs vovag'es en Ecosse. Déjà en r583, la présence, dans le nord de la Grande Bretagne, d'un envoyé du roi de Navarre
1. Communiqué par .M. \ . Madi^en, Bib. adj. à la Bib.lAoyale de Copenhague.
2. De Thou : llit^toiie Iradiiile siu- lédition laliiic de Loiulrca. Londres, 1784, p. 281.
Asblon 2
était signalée à l'un des ministres d^Elisabeth » (i).
Nous ne voyons pas la nécessité de faire tant d'hypothèses.
De Thou, s'intéressant à Du Bartas poète, n'a d'abord pas parlé de l'ambassade en Ecosse ; mais, ne pouvant omettre un fait aussi important, il y a finalement fait allusion dans la phrase que nous avons précédemment citée : « Il n'yavait que peu de temps... ». Nous ne regardons cette phrase que comme un lien nécessaire entre ce que De Thou venait d'écrire et sa mention de l'ambassade en Ecosse ; et, en effet, l'historien pouvait s'en- servir, sans être trop inexact, car Du Bartas était de retour à la fin de l'anixée 1587 ou au commencement de l'année i588 et, comme il est mort vers le milieu de iôqo, sa \isite en Ecosse était relativement récente. Le passage de De Thou nous semble faire allusion à cette visite de 1586-1087 et nos lecteurs seront probablement de notre avis, quand ils en auront lu plus loin les détails.
D'autre part, on verra que la visite de 1086-87 ^^^^ notée par beaucoup de contemporains à cause de la renommée de Du Bartas. Or les recherches qui ont été faites à Edimbourg et au British Muséum, celles que nous avons entreprises dans les papiers d'état d'Angleterre ne nous ont pas permis de conclure qu'il y ait eu d'autres visites que celle-ci. Si Du Bartas est allé en Ecosse avant i586, en i583, comme Michel semble disposé à l'admettre, nous nous demandons pourquoi
1. Les Ecossais en France et /es Français en Ecosse, 2 vol.^ in-8, 1862. T. Il, p. 107.
les contemporains auraient passé ces visites sous silence, pour ne parler que de celle de i586. On ne saurait nous dire qu'à cette première date Du Bartas fut inconnu en Ecosse, car en i584 il y parut au moins deux traductions de ses œuvres (i). La seconde de ces deux traductions, celle de Hudson, naquit d'une discussion sur la haute valeur du poète français, comme nous l'apprend Hudson lui-même dans sa dédicace (2).
L'ambassadeur, de l'Aubespine-Châteauneuf, écrivait de Londres, le 1 4 mai 1 587 ; « L'occasion principale de la venue dudit Du Bartas est pour le faire passer en Ecosse vers le roj qui ja par plusieurs foys lavoit demandé au roy de Navarre, pour estre ledit roy d'Ecosse si amoureux des œuvres dudit Du Bartas qu'il en a tourné la plus g^rande partie en vers ecossoys, et a dict souvent que, s'il avait le dit Du Bartas près de soy, il s'eslimeroyl le plus heureux prince du monde... » (3). Une de ces demandes du roi Jacques,