Le A'F/e siècle en France, Paris, 1878, p
Monstre la terre au ciel, et le ciel à la terre ; Afin qu'il vist encor la Panchaique odeur Fumé sur les autels sacrez à sa grandeur » (i).
La Iraciucliou est dans tout ce passade si près de rori^inal qu'elle ne donne pour ainsi dire lieu à aucune remarque particulière. Les elForts du traducteur pour rendre « Veschine azurée » et « darde-tonnerre » méritent cependant de retenir notre attention :
« Safely, the while, thesacred Ship did float On the proud shoulders of that boundIesse-Moat Thougli Mast-less, Oar-less, and from Ilarbour far ; For, Godwas both lier Steers-man and herStar. Thrice fiftv dayes that Universall Flood Wasted the World ; which then the Lord thought good To re-erect, in his Compassion great, No sooner sounds he to the Seas retreat, But instantly wave into wave did sink Wlth sudden speed, ail Rivers 'gan to shrink ; T" Océan retires him to his wonted prison : The Woods are seen : the Mountain tops are risen Out of their slimy bed : the Fields increase And spread apace ; so fast the waters cease. And, briefly th'only thundring hand of God Now earth to heav'n, heav'n unto earth re-show'd ; That he again Panchaian Fumes might see Sacred on Altars to his Majesty » (2).
Citons encore d'après les mêmes critiques, les vers suivants :
« Estant donc désireus de produire en lumière, Le terrestre Empereur, tu prins de la poussière, La colas, la pressas, l'embellis de ta main, Et d'vn informe corps formas le corps humain : Ne courbant toutesfois sa face vers le centre, Comme àtantd'animaus.qui n'ont soin que du ventre. Mourans d'ame et de corps : ains relevant ses yeus Vers les dorez flambeaus, qui brillent dans les cieus : Afin qu'a tous momens sa plus diuine essence, Par leurs nerfs contemplast le lieu de sa naissance ; Mais tu logeas encor l'humain entendement En l'estage plus haut de ce beau bastiment ; A fin que tout ainsi que d'vne citadelle. Il domptast la fureur du corps, qui se rebelle Trop souuent contre luy, et que nostre raison Tenant dans vn tel fort iour et nuict garnison, Foulast dessous ses pieds, l'enuie, la colère, L'auarice, l'orgueil, et tout ce populaire. Qui veut, seditieus, tousiours donner la loy A celuy qu'il te pleut leur ordonner pour Roy » (1).
Si la traduction de ce passage est peut-être moins littérale que la traduction du premier, elle est écrite en revanche dans un style plus relevé que celui du poète français.
Assez souvent, lorsqu'il se présente dans l'orig-inal des énuinérations comme celle-ci : « Vorgiieil, Vavarice. V envie», etc., Sylvester les allong-e dans sa traduction. S'il sacrifie dans ce cas aux simples exigences de la rime, il faut lui rendre cette justice qu'il n'ajoute rien aux idées de l'orig-inal, qui n'y soit implicitement contenu.