‹ Du Baume du Commandeur en ChirurgieChapitre 7 sur 28 · APRES · texte numérisé non relu

APRES

Velpeau, leçons orales de clinique chirurgicale 1841, conseille les lotions avec une décoction de quinquina ou des applications d’onguent styrax si la plaie devient sèche et blafarde.

S. Cooper, 1840, signale l'abandon des balsamiques dans les gangrènes, il ne leur sait d'autre gré que de désodoriser les plaies.

Gerdy, dans son Traité des pansements 1839, mentionne à peine les baumes; de son temps, le styrax seul était encore en faveur. Il ne fait que rappeler le « fameux baume du Commandeur ».

Virey, dans son Traité de pharmacie, 1833, considère le baume du Commandeur comme un excellent vulnéraire sur les plaies nouvelles.

Roche et Sanson, Nouveaux éléments de pathologie médico-chirurgicale, 1833, reconnaissent qu'on employait « autrefois » à titre de vulnéraire beaucoup de substances aromatiques «remplacées, par une sage pratique », par les narcotiques, les émollients et les résolutifs sédatifs.

Dupuytren, dans ses Leçons orales de clinique chirurgicale, 1832, ne fait aucun cas des baumes.

Guersent, dans son Article sur les baumes, dans le Dictionnaire des sciences médicales, 1812, après avoir reconnu que le baume du Commandeur accélère parfois la cicatrisation des plaies et ulcères dit « que d'une façon générale, les baumes sont souvent nuisibles, entravent ou empêchent les efforts de la nature, sont en un mot des produits monstrueux du luxe pharmaceutique et de l'empirisme le plus aveugle ».

Lt d'R

AE

Mothe, chirurgien de l’'Hôtel-Dieu de Lyon, dans ses Mélanges de chirurgie et de médecine en 1812, conseil dans son Mémoire sur les pansements, de tremper les compresses appliquées sur les plaies « dans quelque liqueur capable d'épaissir le sang et la lymphe, de donner une consistance tenace aux tissus et de s'opposer à leur dépravation », parmi cesliqueurs il cite le baume du Commandeur.

Richerand, dans sa Nosographie chirurgicale, 1805, suit l'impulsion donnée par l’Académie, et s'élève contre l’abus des onguents et des baumes.

Pendant le XIX* siècle, nous constatons donc que les pansements aux baumes ne subsistent qu’à titre de souvenir, excepté pour quelques rares auteurs, d'une façon générale ils sont critiqués et repoussés de la pratique. Le pansement d’une plaie se simplifie de plus en plus et les topiques, pour ainsi dire spécifiques, ont perdu toute confiance.

Nous avons déjà signalé l'attention peu soutenue qu'on accorda vers 1860, à l'alcool et aux alcooliques.

Lieutaud, premier médecin du roi, dans son Précis de matière médicale, 1777, dit : « le « Beaume » du Commandeur, baume universel Balsamum Commendatoris, en dehors de ses propriétés stomachiques et carminatives, est encore regardé comme un excellent remède vulnéraire et anti-septique, résolutif des plus efficaces employé avec succès : sur les plaies récentes, les contusions, la gangrène ».

Baumé, dans ses Éléments de pharmacie, 1769, cite quelques baumes dont deux ou trois sont vulnéraires, et, parmi eux le baume du Commandeur, applicable

EN I0 aux plaies nouvelles et simples pour les consolider, empêcher la suppuration, amener la guérison en fort peu de temps.

Lémery, dans sa Pharmacopée universelle, 1748, donne la formule du baume et son emploi dans les plaies gangréneuses. 11 indique aussi une foule de préparations analogues, employées dans le traitement des plaies, comme hémostatiques, agglutinantes, sacrotiques, résistant à la pourriture, telles que le Baume Polychreste contenant entr'autres choses des sommités fleuries de millepertuis, de l’eau: de-vie, de l’oliban et de la myrrhe; le baume d'Arcœus, auquel il ajoutait de l'huile d’hypericum, le baume d’'Apparitius, où entrait de l’encens, des fleurs de millepertuis; le baume de Soliman, contenant de la myrrhe, de l’alcool, de l’oliban, de l’aloës ; lebaume de Guidon : styrax,aloès, myrrhe,encens, vin; le baume du Christ, de Paracelse; le baume de Mindererus, contenant de l'huile d'hypericum; le baume de Fioraventi, contenant de l’oliban, de la myrrhe, de lambre gris, du bois d’aloès ; le baume de Jacomo de Pinto, contenant de l’oliban, de la myrrhe, de l'aloès, du styrax, du benjoin de l'huile d’'hypericum.

Nous n’avons cité ces quelques préparations, que pour montrer le cas qu'on en avait fait et qu'elles contenaient toutes des drogues entrant aussi dans la composition du baume du Commandeur.

Dionis, mort en 1718, use peu des baumes, il leur préfère les pansements à l’alcool et au vin aromatique qu'il avait introduit dans la pratique, vers 1672,

Page 1