‹ Du beau dans la natureChapitre 14 sur 34 · DD BEAU DANS LA NATURE, L'ART ET LA POÉSIE · texte numérisé non relu

DD BEAU DANS LA NATURE, L'ART ET LA POÉSIE

tion du beau aussi complète relativement à luimême, que tous les êtres qui lui sont supérieurs. Il est donné à tous, efà chacun selon ses ia< ultés, de réjouir et d'épurer son âme par la vue du beau, et de puiser librement à cette source vivifiante qui j'aillit pour tous également du sein de la nature.

CHAPITKi: VII

!.«•» (lioorîoM esthétique* : l'Iiiimi, IMotin, Arintotc, Maint lugtiNtin, Ilnron. I.i-oli- MciiNUMliNtc ungloécoMMaiNC i liinui'. Reid.

Jusqu'à présent j'ai évité de parler des théories esthétiques qui se sont produites successivement dans l'histoire de la philosophie, afin de ne pas interrompre notre exposition par des citations et des discussions polémiques. Le moment est \cmi d'en l'aire tout au moins une revue sommaire. Les idées que nous avons développées sur la nature du beau ne sont point nouvelles ; quelques-unes sont aussi vieilles que la philosophie elle-même. Tous les problèmes auxquels nous avons touché ont été agités depuis longtemps, et résolus de diverses manières. Cette dialectique de l'esprit humain, continuée au travers des siècles, a mis en relief, l'une après l'autre, toutes les faces de la question du beau ; et le progrès, ici comme ailleurs, s'est fait graduellement par la conciliation des principes opposés dans quelque point de vue de plus eu plus élevé. Notre exposition n'est en fait qu'un résumé, fort imparfait sans doute, de ce grand mouvement dialectique, et de ses résultats tels

qu'ils se sont formulés en dernier lieu, principalement dans la philosophie de l'Allemagne. J'ai cherché à m'en faire l'interprète, en les dégageant autant que possible des formes systématiques et de la terminologie des écoles. En réalité, il n'y a pas d'autre marche à suivre pour les problèmes philosophiques. Que serait la science s'il fallait à chaque instant la recommencer à nouveau ? Vouloir être original de tout point, c'est se condaniner d'avance à errer, car la vérité ne s'acquiert que par les efforts de tous. On peut l'être par l'esprit, par le sentiment, par l'expression ; mais la pensée ne s'élève qu'en tournant toujours dans un cercle, et en décrivant ainsi une spirale dont le terme est indéfini.

Le coup d'oeil que nous jetterons sur l'histoire des théories esthétiques ne sera donc à beaucoup d'égards qu'une répétition, laquelle toutefois, en ramenant quelques-uns des problèmes agités, permettra de les éclairer d'un jour nouveau. Il ne saurait être question ici d'une exposition détaillée qui exigerait un ouvrage à part. Les idées des philosophes sur la nature du beau se rattachent, comme de raison, à l'ensemble de leurs systèmes, et ceux-ci doivent rester en dehors de notre étude. Il faudra donc nous borner à une revue des théories principales, de celles qui ont fait époque ; et cela en ne touchant qu'aux points saillants du problème esthétique.

Chez les philosophes de l'antiquité, les questions relatives au beau n'ont jamais été réunies en corps de doctrine, ni exposées d'une manière

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méthodique. Plusieurs systèmes, célèbres d'ailleurs, en font ;i peine mention. C'est tout au plus si nous pouvons former quelques conjectures sur les opinions des pythagoriciens et des stoïciens au sujet du beau. Le seul philosophe qui en ail traité avec quelque détail, c'est Platon. Encore ses idées sur la nature du beau sont-elles dispersées dans ses immortels dialogues, et présentées, tantôt sous les formes négatives de la dialectique, et tantôt sous les formes un peu' énigmatiques du mythe et du symbole: En réunissant ces fragments épars, on arrive cependant à se faire une idée assez précise de la manière de voir de Platon.

Le côté dialectique de la question est traité dans le grand IIi/>/>i<is, où Socrate se complaît à bafouer un vaniteux sophiste. Il lui demande avec une apparente bonhomie de vouloir bien lui apprendre ce que c'est que le beau ; puis il met à néant toutes ses définitions successives, sans avoir l'air d'y entendre malice. Ainsi, il l'amène d'abord à reconnaître que la beauté dans les objets extérieurs est toujours relative, et qu'une chose que nous appelons belle peut nous paraître laide eu présence d'une autre plus belle encore. Il conclut de là qu'il faut se dégager des faits particuliers pour s'élever à la notion générale. Socrate ensuite poursuit le sophiste au travers des principes du convenable, de l'utile et de l'agréable qui sont invoqués tour à tour ; et il finit par le laisser tout déconfit en lui disant que quant à lui, Socrate, il comprend maintenant à merveille l'adage : Que le beau est difficile.

Dans le Philùbc, où s'agite la question de savoir ce qui est préférable du plaisir ou de la connaissance, Platon parle aussi du plaisir causé par la vue du beau ; et il le distingue nettement du plaisir des sens en lui attribuant un caractère particulier de pureté. Vers la fin du dialogue, il rapproche les idées du beau et du bien, en leur donnant, comme qualité commune, la mesure et la proportion. Cependant, bientôt après, il place la mesure au-dessus du beau, en ce sens qu'elle est la première condition de toute réalité ; et il définit ce dernier comme étant ce qui se suffit à soi-même, ce qui est égal et accompli en soi. Nous trouvons donc ici une première indication de cette indépendance absolue, de cette nature inconditionnelle du beau que nous avons reconnue comme l'un de ses principaux attributs.

C'est dans le Banquet, la République et le Phèdre que Platon a exposé d'une manière plus complète sa théorie du beau, laquelle peut se résumer comme il suit :

Ce qui nous porte vers le beau, c'est, en général, le principe divin de l'amour (epoç). Nous sommes attirés d'abord par la beauté des formes individuelles, mais bientôt nous reconnaissons qu'elle est changeante, périssable, dépendante des influences accidentelles de temps et de lieu. Alors nous nous élevons à ce qu'il y a de semblable, d'identique, dans la multiplicité des objets beaux (rà Tzo'/.'/.y. y.y.'/.y), et nous saisissons le beau en soi (to xacàov oc-jto zaO'xjro), l'unique, le pur, l'inaltérable, la source de toute beauté particu-

l'akt et la pot ml 123

Ce beau absolu, qui D'à ni forme, ni couleur, dî corps, ni rien d'individuel, ee peut être saisi que par la raison ; c'est l'idée (ÏS'.j.) de la beauté. I cette idée, Platon applique, dans le P/ièdre, la théorie de la réminiscence sous la forme du mythe. Dans nue existence antérieure, les InOS ont contemplé la beauté absolue ; niai-, tombées dans la malien', elles en ont perdu le souvenir. A la vue des objets beaux, ce BÔuveuir se réveille; les ailes que L'âme avait autrefois se développent de nouveau, et, poussée par l'amour, elle s'efforce de s'élever à ces régions où elle retrouvera la vue du beau éternel.

11 se présente ici un rapprochement curieux entre cette théorie de Platon et un passage du célèbre drame indien de Sakuntala du poète Kalidàsa. Dans la première scène du cinquième acte, le roi Douchmanta entend les sons harmonieux d'un luth, ou vtnâs et il s'écrie alors : « Pourquoi « suis-je ému si vivement à l'ouïe de cette mu- « sique, comme par le souvenir de quelque être « chéri dont je serais séparé? L'homme qui con- « temple de belles choses et qui entend de doux « sons, éprouve de la tristesse au sein même du a bonheur. Certainement il se souvient alors par a la pensée des félicités qu'il a goûtées autrefois « dans une existence antérieure. » Cette idée, d'ailleurs tout indienne, se retrouve- t-elle aussi dans quelque système philosophique des brahmanes ? c'est ce que nous ne savons pas encore, mais ce qui n'a rien que de très-probable.

Revenons maintenant à la théorie platonicienne.

Cette théorie a le grand mérite de s'être placée tout d'abord dans un point de vue élevé, d'avoir distingué l'essentiel de l'accidentel, et ramené les caractères divers de la forme à un principe commun. Ce qui lui manque, c'est d'être suffisamment développée, d'où résultent un certain vague dans l'ensemble et des lacunes dans les détails du système. Sans doute que, si le génie de Platon s'était porté plus spécialement vers ces questions , il en aurait sondé tous les replis ; mais de son temps l'esthétique n'existait pas encore, et le sujet du beau n'était traité qu'accessoirement. C'est qu'en fait les matériaux de l'esthétique, les -n:o)>/.a r.xka soit de la nature, soit de l'art, ou n'étaient connus qu'imparfaitement ou n'existaient pas encore. Il ne faut pas perdre de vue que le domaine des faits s'est immensément étendu pour nous. Les Grecs ne connaissaient de la nature qu'un tout petit coin de notre globe , et de Fart que ce qu'ils avaient créé par eux-mêmes. Les points de comparaison leur faisaient défaut, et il aurait fullu que Platon devinât par son seul génie ce que nous n'avons qu'à lire dans la nature et dans l'histoire. C'est à cette même circonstance qu'il faut attribuer la trop grande prépondérance de l'élément général, de l'idée dans son élévation et son abstraction, sur le principe de la forme et de la réalité. Ce n'est pas que l'idée platonicienne ne renferme aussi dans son sein la réalité, mais ce côté de sa nature n'est pas mis en relief comme l'autre. Les rro'/'/y. v.y./a se fondent et disparaissent dans le xocAov c.'jto xaô'a-JTO, le beau réel est absorbé par

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le beau absolu, lu cependant le premier est bien, à vrai dire, le seul réel; car l'idée même n'existe complètement que sous la condition de sortir «le oêralité et dfi llabstraction pour se révéler dans les formes particulières. Le beau n'est précisément que cette révélation de l'idée par la forme, et la forme le constitue tout aussi bien que l'idée. Séparer ces deux termes nécessaires à l'existence du beau , dépouiller l'idée de la forme connue d'une enveloppe qui l'obscurcit et 4a trouble, pour ■lieux la saisir dans sa pureté, c'est en même temps laisser échapper le beau, lequel est essentiellement phénomène. Aussi ce beau absolu sans forme, ni corps, ni couleur, et qui ne peut être contemplé que par l'âme, n'est-il plus en réalité qu'une abstraction, qui se confond avec les idées également abstraites du vrai et du bien.

Cette tendance de l'idée platonicienne à faire prédominer l'abstrait sur le concret, le général sur l'individuel, se prononce plus fortement encore chez les néoplatoniciens. Ainsi Plotin place déjà toute la beauté dans l'esprit; il l'identifie avec le bien, avec Y être, et la voit d'autant plus élevée qu'elle se dégage plus complètement de la matière. Celle-ci n'est pour lui qu'un milieu troublant qui obscurcit le rayon de la beauté divine, et la beauté réelle et physique ne lui apparaît que comme une ombre fantastique qui glisse sur les corps. Pour voir le vrai beau, il faut se dépouiller de la matière, des sens et même de la raison, c'est-à-dire' se plonger dans l'extase. Alors L'âme, devenue tout esprit et belle elle-même, jouit de la vue immédiate de

la suprême beauté, laquelle est, en quelque sorte, l'expression de la face divine.

Il y a sans cloute beaucoup de poésie et d'élévation dans cette théorie de Plotin ; mais à force de quintessencier l'idée, il perd complètement de vue la réalité. Autre chose est le principe primitif du beau, autre chose le beau lui-même. En faisant rentrer celui-ci directement dans l'absolu, on le fait disparaître dans un océan de lumière où tout vient se confondre. Il faudrait alors lui donner un autre nom, car, encore une fois, le beau est avant tout phénomène, et il cesse d'être beau quand il n'est plus qu intelligible.

Ce qui est remarquable chez Plotin, c'est sa dialectique contre les caractères extérieurs de la porportion , de l'ordre et de la variété, qu'il démontre fort bien ne pouvoir contenir en eux-mêmes le principe essentiel du beau. Car, fait-il observer , il faudrait admettre ainsi que le simple ne saurait être beau, qu'il n'y a de beau que le composé et que le composé est beau nécessairement. Les parties isolées n'auraient par elles-mêmes aucune beauté, et cependant un ensemble ne saurait être beau si toutes ses parties ne sont également belles. Les couleurs simples , les sons purs, la lumière du soleil, l'éclat de l'or, les astres scintillants, resteraient ainsi forcément en dehors du beau. Plotin conclut de là que la proportion elle-même emprunte sa beauté d'un principe particulier. Il n'est plus dans le vrai quand il objecte aussi que la beauté morale, la vertu, n'a ni proportions, ni grandeur, ni nombre, parce qu'il entre ici dans

l'art kt i.a poésie. 113

une autre sphère, el qu'il confond, comme ailleurs, le beau avec le bien.

Arisioii' ne s'esl occupé nulle part spécialement de la question du beau ; mais, à t'u juger parquelques observations ôparses dans sa Poétique, il devait mettre plus en relief cet élément de la réalité que les platoniciens laissaient un peu trop dans l'ombre. Ainsi quand il parle delà forrm <(>> beau, il lui attribue les caractères delà convenance dans les dimensions, de la mesure et de l'ordre. Un objet beau ne doit être ni trop grand, ni trop petit ; il faut que l'on puisse en saisir l'ensembje à l'aide de l'ordre et de la mesure. Bien que ces caractères soient extérieurs, ils impliquent cependant la présence d'un principe intérieur, d'une unité régulatrice, qui impose la mesure et l'ordre aux éléments multiples de la forme. La condition énoncée par Aristote revient à dire que la forme doit être telle qu'il soit possible de saisir d'une seule vue ce qu'elle exprime, c'est-à-dire son idée ; et cela ne s'obtient que par des dimensions proportionnées au mode de nos sensations. L'excès de la grandeur ou de la petitesse nous enlève également la vue distincte de l'idée, et en même temps l'impression du beau, bien que rien d'essentiel ne soit changé dans l'objet en lui-même. Réduisez une belle statue à des dimensions microscopiques, elle restera toujours belle en soi, puisqu'au moyen d'un verre grossissant vous pourrez la voir telle : mais à l'œil vous n'aurez plus qu'un grain de poussière. Etendez au contraire sa grandeur jusqu'au gigantesque, elle vous paraîtra informe, et cependant rien

neserachangéà sa beauté que vous retrouverez toujours en vous éloignant à une distance convenable. Il est à regretter que nous ne possédions pas avec plus de développements les opinions d'Aristote sur le beau. Riche comme il l'était en faits de toute espèce , observateur consciencieux de la nature, juge éclairé de l'art et, par-dessus tout, penseur profond, il eût jeté sans doute un grand jour sur ce problème. Cette lacune dans sa philosophie a laissé le champ libre à la théorie platonicienne , sur laquelle non-seulement l'antiquité, mais tout le moyen âge ont vécu sans y ajouter rien d'essentiellement nouveau. On trouve, il est vrai, dans les écrits de Cicéron, d'Horace, de Quintilien, de Longin, etc., des observations ingénieuses et fines sur certains côtés de la question, mais rien de général, rien de spéculatif , rien qui aille droit au problème fondamental. Saint Augustin se rattache tout à fait à Platon. Dans ses traités de Y Ordre et de la Musique, il pose le principe de Yunitè comme la forme propre du beau, Y ordre et la convcnance comme ses conditions nécessaires. Le beau est perçu par l'âme, et non point par les sens , qui ne servent ici que d'intermédiaires. Le beau en lui-même est une loi conçue par l'esprit, loi qui entraîne notre jugement, et qui dérive immédiatement de Dieu même. La source de toute beauté particulière est dans la beauté absolue, laquelle est supérieure aux intelligences finies. Tout est platonique dans cette doctrine , qui pèche aussi par une prépondérance trop grande du principe général et abstrait sur la réalité concrète.

l'art tt i.a tOÈUM, 129

Les idées esthétiques de Platon reviennent encore par éclairs, mais plus ou moins modifiées ou dénaturées, dans les ouvrages de Boëce, d'Erigène, de Thomas d'Aquin, d'Albert le Grand, et d'autres scolastiques. A l'époque de la renaissance des lettres, elles brillèrent de nouveau d'un éclat plus vif et plus soutenu. La formule trinitaire du vrai, du bien et du beau revient fréquemment dans les systèmes de cette époque, et, en particulier, dans les ouvrages de Campanella; mais aucun point de vue nouveau ne s'ouvre encore pour l'esthétique. Même le grand changement de direction imprimé par Bacon, à l'esprit philosophique, n'influa pas immédiatement sur la question du beati ; et Bacon lui-même, quand il y touche accidentellement, est presque platonicien. C'est ainsi que, dans l'aphorisme 124 de son Interprétation de lu nature, il oppose les vains fantômes de l'esprit humain aux idées de l'esprit divin. « Les premiers, dit-il, ne sont que des abstractions « créées à plaisir; les secondes sont des empreintes « [signacula) mises sur les créatures par le Créait teur, en contours exquis et pleins de vérité. » Voilà l'idée divine exprimée par la forme qui en est l'empreinte, le signacidum, telle que nous l'avons conçue. Toute la théorie du beau e§L-ià comme en germe.

A partir du renouvellement de la philosophie, et de sa division en deux branches opposées, le sensualisme et le rationalisme, la manière de concevoir le beau a subi nécessairement l'influence de ces deux doctrines. Nous suivrons rapidement

ses phases diverses, dans le sensualisme d'abord, qui nous conduira à partir de Locke jusqu'à la philosophie écossaise moderne, puis ensuite, dans le rationalisme de Descartes qui nous amènera jusqu'à Kant et à la nouvelle philosophie allemande.

Locke lui-môme n'a point abordé la question du beau dans son Essai sur l'entendement humain; c'est Hutcheson qui le premier, en Angleterre, a consacré] un traité spécial à la recherche de l'origine de nos idées sur la beauté. Bien que cet écrivain n'adopte pas entièrement les théories de Locke, et qu'il les combatte même sur plusieurs points, il en a cependant subi l'influence dans sa manière d'envisagexJebeau. Locke, en effet, en plaçant dans la sensation exclusivement la source de toute connaissance, avajtjcreusé, sans s'en douter peut-être, un abîme infranchissable entre le sujet sentant et l'objet senti. Car, puisque le premier ne perçoit que sa propre sensation, et qu'il en tire tout ce qu'il peut savoir de l'objet même, il en résulte que l'objet en soi, se réduit à quelque terme inconnu, toujours caché derrière la sensation et que nous ne pouvons jamais atteindre. On conçoit aisément comment le scepticisme a pu partir immédiatement delà pour ébranler tous les principes de la certitude. Locke a beau distinguer dans les objets, les qualités premières des qualités secondaires, et affirmer que celles-là, comme la figure, l'étendue, la solidité, sont réellement dans les corps, tandis que celles-ci, comme la lumière, le son, la saveur, etc., n'existent qu'en nous, et n'ont aucun

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