‹ Du beau dans la natureChapitre 7 sur 34 · I.'ART h la P · texte numérisé non relu

I.'ART h la P

Tient une voix et un chant, et l'on sail avec quelle richesse il déploie déjà tous 8es brillants artifu Cependant le chant de l'oiseau n'est pas encore l'expression direcl set immédiate <\u sentiment intérieur; l'instincl teul en dirige les modulations, et, sous ce rapp ri . il est inférieure La voix du quadrupède qui exprime tour à tour la • le plaisir, lahaine ou l'amour. Quelle variété d'intonations ne trouve pas déjà le chien pour dii son maître ses inquiétudes, Bes joies ou ses don leurs ? .Mais la \oi\ du quadrupède, si elle est devenue expressive, u'esl plua musicale ; e1 ce D'est que chez l'homme qu'elle acquiert et réunil deux qualités. Je ne parle pas ici du son articulé OU du langage, qui appartient à une sphère plus élevée encore et toute différente, mais uniquement de la voix expressiveet du chant. Or non-seulement la voix de l'homme, par la variété de ses accents, par sou étendue et ses nuances infinies, devient pour l'âme le plus puissant moyen d'expj sion, mais le sou musical de cette voix surpasse en pureté et en beauté tous ceux que la nature ou l'industrie humaine réussissent à produire. C'est par ces qualités réunies que le chant de l'homme s'élève autant au-dessus de celui de l'oiseau que l'intelligente inspiration de l'âme humaine s'élève au-dessus de l'aveugle impulsion de l'instinct.

Nous voici arrivés aux confins de ce monde (pie nous nous étions proposé d'explorer. Nousavons Suivi dans la nature, et au travers de la série rendante de ses créations . les principes du beau qu'elle met en œuvre. Nousles avons vus, fait

d'abord et isolés, se développer peu à peu , puis se combiner entre eux et converger toujours plus vers l'homme, la plus parfaite sans contredit des créatures terrestres. Comment pourrions-nous mieux conclure qu'en citant ici l' admirable description que BiuTon a tracée de l'homme comme du chef-d'œuvre de la nature ! Tout le monde la connaît, mais tout le inonde aussi la retrouve avec plaisir.

n L'homme a la force et la majesté ; les grâces « et la beauté sont l'apanage de l'autre sexe. Tout « annonce dans tous deux les maîtres de la terre : « tout marque dans l'homme, même à l'extérieur, « sa supériorité sur tous les êtres vivants ; il se « soutient droit et élevé ; son attitude est celle du « commandement; sa tête regarde le ciel et préo sente une face auguste sur laquelle est imprimé « le caractère de sa dignité ; l'image de l'âme y « est peinte par la physionomie ; l'excellence de a sa nature perce à travers les organes matériels , « et anime d'un feu divin les traits de son visage ; « son port majestueux, sa démarche ferme ethar- « die, annoncent sa noblesse et son rang ; il ne « touche à la terre que par ses extrémités les plus « éloignées; il ne la voit que de loin, et semble

« la dédaigner »

« Lorsque l'âme est tranquille, toutes les parties « du visage sont dans un état de repos; leur pro- <( portion, leur union, leur ensemble , marquent « encore assez la douce harmonie des pensées, et i< répondent au calme de l'intérieur: mais lorsque « l'âme est agitée, la face humaine devient un ta-

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.1 bleau vivant, où les passions sont rendues avec a autant de délicatesse que d'énergie , où chaque u mouvement de l'âme esl exprimé par un trait, • chaque action par un caractère, dont l'impresu sion \i\<' et prompte devance la volonté , nous « décèle, ei rend au dehors, par des signes pan thétiques, les images denos secrètes agitations. «C'est surtoul dans les yeux qu'elles se peiiii ei qu'on peut les reconnaître : l'œi] apu partient à l'âme plus qu'aucun aune organe : h il semble y toucher et participera tous ses mou- ■ vemeuts; il en exprime les passions les plus a vives et les émotions les plus tumultueuses, « comme les mouvementsles plus doux et les sen- <« timents les plus délicats; il les rend dans toute <( leur force, dans toute leur pureté, tels qu'ils i viennent de naître; il les transmet par des traits i rapides qui portent dans une autre âme le feu, « l'action, l'image de celle dont ils partent. L'œil « reçoit et réfléchit enmême temps la lumière de « la pensée et la chaleur du sentiment ; c'est le « sens de l'esprit et la langue de l'intelligence. »

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