‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 17 sur 76 · ANS LES ARTS. ZOI · texte numérisé non relu

ANS LES ARTS. ZOI

tôles i Tien de plus agréable qoe ce groupe ; jasais des couleurs plus suaves et des tons plus hamouieux ne coulèrent d'un pin- Geaa.Toat est éclairé^ et tout brille d'un doux éclat. Hélène conserve toute sa fraîcheur à côté de Paris , à côté de ce berger efiféminé dont il faut que le teint ait été protégé par les ombrages d'Ida. Si l'artiste avait donné <{udque chose de plus relevé aux traits de ^ belle Laconienne , personne ne s'étonnerait plus qu'en la voyant traverser leurs portiques, les vieillards de Pergame , dans leur admiration, lui aient épargné des reproches hiea naturels à l'aspect de l'étrangère qui mit en feu leur patrie.

Quelle n'est pas ici l'adresse du peintre ! en un instant , il vous a fait connaître le caractère du séducteur , ses moeurs , son pouvoir sur l'amante qui s'est' attachée à ses pas , sa viç molle et voluptueuse , et jusqu'à cette insolence qui, trop souvent pour un sexe peu réfléchi , est un attrait de plus : Paris est assis; Hélène est debout : le pâtre obscur , occupé pendant des années à paître des brebis dans les gorges des montagnes^, voit à sa discrétion, devant lui, l'héritière de

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l'an des toyatimës de la Grèce , là fille de Jupiter lui- même ; il n'en, semblé pas plus émtt : oh ne sait , eh tërité , si , avant de s'occuper d^elIe , il rie lili demàntîera pas à acheter de tirer de sà lyre l'air auquel il n'a fait peut-être qùé préluder sm: Un mode lydien.

On Tbit que , i)our décerner de jyistes éloges à M. David , il n'est pas nécessaire de remonter jusqu'attl tableaux des Sabines, de Lëbnidas , de là peste de Marseille, et de la mort de Sôcrâte , immortelles créations qui lions seront encore plus enviées par l'Europe , qu'elles rie le sont aujourd'hui , quand nous aurons su houS-mémes les mettre à toute letU7 valeur.

Que nôtre langage la'étonne p>as trop eenx qui ayant près d'eux dés chefs-d'œuvre, ne lés admirent pas^ justement parce qu'ils les ont sous la mâin.^ Quant à iiousy qui avons pris la piùme dans l'intéi'ét de l'art , nous essaierons de faire connaître ce que l'art a produit d'excellent parmi nous. Nous le loneroris avec franchise , avec abandon même ; également sévères pour ce qu'il présente de défectueux , si , en cela ( ce qui est bien

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tiatorel), nous n'éprouvons pas la même fa> veur , nous trouverons au moins la récompense de notre travail dans le sentiment de justice qui y aura présidé; heureux si en célébrant les beaux taleas d'une nation qui est la seule , en ce moment , en Europe , à avoir une école ^ nous préservons celle-ci d'une décadence qui nous semble prochaine, et dont la menacent les envahissemens im* minens du mauvais goût ! Toutes les parties essentidles de l'art , devant passer successivement sous nos yeux , suivant le plan que nous nous sommes proposé , nous nous félicitons de ce que ce cadre nous permet de comprendre » dans notre travail , une analyse des principaux ouvrages anciens et modernes# ^ blâme donné aux uns, l'éloge jus*tiûé des autres, deviendr<»ut sous notre plume des leçons négatives et positives, dont l'intérêt s'accroîtra par. la variété du sujet.

Ce t^apitre du goût demand^ait seul un livre 9 et un livre peut-être impossible à faire , si nous entreprenions de déterminer , autrement que par des exemples, l'emploi de cette qualité précieuse dans la composition. Quant aux jugemens auxquels celle-ci

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est soumise , c'est autre chose : il nous sem-» ble que, g^énéralement en pareille matière, on est trop porté à restreindre le goût. Des idées de monopole se sont glissées la , comme ailleurs ; cependant , ne pouTant nous dis-" simuler que , si le goût se forme par Thabi'* tude de l'examen et de la réflexion , il tient aussi à quelque chose de natif qui n'est pas toujours an pouvoir de l'homme , nous devons le regarder comme un fonds commun C^ plusieurs sont appelés à puiser. Les femmes , sous ce rapport , et principalement en France , ont été traitées avec ime sorte de prédilection. Leur tact est , sans contredit , plus sûr et plus prompt que le nôtre. Dan& Texamen d'un tableau , d'une statue, d'un livre , d'un ameublement , si elles ne démé^ lent , avant nous , les qualités par lesquelles l'un ou l'autre se recommande, et les défauts qui en altèrent le mérite , au moins auront-elles plus rapidement décidé s'il y a matière au blâme, si c'est à l'éloge.

Une personne entre dans un cercle : par qui sera-t-elle jugée ? par les femmes. Pendant que les hommes étudieront des traits sur cette nouvelle physionomie, pendant

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^'ils disserteront, cpi'ils seront indécis ,* le» femmes aoront prononcé en connaissance de cause. Suivez celles-ci dans les galeries^ nurchez sur leurs x>as ^ TouTerture du pro" cbaia salon , et vous Terrez que leurs arrêts sont rarement dans le cas d'être infirmés: Ob dirait que la nature équitable j en lenr accordant la promi>tîtude du coup d'œil,ait voulu les armer contre le péril par ta prévoyance y OU , dans l'absence de ee dernier , les rendre à une sécurité qm doit fEÔre cesser les alarmes sans motif».

l'esprit de conrenance est tellement le

leoT) qif elles sont les premières à s'y sou-'

mettre, à l'adopter , à le désirer partout où

elles paraissent , on à en signaler l'oubli.

Dans les vicissitudes de destinées bonnes ou

mauvaises y une femme , pour peu qu'elle ait

de tact , descendra ou s'élèvera bien plus

adroitement avec sa fortune ^ qu'un homme,

fôt-il doué de jugement. Un nouveau mé-

^3ge vient à s'établir dans une ville : il est

nche;mais il s'enveloppe de mystères; il

se retranche au moins dans une sage réserve.

Vous ne savez d'où il vient , de quelle fa-

"^le il sort ^laissez là la femme : elle pour-

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rait être impénétrable ; mais étudiez le mari : si c'est un homme de peu de chose , sans aucune indiscrétion, avaiit vÊngt-quttre heures il TOUS Taura dit.

Soumettez à un exumen dé cette nature tous les mariages que l'on nomme dispro'portionnés, et vous verrez que généralement les femmes en sortiront à leur avantage : quelque grande que soit la prétendftië mé^àl-^ liance , eUes seront rarement déplacées dani la maison de leurs maris.

Ces sortes de remarques appartiennent an goût acquis ; ruisseau détourné dé la source du goût naturel , mais qui doit être toujours alimenté par celle-ci ; car, oii cette xlamière manque, n'attendez rien de bon ni de rai-^' aonnable. Les personnes d'une haute digiiité, qui ont vécu dans les emplois: éminens et qcà y ont contracté Thabitude d'une supériorité sociale, saisissent assez bien ces iitiances son-* vent fugitives. C'est leur domaine; elles le savent ; elles y régnent, et , par cette raisonlà même , elles y attachent ime importance presque toujours eicagérée. Cependant le vrai goût s'est porté , plus d'une fois , appelant de leurs arrêts. Quand le Moine dirigeait les

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regards cle Lottis XV, qu'il se préparait à jeter en fonte , d'un côté opposé à tïelni que le bras du. monarque indiquait par un geste de GOmmandenienty le prince Chàrleâ, grand éGuyor de service, f trouva un défaut d'accord dans Texpression ^ parce qu'il ne sentais pas ce qu'elle acquérait alinsi de noble et de coBvenàble à la majesté d'une tête cou« ronnée^ Cela ^e passait dans l'atelier, en présence dii roi qui, ne prenant pas sur lui de prononcer à Tinsiant entre l'artiste et l'honnne de cour, se mit dans l'attitude même que lui avait donnée le Moine, et fit cesser la contestation par ces mots : « Il a ^raison; c'est ainsi oue te commande.^.ïj ^ ' Le goût dans les aHis n'est pas seulement un sentiment des convenances observées oU négligées ; il est aussi un aperçu rapide de ce qui eonccmrt a l'effet voulu, et de Ce qui lé contrarie. £n deilx mots , c'est une irradia-^ tion prompte par laquelle l'objet se montre à la pensée avec l'ensemble de ses rapports prochains et éloignés , directs et indirects ^ de connexion et d^op^ositioii ; car lès oppositions sont aussi des accessoires du sujet, et l'esprit le plus paresseux n'a garde d'en corn*

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mettre l'oubli. Nous dirons de rhomme atî* quel il faut un grand temps pour mûrir son examen, qu'il peut être habile dans la science du calcul et du raisonnement , qu'il est mathématicien transcendant , logicien profond, si l'on veut ; mais qu'il n'est pas homme de goût. Ce n'est pas lui que nous chargerions de prononcer sur un ouvrage d'art ou d'imagination. Désirant acheter des tableaux on des statues , ce n'est pas avec lui que nous irons les voir* Bien plus, dût-il, avec ses chiffres et ses compas ^ ses déductions et ses syllogismes ^ arriver à la meilleure solution possible sur le mérite réel d'un ouvrage, nous ne nous déterminerons jamais d'après une sentence qui se fait attendre au lendemain. C'est pour le moment où elle se déploie à nos yeux , qu'une galerie a été ordonnée entre des pilastres et des colonnes , cpi'un fait historique a été confié à la toile \ c'est le peuple dont les pas foulent l'une , dont les regards embrassent l'autre, qui prononcera sur ces travaux des arts. Son titre pour les juger est sa simultanéité d'existence ; sa me* $ure d'appréciation sera dans les premières impressions qui agiteront son sein. £n s'ar-

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tétant on en passant outre /il nous dira si nom devons le faire nous-mêmes ; et en admettant qne certains objets , sortis du cercle des besoins et des aperçus de la vie commune, aient droit de fixer l'attention d'une <!laisse pins éclairée de connaisseurs, toujours <st-il vrai que ceux-ci , encore prime-sautieh, comme Montaigne , se grouperont SOI les degrés du socle , et devant la toile , ponr y laisser échapper le murmure du blâme, ou le cri de l'éloge. Un mérite qu'il £int trop long-temps chercher , dans les arts, ^'est plus un mérite. Sais-je si demain je tendrai voir votre tableau ou votre statue ? C^est aujourd'hui qu'il faut me satisfaire, ou le but n^est pas atteint. Je dirai donc qu'un homme de jugement peut très-bien m'apprendre pourquoi une composition me déplaît , ou par quels moyens elle est arrivée à me plaire ; mais je dirai aussi qu'avant ^'Û me l'ait appris , l'homme de goût se «cra prononcé sur l'effet obtenu. Voilà Teslentiel pour le public qui abandonne l'examen des procédés aux gens du métier. Ce Mot les peuples , tels qu'ils sont à l'époque où on les prend , qui font les siècles, et non

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une Yingtaliie de connaisseurs , dont il faudrait attendre le signal, pour détourner la tête ; ou pour se pâmer d'admiration.

Nous n'ignorons pas que notre définitioa du goût diffère, en plusieurs points, des opinions de (juelgues auteurs, parmi lesquels on pourrait compter de grandes autorités. Il nous reste à nous la faire pardonner ; et lo meilleur , le seul moyen d'y parvenir, c'est d'avoir raison. Nous attaquerons les mêmes écrivains dans leur définition du Beau. Ici le combat sera plus vif; nous aurons à dissiper plus d'un prestige, à détrèuer plus d'une puissance ; mais le bouclier d'Ubalde à la main , nous espérons y réussir. <i Rien n'e^t beau que le vrai : » telles sont le6 paroles tracées sur ce bouclier , destructeur de tout pouvoir magique ; elles nous précéderont dans 1^ route sur laquelle nous allons porter nos pas.

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