SUR LE BEAU
lequel nous n'avons rien à craindre que la «lestruction des moyens matériels par lesquels il se manifeste*
A4isson emploie y a notre avis , un trait de génie pour caractériser la destruedon §^énérale qui doit frapper la terre, suivant les traditions religieuses. « Alors , dit-il , » périront les osuvres immortelles d'Homère » et de Virgile. »
£n temodnant ainsi Ténumération des désastres d'un tel jour, l'écrivain anglais nous a paru sonner Tagonie de la nature entière. ^Effectivement il ne reste plus qu'à procla-^ mer le règne de la tombe ^ après avoir éteint le flambeau du génie<
T^ 'annoncerait-on pas aussi une grande, une immense catastrophe , au sein de laquelle on croirait voir s'abimer l'espèce humaine civiHsée y si des sons tristement prophétiques nous disaient: «Telle année, tel » jour, on brisera IciLaocoon, l'Apollon » et le Torse; et les plus célèbres ouvra- .» ges du p^iceau, en Europe , seront livrés^ >a sxux flammes ?»
n nous semble que ces paroles pronostiqueriïient une époque dans laquelle il n'est
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pas on être pensant qui ironlàt transporter son eiisteiiee. Ifiûs noms trampenons-nons » si nous disions qu'on resterait Ikitm att ^éessous d'un fol efifet^ en menaiçant ^ génération qui s'a^tance pionr nous reiotiplacer, de la perte des donts de €inftrOfea€t dé Mozavt ? i\ §BMt eiL eoavitmr , â y à quelque difCérence d'un cosp d^ariâiet de Ki^nteet au coup de pinceau de Raphaël.
La musique renfenne une partie qui, destinée à iisker les aeeens laanilîérs à lliom* me dans les diverses positions de hl vie, doit avoir plus de £xité; cela est incontestable : c'est celle du.. chant» Comme ^e ^iste plus ou moins dans le système musical de cha* qOe nation, en admettant qne tontes en aient un , on sent Bien que ce n'est pas sur <îelle4à que' tCHnBent nos rèptodbes. Chez nous y si Lulli pouvait se survivre à Ini-méme, ce serait par ce seul c6té , et c'est ce qu'on a conservé de lui en remettant Son Armide au théâtre. Il resterait peint-être davantage de Rameau , habilement remanié, parce qu'il eut plus de naturel. J.-J. lloussettu sentait bien que le positif de la musique consistait, suivant ses propres expressions, « dans
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D Vimitatian paisible et artificielle des accens )) de la voix parlante et passionnée i. » Il a composé dans cet esprit son Devin du village; aussi, r de .tout nos opéras anciens, c'est celui «pie Ton revoit avec le plus de plaisir; c'est le seul pemt-étre qui dans cinquante ans , avec ^elques œuvres de Monsiguy '^t de Gré? jry , «ara mérité d-élre conservé sur la scène par son admirable accord entre le chant et les paroles. Nous regrettons de ne pouvoir connaître d'autre BEAU musical c^e celui-là: mais^ qu'est-ce que cela fait aux dilettanti ?
' Voyet le Dictionnaire de musique de Rousseau.
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