‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 31 sur 76 · DU BEAU ABSOLU · texte numérisé non relu

DU BEAU ABSOLU

dans la maturité de ses baies , de ses pulpes , de seê grappes > de ses régimes , ou de ses productions amentacées; Tarbre qui ne nous doit que son ombre et son abri aura notre admiration ^ quand ii étendra sûr nos têtes an dôme de feuiUage , protecteur encore de notre toh rustique ; et le simple gazon qui assuré la svbfliîltance de nos troupeaux , en même temps qu'il doit orner lui séjour champêtre , aura deux momens de gloire : Tun quand au printemps il invite nos yeux à se reposer sur son vert tapis , l'autre quand le fer, battu par le faucheur, appelle les villageois à la fenaison , la plus joyeuse des récoltes où la vi^e n'existe pas.

Le beau absolu est donc raccomplissement de Isi volonté qui a coordonné les diverses parties de la création , qui leur a assigné une fin ou leur a prescrit des devoirs à remplir.' Dans l'ordre matériel des êtres, C'est leur état de perfection physique ; dans Tordre moral , c'est l'heureux et sage emploi des dons qu'ils ont reçus de la Providence. Le cheval arabe , dont Job fait la description animée , brille de cette beauté absolue , comme le ebevrcuil qui bondit sur les col-

Unes de G^Iaad. La rose y cpii se balfuice siïr sa tvgf 9 n'en ^t pas plus exe^dpte que te fruit <}ui fait ployer les'hn^ï^chcts de l'arbuste dans l'herbage ; et 1^ ^foyçm y^tue^ ^t utile s^ ^on p^ys uo^s la mointre 4^ )^ sphère d^ ses rapppçts , coo^nci p»u i^o^ en pore le, inodçle dans sou adorahke^sepce^ Tous so^t f ou se somt ff^U q^u'ils deFaient ét^e.

Telle ^t la sçule théorie qxie ncfu^ qroyoo» poss^^e d'é^bUr su^ le^ beau,l^(4^, ^paii des si^cl^s objet de conjççtiyi^s et de eoç- ^adic^ons y do^t le résuijit«|t a é^ tantél de r£^9^ner y tçf^tôt de le^ nier ; d^; le; i^s^eis dans la fange çles s^iJilçs -yol^yi^çs çqipprdies» ou dç le promeueip d^ ^s «l^Ç» ^ Vidéalisçie ; de lui pi^ç^sçriçe. de? Ûncv^ <ï»'ti »*! recounalt pa? > oiu de, l^e i^çia^r^ ûçidép^odapi xnénie de la sage^çe â,u Gréafeuc , et par conséquent de le refidre iippo^sible.

La doctrine que nous Ye^oijLS d^'ej^poser se produit a.Yeç peu d'appareil , inai^. elle embrasse tout. Mettant chaque chose à sa place , elle ne sort pas de la région clés réalités. Nous Terrons bie];itôt que c'est Is seule qui soit applicable aux arts d'imitatioi»)

DU BEAU ABSOLU. ail

mais auparavant , nous aurons à la suivre dans les deux grandes branches entre lesquelles elle se partage. Il est bon que nous fixions nos idées sur celles-ci. Si nous apprenons en quoi consiste le beau matériel , et quels sont les caractères du beawmoral , nous connaîtrons mieux la force de leur alliance et le charme de leurs sympathies ; c'est alors qu'il nous sera moins difficile de parvenir , par des moyens matériels , à la représentation d'une nature immatérielle. En se prescrivant une antre marche , l'artiste , au lien d'obéir à une heureuse inspmition , risquerait de se laisser emporter à des élans déréglés^ ou de se bo^er è creuser, après tant d'autres, Fomière d'une servile pratique. Les taiens natifs sont aimables , mais encore feut-il qu'ils aient quelque chose de raisonné dans leurs pdus beaux momens de verve ; rimitation mérite des éloges, mais c'est principalement quand ette porte lé cachet d'un génie créateur.

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