I>V BEAU MORAL
est envieux et petit; dans sa fastneuse gênéposilé , il veut plutôt paraître grand que l'être en effet ; ii a tovt eoumis au aalcd ; ii «ait ce que vaut une vertu, ee que rapportent les vices* astacietit de ses ministèises; il les blâme, mais il enprofite. A Sparte,. c'était tm égoïsme de quelques stades carrés; ici c'est de Fégoïsme 'sur TOcéan.
On n'immole pas aussi lestement un- pays ^ un autre. Cependant il fkut convenir que, si le bonheur du globe entier exigeait l'anéantissement de l'une des répons dont Use compose, celle qui consentirait à ce sacrifice, par cela même , mériterait d'en être exceptée. Allons plus loin : un enthousiasme, sans motif, porta M»»®, de Staël à faire une supposition insnsceptiMe de réalité; la philosophie peut bien nous permettre d'en hasarder une autre qui sortira également du domaioe du possible. Si elles n'agrandissent les idées, ces hypothèses, par la contra^ction ni^me qu'elles éprouvent, servent à les rectifier. L'essentiel est qu'on ne les prodigue p^s* Voici la nôtre.
L'univers est dirigé avec un ordre inerveïtieuxj tout y est prévu, tout y est calculé
W BSAU MOftAL. 24")
à Tavaunce ; les limiter y sont tracées â «ha* que sjsXèmc ; les balanieeiaens et les influences réeipvoqacs des grands corps aolaires et planétawea y assurent l'harmonie générale ; on voit <{ne c'est une pièce faite d*ttn seul jet ^ nais si , comme un rouage inutile , une sphère venait à déranger cet accord , ou si , pour Talimeiit dea soleils , Û était important de recouvir à l'une d'elles , et qvie Diett en taatruisit touias les créations , ceiie*]à serait véritablement grande qui, se faisant repré- «enier aux pieds du tràne célesns , y tiendrait à peu près ce langage :
« !!«<•- dos 'mandes» tes vues sont bien*
o lixisantcs , nous le savons j et ton œuvre
n est bonne : il &ut qu'elle subsiste. Le globe
j> qui nous est échu en partage est ton bien
» comme tous les autres; tu peux en disposer.
u Ta bonté paternelle pourvoira au sort des
» êtres que tu y atais placés. C'est sous ton
)* aile tutélaire qu'ils ae réfugient ; car tu
» n'as allumé nalle part Féttncelie sacrée du
M sentimcfl&t , tu ne Y&s nulle part élevé à la
b moralité pour le laisser s'éteindre. Fais
»donc suivant la sagesse, et sois toiqours
« le Dieu de l'univers ! »
a44 Dl^ BEAU MORAL.
Certes , de telles paroles recevraient leur récompense , et toutes les sphères retomberaient plutôt dans un chaos , sous les débris duquel le créateur lui-même voudrait s'anéantir, qu'un seul des individus capables d'une si noble abnégation eut à se plainàre d'en être la victime.
Le lecteur aura rarement à nous reprocher de tels écarts. Eenfermés dans les bornes du positif 9 hors lequel nous ne saurions transporter notre théorie , nous n'en sommes sortis qu'à l'imitation d'une femme justeraent célèbre , dont nous avons voulu combattre l'erreur. Nous réclamons pour ce désir le bénéfice de l'indulgence qu'elle a trouvée , «t que, cette fois, son seul talent lui assurait.
Si 9 dans les formes corporelles, le beau est la puissance de remplir les intentions qui ont présidé à leur création primitive , dans les mœurs il est la volonté d'exécuter ce qui est le plus avantageux pour l'être coordonné à son espèce , en le maintenant dans la vie de relations qui lui a été assignée. Pour étendre aux choses abstraites l'applicatioa de ce principe, nous dirons .d'une loi qu'elle est belle , quand elle concourt puissanunent
]>n BEAU MOKAL. ^4^
aa bonheur de la cité , comme , dans un cercle plus desserré, nous parlerons de la beauté d'une femme , lorsque l'expression noble et bienveillante de ses traits promettra la compagne disposée à mourir avec son mari Pœtus ; à se dérouer au salut de son pays ayec Clélie ; à élever des citoyens avec la mère des Gracques ; à suivre son époux sur la terre d'exil avec MJ^^. de la Fayette; à se faire enfermer sous des verroux y pour sauver le sien, avec M^^. de la Yvette, et à répandre le bonheur autour d'elle avec une multitude de mères de famille , honneur de leur sexe et charme du uètre*
Où est la beauté y si elle n'est le gage de pareils actes ? £n vain avez- vous rencoiftré dans la même figure la taille d'une nymphe , la fraîcheur d'une Hébé , et la ligne faciale d'une Vénus antique ; si la physionomie ne s'anime de pudeur et de bonté , vous vous éloignerez de cet être > où il y a défaut d'accord entre le moral et le physique , pour vous attacher à des formes moins parfaites , mais relevées par un beau caractère de tète.
Quant à notre espèce , le bsau dans les formes éprouve donc un grand déchet sans
24^ DIT BBAV XOKiUi;
k BEAU d'expresnon. De le^ul^ alliancep im àe leur état d'hostilité doit résillfer tin langage uniTerseUement entendu. L-artiftlfe ne saurait le méooniialtre. Obligé tôuâ les jours de mettre en scène des a<$teïu*s tâeieux , ^ n'ignorera pas qne Ift -beaillë physique s'altère^ plus ou moim , par l'habitude des passons violentes , souvent 'imisibleft à cëhn-cpR s'y aibondoime, loti mène cjtt'eÂesiielesotifi pas à cevx contre lesquels il en dirige l'e^ l&rt. Peignez le< crime ^ mais ne le Mtes pas aimer. Quelques artiste» des^temiètes ëooles dlttlie ont à se rq)rocher ée n'avoir pas toujours respecté oetfé loi v quand les Cmde et les Guércliin dessinaient des Hérodiades, ils agiraient dû penser que là hidne et la cruauté sympathisent peu avee les grâces. On regrette qu'à travers des traits Tégufierst agréables même si Ton veut , ils n'aient pas laissé pereer davantage cette eMpression mé* «hante, devant laquelle les coetu» se resserrent , comme les boutûns des arbost^es soos un soitffîe glacial.
Le beau.moiràln^existe que dans la vertu: où il y a absence; de cell4&<^ , rrous ôtes coupable de me montrer sans altération le beau
pkysùfae qui en est, jusqu'à un certain point » rimage. Ainsi vous me mentez avec voXre cL* seau ou votre pinceau. Votre Antinous me répugne ; je ne puis l'admettre que connue propre à des études d'artiste.
Si les vertus deviens^ent variaUes , dans leur mérite , avec les sexes et les posi-^ tions de la vie , il sera prouvé que .ce sera de leur utilité même , dans ces diverses manières d'être , qu'elles tirent leur caractère , et par conséquent leur beauté. Cette démonstration nous avancera l^eauconp dans celle de notre théorie; car telle est la nature des saines doc^mes , qu'on ne saurait faire un pas vers le vrai 9 sans mettre en évâdenoe quelqu'un des principes sur lesquels elles s'appuient. .
La sage :Providenoe a placé plusieurs quflrr lités dans le sein de la femme , sans donner leurs analogues à l'hoaune; et iréc^Kroque* ment.
La pudeur qui se produit dans le sexe , sons les plus £&vorables.angiu*es , serait xiiea nous d'un médiocre effet , si elle ne noua derenait eneore quckfoefob embarrassante.
Qui en contestera l'utilité , la nécessité même àans rêtr« destiné a recevoir le dépèt de la