CHAPITRE XV
DE l'expression DANS LES TABLEAUX.
La peinture met les personmagesen^ène.
Les- opposant comme elle le Teut, les mis ah autres , elle les rend passibles de toutes les situations de la yie ; destinée à reproduire les nuances comme les glrands ^aits du. caractère , elle ne saurait maneher vers ce bot que par Texpriession. Ici cette dernière »t d'autant plus de rignetir , ({ue le» représentations de l'existence animée peuvent seoks ■répondre ^ d'un^ manière satisâiîsante , an Tif besoin d'émotions dont notre cceur éprosre le tourment. Sans nous fîpâppeit met h même intensité de force c(ue les fieciofls théâtrales, iqfui ont poubelles l'àTantageda mourremeni et de la parole , le pincen, par son poiirroii* de sailsir le momentpréds du plus grand intérèc , et de le €xer stf li toile, nous rend l'action enitière présente. C'est , après l'histoire , le prdnier moyen de perpétuer ce qu'il y a de mémorable dans
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la Tie ; l'espace se prèle, devant la mam , à tous les développemens ; il s'accroît encore par l'effet de la perspectire ; et si le talent est an nîveati du sujet , on verra les acteurs se mouvoii', l'on stirprendra luème la parole au passage de leurs lèvres.
Ces miracle» appartiennent à l'expression , sans ]a<fttetle il n'y a point de peinture. Nous avons dit, nous croyons même avoir suffisamment expliqué, par qpuels moti^i le marbre la demande moins énergique : ees motife nous sevTkaient à prouver encore -qu& la toile a te droit de parler plus vivement SM%. regatpdft et |i la .pensée.
- Par la seule noson que vo^is ave2 groupé «divers personnages dans une enceinte , que vous nous les avez ofiEerts avec le costume et les habitudes de letir siècle, que vous leur sivèz conservé les^ traits avec lesquels la tra- ■cbtion se les rep^gésente^ il faut qu'ils nous disent quelque cbose. Le coloris vous a per- 'mis d'aninter et de rendre vivante la fece •Imraaine; cepréaiige va sowent jusqu^'à l'illusion. Or , je ne sauraôs siçposer une assemblée d'hommes ou de femm«s,-de citoyeas i<teine&8 en fonctiiM» oti ■ obscurs, épars ou
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rapprochés , sans que de leur présence mutuelle il né résulte une émotion quelconque «ur les physionomies. Votre tâche était deme Élire assister à un acte important de la vie des nations , ou de celle des individus qui régissent les destinées de leur pays ;- à une assemblée solennelle ou à une rencontre tumultueuse» Cette réunion est devant moi; mais ce n'est pas avec des visages froids ^ immobiles qu'on a dû s'y rendre. Puisque vous avez ouvert les jeni. de vos figures , puisque vous avez £adt circuler le sang dans leurs membres , faites-moi connaître les impressions qu'elles apportent et qu'elles se communiquent. Là où vous avez mis le sentiment de la vie y je tcux voir celui dt li pensée , sans laquelle cette première reste stagnante. Partout où il y a un concoon d'hommes , il y a un motif de ce concours; s'il est fortuit^ ils s'étonneront au moins de se voir ensemble. Voilà ce que je veux que vous -me disiez pleinement y nettement, car j'ai le droit de le savoir; autrement il ne allait pas m'appeler à votre atelier.
La différence des devoirs entre la peinture et la sculpture étant bien établie c*