‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 50 sur 76 · BAKS LES TA&I«CAUX · texte numérisé non relu

BAKS LES TA&I«CAUX

matière d'expres&ion , on conviendra que cette dernière est Tâme d'un tableau. Le degré de force avec lequel on doit animer la toile est devenu une question dans quelques écoles , et toutes l'ont résolue suivant la tendance des grands maîtres dont elles tenaient leur principal caractère. Il nous est impossible de juger , sur les. récits de Pausanias et des poètes grecs y de Pline le naturaliste et des poètes latins , de la qualité expressive donnée par les anciens à leurs tableaux. Dans les fouilles d'Italie , quelques fresques assez bien conservées , et quelques peintures sur vases de terre cuite , autorisent à croire que les artistes modernes ^ surtout ceux du pontificat de Jules II et de Léon X , ont mieux entendu plusieurs parties essentielles de l'art que les Grecs et les Romains. Prodigues d'éloges envers leurs compatriotes , les écrivains de ces deux nations ont vanté évidemment outre mesure des ouvrages dont la copie , d'ailleurs assez soignée , mais très-médiocre de composition et de perspective aérienne y a été retrouvée dans les exhumations récentes d'Herculanum et les tombeaux de Tarquinia. Zeuxis y sui-

Uf-:

46 Dtt t'BXP&Eâsxoir

vftfit Aristote, plus crojohlé en cek que Pline, qurie contredit, ne lut pas un peintre de mœurs^; c'est*à~dtre , suivant la valent de l'expression grecque , qu'il ne sut pas faire parler à la toile le langage des passions ; on lui reprochait encore de gros^ trop les extrémités , méine les tètes, de ses figures. Cependant , que de louanges^ont été décernées à sa fameuse Hélène , dont les cinq plus belles femmes d'Agiigente fourmrent le modèle ! Quand im artiste manque d'expression , et ne sait pas terminer les parties où le sentiment semble stationner pour réagir sur lui-même , réloge, qui ne voit rlea au delà de âon prétendu talent , n'est-il pas atteint et convaincu d'un enthousiasme irréfléchi ? Ce n'est pas à si bon marché que nos peintres acquièrent aujourd'hui une renommée ; et , sans parler des chefs de l'étoh française , lorsque la Campaspe de M. Langlois , et la /•irrcA^de M. Picot, ont fixé les regards du publid^ pendant l'exposition de i8i9> la grâce expressive de cw detrx figures, et le fini agréable de lenb extrémités , justifièrent les suffrages , dont nous fàmes les interprètes.

' DAH6 hVS TABLEAUX. 47

Que dire de Polygnote de^Tbase, quî^ quatre on cinq olympiades avant Zenxts , se faisait applaudir pour avoir ouvert la bouche à ses figures , pomr avoir montré leurs dents et banni l'ancienne immobilité des traits du visage ? En s'exprimant textuelle^ ment dans ces termes , Pline ne donne-t^l pas à entendre c|ue la peintiure grecque était bien peu avancée , même dans tout Téelat du siècle de Périclès , puisque, de pareilles innovations y avaient suffî pour exciter les applaudissemens et la surprise ? Ne nous force-^t-il pas d^appliquer la même réflexion à la peinture romaine ^ par la seule exagération des éloges accordés à un aussi mince mérite , comparativement aux grandes choses que l'art exécute de nos jours ? N'oublioiis pas que Cicércm , dont les yeux ont pu s'arrêter sur quelques ouvrages de cet artiste , et plus tard Quintilien , portés l'un et l'autre à exalter tout ce qui s^partient aux anciens âges , €»it été très-loin de par^ tager cet enthousiasme à l'égard de Polygnote, pendant la vie diK[uel l'expression dut rester imparfaite , probabilité qui ré~ suite des louanges prodiguées à ce maître ,

48 nu L'EXJ^ftEssioir

en reconnaîstance de ses Càibies progrès dans

cette partie de l'art.

Toutefois i il y aurait de Tinjustice à étendre trop loin la remarque que nous nous permettons au sujet de Polygnote, et même de Zeuxis. Les éerits que nous ont laissés les anciens contiennent des détails , peut-être enflés, sur leurs peintres , mais qui prouvent que plusieurs ,- entre ces derniers , ont mis daps leurs ouvrages un sentiment dpnt, après le laps d'un grand nombre d'années, des témoins oculaires cmt reconnu la vérité , et souvent la force. Transportés à Rome et à Constantinople , ces tableaux , d'une cpn^ position peu étendue , se recommandaient plus par le mérite d'un seul ou de deux personnages , que par la participation de tous à une scène commune. Voilà , peutêtre , en quoi l'expression moderne y ték que les grands maîtres nous l'ont fait connaître (Raphaël, le Sueur et le Poussin, p» exemple ) ^ possède un avantage réel sur l'ancienne , indépendamment de . la science du clairr-obscur , à laquelle les Grecs et les Romains restèrent étrangers , puisqu'au rapport .de Quintilien lui-iQéme> ils évitaiest

soigneusement de grouper leurs figures, de peur qu'elles ne fissent ombre Tune sur< l'autre '• Certes, c'était renoncer au moyen le plus puissant de mettre une composition en harmonie, ou simplement en perspective. Ce n'est pas assez de l'imitation matérielle des formes pour assurer le succès d'un artiste : par un retour philosophique sur lui-même , il doit se rendre présens les sentimens qui ont animé ses personnages dans des circonstances données ; il doit se pénétrer assez de la situation de tous , depuis la Tieillesse inclinée vers la tombe ^ jusqu'à la plus tendre enfance, pour faire renaître, sur la toile , l'a trace souvent fugitive des émotions dont chaque physionomie fut ellemême le premier tableau. Ces émotions , il lui faudra descendre en soi pour les trouver et pour les entourer de ce qui peut leur donner du relief : d'abord , parce que l'artiste n'a pas toujours été témoin des scènes qu'il s'est chargé de décrire ; ensuite , parce

■ III t» Il I ■ |l I ll| I I — i^— »M^— I ,

> Nec pictura , nisi circumlita , eminet ; ideoçue arti- Jlces t ^lom cum piura , in unam tabulant , opéra con^ tuierurU , spatiis distingunt^ ne umbne in corpdra cadanU QviNTiLiXN , Inst. de POrateury liy. vui.

Beaux-Arts. II. ^

h.Ki

5o ITE L 'expression

que , se seraient- elles passées sous ses yeux, il est des airs de t<&te qui veulent être ennoblis dans leur style , des groupes dont on ne doit presque saisir que l'esprit , des attitudes qu'il convient de diversifier, des sites qui demandent à être mis en harmonie atec le sujet , des objets qu'il faut suppléer en idée , et sur lesquels on ne saurait se dispenser de répandre une couleur locale.

Telles sont les parties accessoifte , mais toujours importantes derexpression : ce sont elles qui donnent du mouvement à l'action représentée , et qui l'impreignent d'un sentiment de vie. Cependant , si l'expression reçoit une grande force de ces détails qui tous concourent à l'effet général , l'on peut dire aussi qu'elle a fondé son trône snr I2 figure et dans la physionomie humaine. C'est là qu'elle règne , c'est de là qu'elle dicte ses lois , qu'elle envoie ses ordres , qu'elle invite ce qui est à ses côtés au partage de sa joie ou de sa douleur, qu'elle exerce la puissance de ce lien dtf sympathie qui entoure notre espèce, et que , le serrant à son gré, elle nous force d'entrer dans le cercle magique de ses intérêts et de ses affections.

nX^S LES T4.BLEAUX. 5l

Bans l'oubli du pouvoir exercé par cette souveraine , quand elle se ïhoiitre aux mortels avec le siniple cof tëge cpi'elle tient de là nature , Tëdole fràiiçaise appela , pendant long-temps , des auxiliaires étrangers au secours de réipressloii. La traitant comme la femme qui, devant le peintre prêt à la dessiner y perd volontairement les grâces dont elle est en possession , dans le vàiii espoir de saisir celles qui vont encore échapper à son soutiré et à soii coup d'œil étudiés , nos artistes outtèfent tous les mbùveméns , forcèrent toutes lés attitudes, fîreiit griniacer la bëàùté, et jusqués à la dôiileur.Ils ignorèrent que dans' le bOnhêur , qùë dans la volupté ihéme , il est un djôûx calme de Tàmé et un accord toûëliaiit dés traits', d6nt le cliarmè hieû rendu éèl d'autant plus actif sur la pensée, c^'il invite rimagîriàtîoii à suivre la route oiivefrte jJar le pinceaùl Ce dertiier seniblé avoir été discret, et il n'a fait que prêter un BCiotif dëpluâ au désir, él uii attrait noùvéku à ce qui avait' e^ déjà le dôn dé plaire. Dâiîs le biéii comme datis le inàl, la nature', conserva tri(?è dé sôri ouvrage , procède peu par convulsions; d^ailléuH , ce ne' serait pas de

5a DE l'expression

tels momens dont le pinceau devrait s'emparer ; l'expression veut être caractérisée sur la toile ; mais , plus morale que physique , elle ne doit jamais y dégénérer en attaque d'épilepsie.

On a dit avec raison que bien régner ^ c'est savoir choisir : la même condition est imposée au peintre , la pratique de son art lui étant une fois accordée. Nous consentons à ce qu'on lui trouve un mérite de création > là où il n'aura fait réellement qu'user de ses yeux et de son intelligence , car le spectacle du monde visible est assez riche pour fournir à tous ses besoins ; nous consentons , dods qui connaissons les difficultés du travail, à ce qu'on lui rappoi:te tout l'honnenr d'un sentiment bien*exprimé; mais les spectateurs, en disant qu'il y a de la vérité dans son ouvrage , rendront à chacun ce qui lui revient; et la nature , heureusement pour lui , y aura encore sa part.

Metzu, Gérard-Douw, Van-Ostade , Teniers et Wauvermans ont mérité cet éloge, que nous ne leur accorderons pourtant qu'avec une certaine restriction ; car ils n'ont pas su choisir y ou plutôt leur choix étant cir-

tonscrit par le genre de leur talent , ils se sont bornés à copier avec fidélité une naturie commune. C'est quelque chose , mais ce n'est pas là le noble but que se propose la peinture. Si elle n'élevait les sentimens dans l'artiste comme dans le spectateur , si, chez tous les deux , elle n'agrandissait les pensées par l'imitation animée des actes qui honorent l'espèce humaine , sa destinée serait bien déplorable sur la terre. Condamnée à se plier aux caprices de quelques riches « à flatter la tyrannie ou à arracher à la volupté d'infâmes secrets , elle ne serait plus cette fille du ciel qui se charge de donner une seconde vie à tout ce qui s'est rendu justement célèbre dans la première. C'est donc la peinture historique que les gouvememens doivent spécialement encourager, parce que c'est la seule qui soit monumentale et propre à exciter les hommes à la vertu. L'autre trouvera dans le goût des particuliers, dans la modicité des prix auxquels elle Jeur permet d'atteindre , dans les dimensions des tableaux en rapport avec les'appartemens, dans les sujets familiers qu'elle traite , tous les encouragemens dont elle a besoin pour se soutenir même avec éclat.

5/| DE L'f:^PRKSS.ION.

Luxe aimable d^^ citoyeus opule^^, fc'^fsv eux qu'elle ^pU ^^f ^ entretenujSj ^n4^ qne la peinture histQriqi;e , ,q.ui .e^t }e luf e d'un £rand peujple à r^di^cfition d^i^el .elle ctyopère , a sieule le droit de faîr^ partie des cba^rges communes.

C'est ici que le cl^ij: 4çs tableaux est d'une haute importanç^e. Plus taf djuças nous arrêterons sur cet objet essentiell^mk^ )i« aux institutions du -p.ay^^ ^ ^puç jsoffira d'obseryer dans le ;i;i;io^ent p^és^i^^ que h i^n^g^e du pinçea^u esrt yraix^eQ^^^cande , quasd il se promène sur une Uxjlfi qù l'^irtis^ f'cs^ prçpû^é de pei^.é]:uje^ un -^c^ 4e f^atriotjsine, pu de livrer u^ ac;te ^qcN^Ltrair^ à l'^fiupQCNrjtar lité de l'opprobre. M?à^ il x^'y a qi^e ie peintre d'expre^sign auquel jl ^pit d^^é de reiDp)ir /^vec gloire <;ette fnj^^i^trature pi^ique. ^n pprt^t nos pfs d^i^ I.9 g^^^i^ i^u Luxeipr b|Ourg , yoilà sur quoi nous vo^dri^oiis que nos regards pissent toipubter^ de préférei;i/ce à quelques sujets s^ns car^ctière au milieu des? quels Qji trav;erse le pfiUis de ^a paj^ ie , ^9 sein de la c^it^le de 1^ France.* Jueê Ufhlesm de M. pavid se font repi^rquer entre ceux que nos repï:'oche3 ne peuvent -aiteindrc. Son

DANS LES TAiitEAUX. 55

talent s'est emparé des traits mémorables de Texistence de deux grands^ peuples. Plus belles que celles dont Torgueil national eût pu décorer le Capitole et le Pœcile, ses toiles arrêteront le promeneur attentif; on pense au moins devant celles-là!

fies bonneurs funèbres rendus à Pbocion . par une famille villageoise de*Mégare, for*^ naient le matif d'une' composition propre à exciter le même intérêt ; il faut savoir gré à M. Meynier de cet excellent choix; n|^is en a-t-il tiré tout le parti possible? tout en re* connaifUMat chez cet artiste un faire large ^ une grande facilité à grouper une action, à poser ses personnages, à les balancer même , nous sommes forcés de reconnaître que sa composition pèche dans qitelqiies parties par défaut, et que les acteurs ne s'y ressentent pas assee du sublime devoir dont ils s^acquittent» C'est dans lombre du mystère et à la lueur d*un feu nocturne que s'exécute cet acte re* ligieux : après avoir brûlé le corps de Pho* don , une lemme de Mégare en dépose les cendres avec recueillement dans une excavation pratiquée au pied de l'autel de ses dieux domestiques. Deux de ses filles, diversement

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émues , prennent à cette cérémonie sainte !a part que leur ^assignent leurs âges distans de quelques années y tandis que debout de^ rière l'une d'elles, leur père tenant paria main son jeune fils qu'il vient d'enlever an sommeil , montre à cet enfant comment Athènes récompense ses grands hommes, et comment les*grands citoyens n'en font pas moins leur devoir i. Un esclave en station atec une lampe , près de la porte, veîUe à ce qne la pieuse famille de Mégare ne soit pas troublée dans ces soins touchans. Qui ne dirait que ce tableau est heureusement conçu et qu'une telle disposition est à peu près la meilleure dont pût s'aviser un artiste? nous l'eussions cru nous-mêmes, et pourtant la toile de M. Meynier laisse beaucoup à désirer. Nous n'attaquerons pas le dessin des figures ^nons accorderons qu'elles participent à une assez bonne couleur locale ; mais il leur manque le sentiment de ce qu'elles voient, de ce qu'elles font> de ce qu'elles se disent, de ce qu'elles doivent éprouver; sentinient stns lequel le spectateur reste impassible. Celui-ci en effet ne peut faire autre chose que partager des émotions. Où elles défaillent aux princi-

paux personnages , comment voulez-vous qu'il en éprouve? où prétendez-vous qu'il les prenne? dans son propre cœur : alors ils n'a aucun besoin de visiter un musée. Il les demande à la peinture ; et si elle ne les lui donne , elle n'est plus qu'une vaine et coûteuse super^ fiuité* Le moindre livre , la plus simple chronique le servira mieux. Au lieu d'un froid récit il voulait une action , vous la lui aviez promise ; il accourait pour vous apporter en échange toute son attention et toute son âme; qui de vous deux manque à sa parole?

Le Sueur et le Poussin tiendront à leurs engagemens ; philosophes et peintres tout ensemble , ils n'auront garde de vous tromper. Le cœur humain leur est connu. Après y avoir lu à livre ouvert , ils ne feront qu'en placer sous vos yeux les pages admirables. Le premier, sage comme Raphaël, vrai comme la nature , à l'exemple de ces maîtres a parlé éloquemment la langue des passions. Il n'a point créé l'expression ; mais la saisissant dans le commerce de la vie, ou l'enlevant à l'aide d'une méditation profonde , il l'a transportée sur la toile avee im tel succès que nous savons , en regardant ses personnages ,

58 * I>E L^EXPEÈSSIOfr

ceque chaenn^'entreieiix attend, ce^'ilat^^ ce qu'il va ^ice , ce «qu'il a fait <hi ce-ffu'il n faire. Souvent par un ge&te il nous l'enseigne; qt^ielquefois en baissant entrevoir un eoia d« visage, il.noiisâ^rend ce <que doit être la het entière. Ainisi* daiis le tableau eà. le fon^i^eiir .des Qbftrtpeiix p^sse rhabct de son orère ji 4es AQYÎces, ma des pcoles ma. éa dos, par fiÇjn Sitfitmàk jftous pennel: de derîner Yi\r lienârifiaeineBlt iidmiratif que produit sor ^ cette eoiiséoratioii 9 comane «'il se retournait à l'insitaAt uftéme vers le «pectai^ar. Cette ët^Kinânte lilstoire d'an sinatple moine , sifTii^ pour retracer, dans ua genre grave et awkstère» toutes les impressions qui peavenC affecter la fiçnne humaine. Quel tableau qnt celui de la lecture de la lettre I tandis qaé le «supiéri^ur de àa eon^munanté arrête ses jeat •avec calme sur l'écrit qu^on virait de loi re^ mettre en présence «de deux cénobites»

V^m. parait recueilli en lui-même comnieBe devant pas seulement chercher à pénétrer dans la pensée àe son chef, et l'autre plus jenne, sans doute par ia même discrétion, a baissé les yeux vers la terre. Voyez le lit ai mort de St. Bruno ; étudiez ie^ ^gures q»

DA^S L.ES TJLBLEAUX. ^g

rentouTÊTit : tous les,çajactèr«s 4^ la ^o^ltMi^ viendrom TOUS japper on vou» pIcHigeir .^aiui une mélancolie religieuse, f/ci «'(ftt i^ie U;iatesse expfip$iye, ^à le ^^ûjoij^ç^ pcofond d'une grande p^rte;.fiÂUeW^9 4^ y.é^fit;iofi du saint que ia i^oi^t .vïi.ej;kt 4^ l'^W à \% terre ; dans une autre ^partie ^n t^leau Jt^ril-r lera un l^ger et p|^le r?ij,9^ 4^ cette aq^tié affectueuse accogedée à ^^ç^oine ji^i-m^ne , - et que l'abandon des ^choses Âe ce ço^opde n'es^ point encore pary^U ^ lèt^ff^re 4a^ Je cœur des dis,ciple3 ,d,e ^i^uno. Vous étfis au milieu d V^i couve;[^t : yxms assiçte^ à-ux^e scène de J^iort, il n'y a pjus rj^^ Ifi de la 4;eri-e qve cfi qui ya y centrer ; ^1 ^'y a plus ^ien là 4e la TJ^e .humaine et de ^s in^érits ^e )^ ^pfsfisée qui s'en détache i ç'e^ tput <u|i po^e 4^ns le genre inéla^icqUque. ^ai^ qi^i l'jei^.^eom'r ppsé ayec cette per^e^tipUi pa.r^û l^^ ^<^i~ Yain^ vo^és ^u cjiilte làfis muscs ? ÇstHpe Gir^j ?^ est-ce Delille ? non : le cygne de rancienne Rome seul eût pu faire entendre des acçens aussi tristes et ^u^^ doux. Certaiuei^ent S|f . Grauet n'a pas revu ce tableau avant de risquer celui de la Mort d'un capucin , dernièrement exposé par lui dans le sajon

6o DE L^EXPRESSlOf^

de ]a société des Amis des Arts; où, datiâ l'oubli de son propre talent , il est bien coupable à nos yeux.

Qu'il nous soit permis d'exprîi^er , par une dernière réflexion , notre sentiment tout entier sur la galerie des chartreux. Cette suite de tableaux est tellement précieuse à notre avis, que nous formons un Tœu auquel doivent s'associer tous les zélateurs des arts et de la gloire de l'école française. Plusieurs pemtre& célèbres n'ont pas dédaigné de copier les ouvrages des grands maîtres. André del Sarto accorda plus d'une fois cet honneur à 'Rzphaèl , qui en était bien digne. Annibal Carrache ne fît pais moins pour le Corrège'. Kous souhaiterions qu'aujourd'hui le gouvernement invitât quelqu'un de nos artistes ' du premier ordre à préserver d'une destraction prochaine l'histoire de saint Bruno, qui , après avoir été mutilée par l'envie, se

' H existe en France plusieurs copies du Poussin , faites par Loire ; elles sont tellement en rapport avec lean no^ dèles , que déjà quelques-unes sont confondues arec U» originaux , dont elles perpétueront ainsi la durée. On attribue encore <fuelques copies , faites d après le mém maître, à Sébastien Bourdon.

DAMS LES TABLEAUX. 6l

ressent déjà des ravages du temps , comme de ceux du I^u d'Outremer prodigué sur quelques toiles. Le piaceau de M. Gros , duquel nous nous entretiendrons incessamment , serait bien propre à donner une se-

- cOnde vie à cette précieuse collection , dont le dépôt, dans le département du Rhône, par exemple , offrirait un digne aliment au génie des jeunes artistes qui, sans participer aux leçons de la capitale , ont acquis des droits , récens à sa bienveillance.

Si le Sueur a bien mérité de l'art, nous ne pouvons nous dissimuler qu'il y est parvenu par l'expression. Sa supériorité dans cette partie le place en première ligne des hqmmes les plus éminens de toutes les écoles, peut-être immédiatement après le peintre d'Urbin lui-même, qu'il n'étudia guère que sur des estanipes. Mieux parlés, les élèves français ont, aujourd'hui, la faculté de contempler des originaux où les secrets de la science se montrent presque sans voiles. Nous les invitons à'séfléchir sur cet avantage de po-

- sition. Le voyage de Rome est utile , nous ne le nions pas ; mais, avant de l'avoir entrepris, Drouais avait fait sa Cananéenne , et il ne

©a DU L'iïXPRESSÏOir

VsL polAt surpassée ; c^ejpémdant , k cette êpot[iié , Véeble possédait mditts de beaux* modèles qu'elle n'eif a maintenant sons les yëtix.

Satis êifë atis^ nbblè et aussi gracienx dàtis ses^ attitudeà , ssàiis avoir la riiénie pureté de de^in , le PbQâftih , moitis sayant encore dans lé coloria, a ihîis pliis dé poésie qiiele ^Saear dans seâ compositions , ihaià peut-être avec qiielqùë reéherche. Sbn ej^presslon moins fine et moin^ délicate est également Vi<aie et natut<élle, quand il ne là force pas. C'est par ce c6té que- ImUent ^s ^leaiix , où il dépose presque- totijotil^ une graiidè pensée , où un gr^lid- séUtîiiieilt s'adresse à l'âme , et Unit par y llllÉ;^^^ une tracé pr6fbride. Nourri de Téttiâé dèf l'a^iquè, cet artiste nous tfàh^^ottë aPu riiilleu dé!^ Hébrèii^, dés Gfrècsi et des Rdikîaîiis, dotifil ne s'est pas bothé à' saisfii' fidèleitiebt lé eusttmié, riàftià qu'il a rtitfdiiarviVaiisVpiJ^rcfilàcle représentation desf ihtëïéts'dé là vîé bSè^b en mouvement sûr là toile. Plii$' VaH^'daifs s^ sujets que le Stienr , il^ n'a- paâteà. aiàtant de largeur et d'aisance dans lé jet dés draperies , infériorité bien cOnàpensée par une' éàbetitt

particulière du paysage, un chéix de fkbvique^etune beauté de lignes justenient exigées aujourd'hui* dans ces sortes de compositions. L'Italie,' où il a long-temps réeii , i^vendique le PonsÂn^; la' France , où il a fait lesp premières études de son art , à laquelle » dans la force de son talent , il- a* consacré trois de ses atinées , que vinrent cherdker , à travers les monts-, presque tons^ses tableauxde chevalet, et qui a le'bonhetii^ die leis posséder encore , le réclame avec autant de motifs. Ainsi , voilà^ deux- hommes- dé génie qui occupent une place distinguée dans lésâtes de là peinture, et tcms les deux l'ont conquise par l'expression. R^onnaisson^qiie plusieurs artistes français mai<chent- atrjourd'hui dignement sur letnis' vestiges prêts à s'effacer, il y a trente'ans, si une révùkltion ne s'était opérée dans l'école. N^est^ce pas l'expression qui recommande les tablëauiF de M. Gros ? n'est-ce pas elle que nous ar^rons admirée" dans la Peste de Jaffa^ dans le «Sauf de Leucade ? Que leUr auteur ne s'y trompe pas : nous ne contestons pas ses droits au titre d'excellent coloriste ; mais nous croyons qu'il s'égarerait bientôt avec ses élèves, s'il s'ima-

64 BE L'EXFtLESSlON .

gînait que cette qualité est la première de Tart, et qu'elle n'est pas subordonnée à l'expression. Déjà nous ayons remarqué , dans ce qié sort de Tatelier de ce maître , une tendance inquiétante à faire briller des formes aux dépens de celle-ci , à prodiguer le nu sans qu'il soit exigé par le sujet , et à pousser de ton des chairs animées, à la vérité , et savantes d'étude > mais qui ne nous semblent pas toujours parler suffisamment à l'âme ou à l'esprit. Aux hommes de talent,- il suffit d'indiquer recueil pour être sûr qu'il sera bientôt évité.

Où est le mérite de l'admirable tableau de Gustave Vasa par M. Hersent , si ce n'est dans l'expression ? Oui , l'expression touche ici au sublime , parce qu'une même pensée, diversement réfléchie «ur trente figures , se confond dans im seul sentiment pour le spectateur , associé à l'émotion de tous, et appelé f par-là , à faire partie de l'une des scènes les plus touchantes dont la toile ait

jamais conservé l'image >.

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' Nous plaçons à la fin du troisième volume de cet oavrage , le jugement que nous portâmes de ce tableau daat le temps où il parut.

Un jeune artiste a fixé l'attention depuis plusieurs années. Né dans une famille où le talent est héréditaire, et où son aïeul a laissé une grande réputation , il n'a pas été écrasé de celle-ci. Bien au contraire , il en reçoit et il lui communique un nouveau relief. Il a trouvé le secret de se créer xm public avec un pinceau. Peut-être serait-il permis d'aller jusqu'à dire qu'il s^est fait une tribune , d'où ses vives et pittoresques impi*ovisations réveillent tour à tour des sentimens nobles et toucbans , humains et patriotiques. Ce succès , à beaucoup d'égards , a été mérité pai* l'expression. Qui aura vu le$ ouvrages dé M. Horace Vernet s'en sera convaincu. Nous osons lui affirmer à lui-mémé que c'est pai^ cette route qti'il est parvenu à la renommée , et quil s'en écarterait si , dans son jet rapide, il soignait peu ses compositions; s'il y répandait plus de glacis que dé ces teintes solides qui y habilement maiiiées , résistent à l'outrAge des ans ; s'il visait , par des contrastes piquanS) à un effôt qu'il est bien plus sûr d'atteindre par Un sentiment réfléchi ; et si la rapidité de son travail né lui permettait pas d'achever et de fixer à jamais sur la toile

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la pen$é|e qu'il a ^ouvei^t tf ès-beureusement conçue. "Sfous nous coinpton^ au nombre des admirateurs de M. Horace Vernet > nous croyons q|ie tpus les ouvrages aui^qoeU il donnera dés $oins seront recherchés; m^i par intérêt pour Tart , nqns seriops ^cïés que, dans la. supposition précéfiente, il fit école. Heureux d^ posséder ur pinceau ai^i piquant et aus^v original ^ flattés même d'en pouvoir montrer les produits aux étrangers qui nous visitent , nous craindrions trop qu'il ne passât entre les n^ains» de s^rviies copistes, avec toutes sf^s négligences, naaù» dépourvu des qualités qui le reco^ui^i»4e9t! . L'expression , nous le répéterons ÎHsqu'à satiété, , fut la gloire de l'écolie romaine , tant que le génie de Rapimëi gfouvenna les destinées diç cet^e é^qle. Fav^risé^ par Tétede de l'antique, dont le$ h^9ii^ et subliiBes débris soçtaieut presque 4e terre sous l^'' pas , les artistes du quiuxième siècle j pnisèreut un sentimei^t -vrai des passions , le goût d'un dessin piiK el celui des formes nobles, et graçiçui^s , aUiées^ à ulie sage simplicité. Avec de pa^r^ils guides^ils devaient arriver bientôt à cette parfeite entente de corn-

position qui les distingue /et dans laquelle , bien certainement, ils ont surpassé les an^ ciens eux-mêmes. Dire que Raphaël est le premier deâ artistes de cette école, c'est le placer en tête de tontes , puisqu'elle est celle qui réunit le plus de ces parties, dont l'ensemble constituerait, dans un seul sujet, la perfection de l'art. Une pareille décision ne se ressent d'aucun engouement. Les onyrages de Raphaël , par les estampes , existent partout où on n'a pas l'avantage de les posséder en originaux. Malgré les grandes pertes que nous avons à pleurer en compositions capitales de ce maître , notre* Musée renferme encore assez de ses admirables productions pour permettre de l'apprécier avec connaissance de cause; on peut leur opposer celles des autres écoles, et le juge;ment n'embarrassera que les homme» étrangers , nottseulement au sentiment de Tart , mais à toutes les impressions de la nature ; car le peintre d'Urbin s'est éminemment distingué piir l'expression. Chez lui elle est toujomrs appropriée à Page , à la profession , au sexe , à la situation en moindre personnage mis * en scène. De là cette vie qui anime ses ta-

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bleaux , cet instinet de yérité qui y transpire^ cette participation du spectateur aux actes qu'on lui présente, et ce charme tout-puissant qui ne laisse l'œil et la pensée s'<en détacher qu'avec regret , comme si l'àme ne devait trouver que là un repos en rapport avec ses sympathies.

Riche des trésors de l'antiquité, que sont venus grossir de leurs chefs-d'oeuvres les élèves de ce^ grand homme , l'école romaine a cessé depuis long-temps de produire. Contente de vivre de sa gloire acquise au milieu des monumens inspirateurs de toatâ les éppques qui l-acçusent , par cela même qu'ils ne l'inspirent plus , elle ressemble à ces êtres oisifs qui, dans le système nouveau de l'Europe , voudraient fonder leur pouvoir sur un héritage de souvenirs ; mais ca sortes de substitutions n'existent pas plus dans les. arts que dans le code civil de la France; pour être quelque chose désormais, il faut l'être. par soi. Les places ne sont plus gardées nulle part ; elles appartiennent à celui qui vient les occuper en personne, c'est-à-dire, avec les droits du talent et du génie. Quelle déchéance I Rome;

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aujourd'hui réduite à citer les gouaches de Bersanti , les incrustations d'Angeloni , et les petites mosaïques qui se fabriquent dans l'atelier de Saint-Pierre , à côté de la chapelle Sixtine , peinte par Michel- Ange , et non loin des loges da Vatican , à jamais illustrées par le pinceau de Raphaël!....

Il est vrai que Ton parle quelquefois des tableaux de Landi et de Caromucini ; mais quelle distance de ces productions à celles de l'école française actuelle ! comme l'expression en est faible, et le faire timide , quoique soigné dans ses détails ! Cepeifdant nous ne saurions oublier que la belle édition du Virgile , publiée par la duchesse de Devonshire , et dont un exemplaire nous a été communiqué par madame Récamier ,. à laquelle en fit don cette célèbre protectrice des arts, a pour principal ornement une estampe gravée d'après un tableau de Cammucini.

Nous y avons remarqué, autant qu'il nous a été possible d'en juger sur un simple cui-^ vre d'une dimension peu étendue , une ordonnance de composition sage , et une expression d'attitudes et de têtes assez naturelle. Le costume y est bien observé , mé-

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ti%e certainement de rigueur daûs une viÛ« où les simples pierres des pavés crieraient contre la moindre inexactitude en ce genre. L'artiste a fait chorix du moment où le poète lit à César^Auguste, eu présence d'Octarie sa^œur^ de rimpératrice Livie son épouse , et de son favori Mécènes, ce beau passage du sixième livre de Y Enéide^ qui, rcyeillant la douleur mal assoupie 4'une mère, au nom du jeune Marcellus , enlevé à la fleur de» ans , arracha des larmes à sou a|iditoire , et principalement à Octavie.

Docile an premier mouvement que lui imprima Massacio, et qu'accrut Buonarotti^ l'école de Florence semble avoir placé da^ vantage l'expression dans la saillie des muscles et dans des effets anatomiques obtenu» sur les membres , que dans les traits du irisage. Sacrifiant moins aux Grâces qu'à la \igueur , elle peignit la nature humaine sous un aspect gigantesque* £n voyant les tableaui qu'on lui doit , on croit avoir devant les yeux les héros d'Homère^ mais non les jeunes déités et les belles Troyennes que le père de la fable fit errer sur les bords du Sca^ mandre et du Simoïs. La première en date

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de . toutes les écoles d'Italie , elle doona 1er si^al de la renaissance des arts , ensevelis depuis des siècles sous les débris de la grande ville. C'est par elle que fut- rallumé le flambeau du génie. Quand elle transmit à la toile les conceptions énergiques du Dante^ qu'elle ppuyait réclamer comme son bien , puisque les poésies de cet écrivain , |ié à Florence f ne sont que des peintures , dans le. genre sombre de ses propres tableaux , elle pécha peut-être par e^cès , mais elle communiqua aussi à l'art une grandeur que la médiocrité peut rarement atteindre. Au reste ,. il était naturel qu'ayant vu le jour au m^ieu des dessins étrusques asse2 fortement articulés y elle se ressentit, de cette origine. Ici semble survivre l'austérité du culte primitif : les aruspices et les augures 4^ TÉtrurie gouvernèrent Rome ancienne ; ils firent pâlir plus d'une fois son sénat et ses consuls 9 ^^ c'est par une sorte de continuation du même pouvoir que l'Arétin trembla devant l'Enfer de Michel-Ange.

Il faut que les peintres vénitiens aient porté bien loin la magie de la couleur, pour nous charmer autant qu'ils le font , après

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