CHAPITRE XVI
DERNli^&E QUESTION &EI<ATIY£ A l'eXP&ESSIOS DANS LA PEINTURE ET DANS LA SCULPTURE.
. On ne s'étonnera pas que , de toutes le» parties de la peinture et de la statuaire , l'expression soit celle qui nous occupe le plus long-temps. Tout Tart est là ; le reste n'est que du métier ^ dans lequel , avec de la patience et du travail, on fait des progrés plus ou moins rapides. L'importance que ce sujet a pris sous notre plume est donc jns^ tifiée. Nous ne parlerons pas du st)rie et de la vérité dans la composition sans qu'il j trouve encore sa place ; tant il est vrai que le peintre et le sculpteur ne doivent pas uniquement transporter des formes sur la toile ou en donner au marbre , mais qu'ils sont tenus à nous les offrir avec ce mouvement de vie intelligente qui semble péné^ trer ici-bas jusque dans le sein de la nu* tière.
RELATIVE A L*EZPEESSIOir. 8^
Une question assez importante , qni tient à l'idéalisme dn beau y s'est éleyée. Nous la trancherons dans le sens des partisans de celui-ci , mais par d'autres motif» que ceux qui les décident ; car nous n'exigerons jamais , de l'artLsIe , autre chose qu'une traduction fidèle du langage de la nature. Les avis se partagent sur l'expression composée^ c'est-À-dire , sur celle qui , dans une physionomie j est censée naitre d'un double sentiment. Sir Josué Reynolds , écrÎTain non moins judicieux que peintre ^tingué , croit au-dessus de la puissance de l'art de faire dire à la toile deux choses contradictoires i ou qui , si elles' ne s'excluent pas , seraient au moins diverses dans leur interprétation. Nous lui accorderons que plus d'un enthou* siaste a vu dans un tableau ce qui n'y est pas , et ce que son auteur n'a pas même songé à y mettre. La peinture a eu aussi sa dent d'or, comme l'histoire naturelle. On pourrait citer en témoignage le fameux tableau de VArca^ die, auquel Tabbé Delisle a consacré de fort beaux vers , sans l'avmr probablement j amais TU. Aussi avons-nous rencontré nombre de gens qui, dansleur tète et à l'exemple du poète
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français , composaient ce paysage tout aatfement qu'iL n'est en réalité. La fameuse Cène de Léonard Vinci a éprouvé nouvellement le même sort. £n procédant de cette manière à rexamen des ouvrages d'imitation ^ on y voit tout ce qu'on veut , comme dan» certains astres, et ta science du connaisseur se réduit à hasarder j avec quelque facilité, des conjectures plus ou moins probables. Nous n'admettrons jamais , dans les arts ^ cet illuminisme qui nous est nouvellement arrivé de la Germanie. Dès qu'il s'agit de leur laisser ou de leur enlever la possibilité heureuse de produire de grands effets i le seul moyen de mettre fin aux incertitode» est , à notre avis , d'interroger la nature et d'accepter l'oracle! si celle-ci permet aa visage humain de recevoir à la fois l'empreinte de deux sentimens > nul doute qu'mi habile artiste ne puisse , ne doive même les rendre identiques dans sa composition. C'est donc d'un fait dont il s'agit présentement y et le problème sera bientôt résolu.
Nous ne citerons pas ici , comme ane preuve péremptoire , la tête de Marie de Médicis ^ sur laquelle Eubens a mêlé avec