‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 62 sur 76 · OU GÉNIE · texte numérisé non relu

OU GÉNIE

siècles ( auxquels il conviendrait présentement d'en ajouter un cinquième ) qui se partagent l'admiration du globe policé. U t eût sans doute trouvé la principale cause de la supériorité des anciens sur les modernes. Les orateurs, les grands tragiques, les philosophes, les historiens, les peintres, les sculpteurs, les architectes de la Grèce, y étaient citoyens d'un état libre ; et , après les hommes chargés du commandement des armées , auxquels appartenait encore le soin de l'administration publique, ils en étaient les premiers personnages. Travaillant avec l'estime d'eux-mêmes, ils possédaient celle d'une nation qui leur devait ses jouissances les plus vives. Les Athéniens ont laissé^ après eux , de beaux monumens en divers genres , parce que le sentiment de leur propre dignité les a accompagnés dans l'exercice des arts et dans celui de la pensée.

Le siècle d'Auguste, dans ce qu'il a eu de plus élevé, a obéi à la même impression. Antérieur à ce siècle, Scipion , ce guerrier si remarquable par la culture de son esprit et l'urbanité de ses mœurs;.Liélius, aussi connn par l'affection de «e grand personnage qoe

Dans les akts. 245

par un goût fin et délicat ; Térence^ leur ami commun ; plus tard , Cicéron duquel le triumvir Octave , après l'avoir lâchement abandonné, disait lui-même à son neveu : « Vous lisez là les ouvrages d'un honnête » homme et d'un bon citoyen ; » Hortensius, son émule ; Atticus , chéri de tous les deux ; Salluste, dont les crayons fermes dans l'histoire, dessinèrent une époque de corruption à laquelle il participa; Tibulle, qui sut chanter ce qu'il aimait ; Ovide, qui, faute de gouverner sa riche imagination , ne fut qu'un trèsbel esprit; Lucrèce, regardé parles Romains comme leur poète le plus harmonieux ; Jules César ^ également habile à écrire, à parler, à gouverner et à combattre; Virgile, beau comme la nature et aimable comme elle; Horace , philosophe dans la poésie ; Mécènes, digne de protéger ces deux derniers , parce qu'ils trouvaient «n lui un digne appréciateur, se présentent sans contradiction sur le premier plan des lettres latines : la république les réclame presque en totalité. Nourris dans ses mœurs non encore abrogées , ils ont vu le déclin de cet antique sénat qui, trois siècles iMiparavant , mé)?ita d'être comparé à

246 DU GÉ*ï«f*

une assemblée de rois ; quelques-uns coâ^ nurent le grand Caton etle second desBrctus ; la majesté de R6in« fut 'à tous présente; le chantre d^Énééla cëlt^ra dan» > dés vers où respire encore la fierté de cette puissance destinée à engloutir les plus vastes- nionarcbies.

Quant à ses- artistes, nous ne pouvons guère en parler. Eh majeure partie ils sont Grecs d'origine; car, mettant à toute Icnr valeur les descriptions d« Pline le naturaliste quoique les statues fussent assez comnranes à Rome 'avant lès conquêtes <lè rAsic-, jlfant reconnaître que le bon goût - s'y introduisit seulement avec les cHefs^d'ôeuvre- étranger»; et quant aux productions qui virent IcjoM en rtaHe, on estassezd^accordpour ne distinguer que celles qui parurent sous les empereurs; encore les attribue-t<K>n' à des esda* ves ou à des affranchis; •

Le premier jet en bronze eut* lieu dans le troisième siècle de la fondation delà vOle, à l'occasion dé la mort dé Càssius-Viseellipus- Spurius,* condamné consme aspirant à la royauté et dont les biens furent ' Anployés à bâtir, par. forme d'expiation , un 'temple à

Page 1