‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 63 sur 76 · DANS, LES A^TS · texte numérisé non relu

DANS, LES A^TS

la Iftre dont il avait proposé le partage. L^ statue de Cérès qu'on y plaça, fut un essai , sans doute grossier, de l'art de la fonte. Un siècle, après, le chef de Sa célèbre maison des Fabius ^ introduisit dans ^ Rome la peinture, abandonnée ensuite ad.es mains mercenaiires , ^% qui ne retrouva de lustre qt^e. pendant le gpuyerneiuen|: de, Jule^ César, sous la dictature duquel on Itu confia Je^qin. de décorer les édifices ppbUes., à l'instar du Pc^cile d^Athèneç. Le mépris qui y fut encore, attaché, même 4^n^ d^s. tépoques postérieures , ayant détoui;né les^hommes d'une condition libre de l'e^çrc^çe de cet art, nou$ nous croyons aut9f^és:àdirç que, le. siècle d'Auguste., si ^upÀeui^iidazi^ l'iustoire de^.n^t^^^^ tire, en. graA^^jpa^ti^:,^ son éclat dçs personnages déj^^cités^ et qu,'à beaucoup d'égafds il brilla des derniers, reflets de. la^ répi^blique expirai;ite«

X régfrddjE^ sièclfL de Léon X , nous ob-r servons^que^c'est prinjçipg^lement par les artistes et les. gen^. de, lettres qu'il fut recommandable , et nous n'oublifcons pas queleur caj^actère se ressentait de l'indépendance dont j ouissaient , ou a vaienJt . nouvellement j oui ,

plusieurs petits états de l'Italie. Mécontent du Saint Père , Michel - Ange se retirait à Florence , d'où il bravait le courroux papal. Rappelé à Rome, presque par négociation, il y était traité avec des égards dont le pontife - roi était bien plus économe envers les tètes couronnées. Des anecdotes nombreuses viendraient à l'appui de ces mœnrs attestées par les mémoires du temps.

L'ère de Louis XIV offre une réunion plus complète de sujets éminens dans divers genres de mérite; nous ne contredirons pas, en cela, l'abbé Dubos; mais nous ferons remarquer, à ses lecteurs et aux nôtres, qne tout ce qu'il y eut de plus excellent dans ce siècle avait conservé une teinte de la ligue, ou du parti opposé qui en triompha et entra , soit par son adhésion, soit par sa résistance, dans la guerre de la fronde. Les noms dn prince de Condé, du cardinal de Retz, dn duc de la Rochefoucauld, d'unTurcnne, d'un Chateaubriand , d'un Lameth , s'offrent ici d'eux-mêmes à la plume. Avec la conscience de pouvoff quelque chose dans les éfaires de son pays, chacun se sentait plus d'énergie et tendait au plus large développe-

BKJiS LES ARTS. .a4g

ment de ses moyens naturels ou d'emprunt. Au défaut d'institutions, qui donnent une patrie , le courage s'enflammait par des éventualités, et les oscillations même du gouvernement permettaient à toutes les ambi> tions d'y prendre leur place en esprit. Ce sont des époques où les hommes deviennent ce qu'ils peuvent être , où quelques-uns essaient plus qu'ils ne peuvent^ et où personne ne reste au-dessous de ^ destinée. Trois écrivains ont principalement marqué dans ces annailes de gloire : Corneille , qui ^t Romain dans ses tragédies , comme on l'était au Forum et au Câpitole; Molière et La Fontaine, dont la philosophie n'a point encore été surpassée parmi nous. Si nous avions le droit d'assigner les rangs aux productions du génie des peuples, nous nous permettrions peut-être de dire que le Tartuffe est le chef-d'œuvre de iVsprit humain , comme les fables du naïf ami d^piadame de la Sablière sont le chefd'œuvre de la grâce, £h bien , ces trois poètes, au sein d'un état despotique^ ont professé une véritable indépendance d'opinion , qui aurait quelque peine à se manifester aujourd'hui. Le premier la tenait de son caractère ,

2&0 DÛ ùÛpt%

le s9ÇG^iHi A^^ ^Vj à. force. d« laient, pat rol>tei^ir4uinpn9rgu^ ; et le dernier U der ysii% à sa pares&ç d'esprit, UnjaHtrf^gçDi^de liberté iiH^imfic.<l^« ai>,cien^ s'était eacore créé à,U sivU,df^c^ tea^pf osseux», etdonjia à.qn^lqxifi^ â|ne^> ardent^ tQuteU^ fierté rér pubIsicaiQev x^, Ait l'éloquea^^ de, la cbaÎKi Ce. que To». a^p^uvMt^ diris au^tpaissapces du jsièqlQ ^pi .ntoiiu: d« «U teri« « on . le . leur iair sait : en t994]!^ «H Qpm . du ciel. Plusgrand que son roi ^ riobUgeant à baisser un front' ba-< nûlié, K tenant presque; à la. torture, on prêtre de village jetait , dans les . oreilles les plus superbes., les. plus, sévères menaces da chrtstianiaiEae^ On. sent > ce. qu.'iin. tel. droit dontkaii: de«forceAu.^énieeid« queleffeide vail être la* voix. dktU' Bossuet quand^ roo» lant ayec nMJesté /sous la vouÉe das^ tçmfdes, elle y semblait. le.> terrible, avant -> conreBC d'iHiejuftticeÀ laquelle il sera indifférent cpie le coupable, ait eu, pour domicile* i|k|>alaia ou une.obBunti^De* Massillon.: pnisa dans la même souijce.sess éléaoïens; d^ siicf3è& Xrai-: tant , divers sn^'ets ^ même trosT^déliçats , il fut si peu. gêné dans. ses r^chercbes de: la vérité , que. nous ne savons . encore. s*il y a

eu de sft > part < beaucoup de courage 'k^ln dire;

Ce» moAift (dféuergie ont: suppléé pendant un; tempSi à 4 'absence des »libei«téi «ptublicpies ; puis^ ils^eeoiiiti afStiblisjeC ont l9issé retomber* la nalàondansiune sorte de «stupeur*; ensuite y Ters la . fih, du j dernier siècle^ une force non^ ▼e^e y en agissanjt'cbns un espace' plus étendu y a. provoqué lemottTementfquidurè en*"^ core*. ËUe noua oceupera ' qnand' le mom^ent sera venu de déterminer» lei caractère précis* de^ cette cinquiènie ère-, non -moins remar-^ quablei que toutest les autres , et qui' a mis' enrjourîune foule i de taièn&, dont on essaie-rait^en vain: de contester- Tëxi^tcnGe^

Nbn^ ceine*sont (pas* des variations atmosphériques ^qm^ Hnpéch^nt- dé paraître les gran^ hommes 'et lès^grandâf artistes. Il im^ porte siàrenent quoleterrain de la nouvelle RomeTecouvre, de vingt ou trente pieds.,' celuide rancienne , que par- suitede oc remblai, les sepfccoUihes*d'*Oïi partaient des or-' dres pour runivers> aient semblé s'aplanir, qu'une -partie dès aquédùcs- soit- obstruée , que la grande' cloaque* du- vieu« Tarquin ait reçu des dommages préju<^iables à son

i5a BU GiÊiriÈ

cours f que même les marais Pontins , pmés de la calture qui les assainissait , contiennent une plus grande quantité d'eaux stagnantes qu'autrefois; tout cela, en altérant la qualité de l'air, ^eut intéresser la santé publique; cependant il nous semble que iesiegistres des décès et des naissances , le teint , le caractère de physionomie, la belle stature des habitans , les superbes épaules des femmes romaines^ la conformité de leurs traits avec ceux que l'on retrouve dans les tabieatix des trois siècles antérieurs , atténuent beaucoup ces inconvéniens physiques, relevés par l'abbé Duboi;. Certes il leur fait une part trop grande dans rexhérédation de l'Italie moderne, et il oublie trop aussi faction bkn plus positive des gouvemeiiiinjl^iir les mœurs et l'influence incontestable de ces derrières sur le géme. Ces déductions tirées de qoelques causas locales, qui sont encore un problème , renferment un matérialisme déguisé et étent beaucoup trop à l*bomme , ^n le livrant comme uiite «impie végétation à l^ciftpire des météores. Pour notre compte, dans l'intérêt de la dignité de notre espèce, naos n'acceptons pas des calculs fondés sur cette

DANS LES ARTS. a53

base ; nous aimons beaucoup mieux rapporter Tapparition des grandes âmes qui illustrèrent ce sol classi()ue, à des institutions telles que celles des comices , d*une tribune aux harangues, des fêtes triomphales, des droits de cité, et d'un culte qui promettait l'empire du monde à ses sectateurs. On coni^iendra en effet qu'il y a quelque différence entre des légions rassemblées sous de tels auspices , commandées par un Fabricius ou un Paul-^mile , entre le spectacle imposant de leur retour au milieu des acclamations publiques prodiguées à leur courage, et le gouvemement de quelques sbyres sous Tautorité. d'un prêtre , fort respectable dans l'ordre des idées religieuses , mais qui n'a pas seulement le droit d'exciter l'enthousiasme de sa propre nation, sans déroger à la doctrine dont il est le premier ministre.

Nous n'avons pas encore entendu que l'on adressât un reproche d'altération au climat de la Grèce, et d'insalubrité à ses ruines : cependant la question est tout aussi entière dans le Péloponèse que dans l'Italie. La dégénération morale des habitans y est même plus sensible. Un généreux effort vers l'af-

254 DU oéviB

franchissement vient d^étre tenté dans les champs im Ves jouritées de Marathon et de Platée apfHrirent, il y a vingt^qnatfesièdes, ce que peut • la force de Quelques : hommes qui ont une patrie, contre rirniption d% miilion de barbaites^ qui n'ont que des nôtres : puisse cet effort • ne fMs être eonptê parmi les songe» qui «nt c^rméruniosunt notre knaffination^as&oupie et :que Ton àtsxche Tainement au réveil I Les Ck*ecS' modernes nesontpas des Miltiades fit des I hocions; nous le savons : mais souivent* le -suocès' suffit {x>ur retremper 'les ^Ames J JLeccMiFs^e de rêver l'indépeildaBce ^es t déj à «n < pas vers l'hènnéikr; c'estTquedl«i|ue4>lm^qu'impeiiple ne se sente pas lait'potiiv les ^ fers ^ ceux-ci •tombés ,<îquk sait'si l'4r«io<u»4Le<^lai^eife se -rappellerait pas^ les ^-ertus qui4a 'CwaserYeat? admis ài une telle «supposkton, aousserioas «enei^re peu étoenési iqu'^n^ sprtant de l^ paossière>de ses "loilife^Aiimy vl'aodque Athènes rvit itmaitre ,r;dans sa* j^utie £EMnille y le géaie de ses artistes* et kes sentÎRieHs, élevés de -ses ^ages.' Aux uns ne ^mai^uerAÎt^ç ie jnaihre dttittont Pentély^qflM^ 4^:peiit-étre'r^raax)i{ae- -itokis-nous i ai^ecrun- ^Qi^pii^^ {fo.iÉI't 'kSi «oti^»

DANS 'LES AUTS. 255

que les fosses du cachot où rt^buraît la cigiie tie sont pas cncote comblées ! mais qtr'importe ? * dût-ôn tuer ' des ' Soëra tes et forcer des Phidias à se réfùîgfcr en Élfde, héareusc*encore la terre qui les Verra uîiftre! le ciel ne Ta pas regardée dàhs toute sa tîguéur.

Si on attendait des Grecs de nt)sr jours des chefs-d^œiivre i^areils'à Ceux que vitéclofe le siéèle de Périclès , si on s*ét6nhàit que les ihémes stîmulans du clîinat et de la tempé- Tatttre, t^tijôtirs en afcti'tité , né "^prbdtiisissènt'pas les'tiaémes felfiéts ^ ainsi ^Oii* lierait Vititdttsé et se le ïirtrtnèttre -dans-les principes Tile raftbé Btihfos, ^Ous l^pftttdrftths qu'av^t ae''rtèn»stàtder^sur cette -matière, il Ncddvié<îdrait*#ehtdiirèr*res Hélènès^«es ac- CeiléHh^s au WHiéu dc*^ëls ^le 'g^ie de 'léùrs^îllttit^s^âevahcièrs Iprît^iôn essor. Il «fàuds^it, *tànt tdtit , fétu:' réndl*é^ leur -gtou- •^^'etnctoent y lédrs1«iagfetrats , léàr àtê&pàgt^ i^WiT'fcuke ^lèiSrs féies ,îètlrs'Jëux istïWifrî^es •et ^l^hy^iii^ttes , leurs témpleâ^t leur liberté ! alors pen'fr'étrc»,^ -et 'totgré ^» mïgrôtiôhà des ^arts , dont la liâfilre jgrirâe quelquefois- pour ^e-t»éme le ^ys«éri(>tix"àècret , ^h' pd^tUràit

l56 DU CKNI9

lenr demander ce qu'ils ont Êiit de leurs Zeuxis, de leurs Phidias^ de leurs Platon, de leurs Pindare et de leui» Sophode? jusque-là les reproches seront sans motiâ; car il n'y a nulle identité entre un peuple libre, sous la forme de gouvernement qu'il s*est donnée, et un peuple qui a perdu ses institutions. Autant vaudrait , dans un sens opposé, paraître surpris de -ce que les Français de ce jour ne réservent plus leur estime pour des distinctions chimériques, comme ils le faisaient dans l'ancienne monarchie. Cessons donc de nous en prendre au thermomètre quand les nations sont déchues de leur grandeur primitive; cessons de demander des statues et des; poèmes à. la terre d'Homère et de Pra^dtèle; cop tentons -nous pour le moment qu'elle porte des hommes; autrement les vestiges de Sparte et d'Athènes, pillées tour- à- tour par les Romains, les Mahométan&et les Anglaisy.les tronçons des colonnes de beau marbre de Psœos, sciées pour en faire des meules à écraser le grain, les propylées à moitié enfouies sous tes décombres de la citadelle , les rives du Céphise et de l'Eurotas privées dç leurs autels et

t>AKS LES A&ÏS. Tt&yj^

ûe leurs ^tiques ombrages, nous crieraient, dans leur mélancolique éloquence : « Voyes^ » nos ruines et respectez le malheur 1 »

Comment les arts , en effet , n'eussent-ils pas prospéré dans la Grèce , où ils se liaient à la fois à la religion et à l'histoire nar tionale, unies elles-mêmes d'un lien indissoluble; où une statue excitait des transports d'admiration à l'instant qui la voyait placer sur les autels; et où la beauté, tant célébrée dans.les écrits des poètes et des philosophes, prenait des formes que pouvaient ceindre les regards d'un peuple , heureux de verser enfin tout son amour sur des apparences palpables et sensibles? Une Vénus de la main de Praxitèle faisait la fortune d'une ville ; un autre ouvrage sorti du même atelier méri^ tait que , pour le conserver, on le préférât 4 Taffranchissement d'un tribut onéreux. Nous sommes forcés de reconnaître que ces cout ditions de succès manquent aux arts en France; nous ne souhaiterions même pas que notre attachement pour ces aimables consolateurs de la vie humaine prit un tel caractère d'ivresse ou de délire; mais de ce dernier à une protection judicieuse , il y a loin .

II

îl5B" ^ GÉNIE

Poar left'«neoni*ager , il fàutsles connaître : ce n'est pas- assee que d^àvoir des artbtes; il faut leur former des spectateurs, et ceux-ci nous manqueraient bientôt- , si le système adopté par quelques hommes comn» moyen de gouTememeat , finissait par préraloîr en France^ Nous avons énoncé dans un'd&nos derniers écrits ^ notre opinion* sur leslnses' d'une éducation nationale; notre |ilRit ne nous permet pas de traiter ici ce sujet qm veut une méditation profonde; il nous snf" fira d'observer , sub. cette x>age , qu'il etf dans Fin térét dès gouvememens dé propager dans une grande réunion dliommes^ Tamour des arts et les connaissances nécessaires pour les apprécier, ne fût-ce que pour donner un aliment convenable à Tactivitédes esprits. Cette marche indiquée par l'état présent delà société, est die~mème la plus favorable à la morale. Sans servir celle -ci, on perdrait et la peinture* et la sculpture, si on s'ôbsrtinait à^ ne -vouloir placer sous les yeux

' La France telle quon V^l faite » ouvrage puUîé il 7 a dix-huit mois, et auquel la marche actuelle des affaire* rend tout le mérite de U nonveantc et de-Tà-propos.

DANS LES Ai^tS. !2^(J^

des femme|s et des enfans , comme on le fait^ depuis quelques années., qiie les^ ay^ntiirei^ galantes de nos rois, les histoi^^s, de la Légende et l€^. supplices affront^ par le. zèlQ du prosélytisme.

On npu$ objectera , et nous serons forcés.

de recpnijLaUre , que d^ tçj^ siye^ts ont long-.

temps su^, ^f^. Italiiç , pour y, excitçir letar

lent djes artistes, et l'enthousiasme des spec-,

* tateurs : nous répondions q^^ les idées rp-

^ Ugieuses, il y a trqis et quatre siècles 9. ag^s-

s^ient ave^ d'autant p)f^; de Fiuissai^çe su^

les tètes italie];in,es qjue^ d'une p^rt, df|ns^;ej$t

p>^ys , le trônei était Ép^4^,s)'*r Ta-i^tel, Qt que ,

de l'autre , les, desti^i^ées de 1% civilisf^tiji^p ter

naient, s^cextaîus, égaras, au succès du christs

I tianism^ Il s'a^ismdf ^W^ ^^ spi^strair^ l'es- ,

' p^e hufi^aio^.à rQ^gf^cbie f4pda)e ; ■ I^.r^^i-,

' gipnse.n^n^a comm<^ pjifpj^ectirice du droit.

commun, et l'q^ . se jjcta entrée s^6, bras. I>'>aMh

leurs, comme i^iuS; V^ypns déjà rem^^quc ,

ïam^e< 4*ay:&ii^ une patrie à laquelle il fût.

doui^des^ dév.pii^r., on se pl^i^aitencorieau,

sp^çtaçlç des sacrifices doi>t 1^ autre senn-

ment y égalenien;, (oçt,, ppi^vail^ in^ppser To-

bligation, A plai^^e <fens Iç présfenli, on sç

a6o DU CKNIE

réfugiait dans l'avenir, et au milieu des fti" nestes écarts d^un pouvoir qui ne saTaitpas rendre les peuples heureux , l'abnégation des néophites dut prendre un caractère de grandeur. C'était un beau moyen de se soustraire à la tyrannie de la pensée; il fut adopté, il dot flatter les yeux dans sa plus simple image. Aujourd'hui cette abnégation , manquant des mêmes motifs^ ne sortirait pas aussi pnre d'un examen approfondi.

Branche parasite de l'arbre religieux , la vie solitaire , en honneur dans les premiers siècles de l'église , n'a porté que* des fruits d'égoïsme. Il est vrai qu'elle ne pouvait guère fleurir qu'en l'absence d'un système social. Les nombreux martyres de la même époque , retracés sur la toile, ont peut-être encore l'inconvénient de montrer la vie présente sans cesse immolée an seul bénéfice de c^lui qui s'en dégage comme d'un pénible fardeau. On y voit trop l'homme occupé de lui-même. Plus sa foi est vive , plus est décidée la personnalité de Polyeucte brisant les idoles. Quand nous voyons les cieûx toujours ouverts, la couronne toujours suspendue sur a lête du patient, quand il peut contem-

DAirs L£S AlVTS. Sl6f

pler les chœuts des anges qui viennent lui ceindre le front de leurs palmes immortelles, nous nous disons que difâcilement de telles main^ travailleraient au bonheur temporel des hommes. Dans leur richesse réelle ou imaginaire, ces néophites ardens ont foulé aux pieds les avantages accordés par le ciel à leurs compatriotes , à leurs amis et à eux-mêmes : Comment voudrait-on que , n'attachant au-cun prix à ces biens périssables , ils songeas^ sent a embellir leur ville natale , à lui léguer des souvenirs de magnanimité , à donner de Textension à ses arts et à son commerce , ou à la doter de ces monumens faits pour rappeler à la fois le malheur qui afflige , le bienfait qui console, et la reconnaissance parla'» quelle tous les deux sont honorés ? Morts à la célébrité périssable de la terre, ils doivent en étouffer le déisir dans le sein de l'artiste. Si ce dernier croit au mérite du saint qu'il est chargé de faire revivre , que ne prend-il un cilice et que ne va-t-il dans le clcjître expier , à son exemple , les erreurs de sa jeunesse ? Dans le cas contraire, quel, feu mettra-t-il dans sa composition ? comment exprimera-t-il les rudes combats d'une vertu sans

ft6a I>17 GÉNIE

aucQii^pvi;^ à ses yeux ot, comme Sebastien Bourdon, ne sei^-tril pas, exposé à se mcn quer avec scandale ' du héros doi»t il s'est fait le chantre et le troaupette^

En traiunt de6,$ujaft& nationaux , chose à laquelle Horacer invite » datis son art poétn que, les Ronain^tdfi sor tenips , nos^ artistes s'adressesaient à'dea intécèts d'une pto lon< gue durée. Il dépeaid d'eux d'éterniser, des souvenirs, qui nous son^ Ghei« et que les seuls amis du. pouvoir absolu voudisaient voir dé^ vorer parlQ temps é Dans quel tableau nous a* t*on montré la verUi stoïque de Bailly tprét àsii* hirle su]^lioe? QiielecayonJious a représente! madame RoUand KépondanJb avec, noblesse à la convention qui Tinterroge ?- et ce b«aa mouvement d'enthousiasme qui anima , dens un jour>célèbre> les. mandataires delà France, assermentés autour de l'autel de la patrie, périra-rt*il faute du pinceau qui lui avait été

« Séba»l4en I^urdon , artiste, jm|em«nl. Eenommé , ( t principalement connu par son beau Crucifiement de saint Pierr* , fut chargé de faire six tableaux pour 1 église de Saint-Gbrvais ; dès le pronûer on le pria àe 3 arrêter. Dm» pbHMOtevies ^u il se permit dam u» café , obligèrcot à lui retirer ce travail. Le même a. composé des paysages vstimés tt pleins de verve.

DAÎfS LKS A aïs. î6S

promis et dîs la, £éte qni deraiti en consacrer la iBiéittoire?

Les artUies ne saurent pas jusqitoù vst leur ponvoir; ils ne se doutent se»leni^nt' pas die: rinIhDence qu-ils pouiraient' exercer sur les destinées.de leur pays. YoyeK les suceè^ deMM^ lojgiénéjial le» Jeune^et Horace Yeraet! ceeteS). Ififors tailens entrent pourbeaiieoup dans 1» vogue dont ils jouissent ; m»is»iln'jeii':efÉrpas jaAias vrai cpie<ropinion le»r tient: compta: de TeiBpkïfc. donnée par leuA ànie: tcuMe) iw9»q9à6e , à , ïeuts. pinceaux^ Si Ifis , cHet^s 4^: Véc0ke ^ auxquels^ la gl oire nat^ tio«ale nfest pas^ nmaa: chère qu'à eux. y avaiieiii ég^toftent le courage de lùii dévouer lew» veilles. ,. n'en doutons pasi, i^^ëP^^^ssi'* raient oe torrent de la pensée qui , pareil au Nil , ne couvre un instax^t le sol d'uu pagrs que pQur y dé^poser des germes, de fécondité. IVôHS, ne nous tromperions pas en procfairaanrt d'avance le^Aceès de .cette' sainte ligue de tous les hommes Uvcés au oulte des muse» ,.soili qu'il» attaquent le marbve avec puissance » pour y faire eatver des* pensées^ soitq«R, mettant-!» toile on perspecttvie , ils nouft jr paolei^ avec des coulenrs, ou que

a64 i>t7 Gi.tfi% .

dominateurs souverains dans le langage ac* centué , il donnent une noble expression à de nobles sentimens ! c'est à eux tons qu'il appartient de résoudre le {Problème dasiède, et de nous apprendre si trente millions d'hommes peuvent avoir une patrie. .

Noi^ n'ignorons pas qu'un tel mouvement aurait un résultat plus prompt et plus henreux, si) sage pour lui^naéme, le gouverne^ ment , en le favorisant ,. acquérait le droit d'en régulariser la marche. Ce concours da pouvoir et de l'opinion, et cette simultanéité d'efforts dans l'intérêt commun, ofiriraient aux yeux du philosophe un spectacle tonchant sur lequel nous n'arrêterons pas trop long- temps la pensée du lecteur , prêt à noos demander , sans doute , si nous n'avons pas oublié que nous n'admettons point l'existence du BEAU iD^AL. Cependant nous ne quitterons pas ce sujet sans consigner ici une réflexion qui, pour nous, est la vérité même. La lumière 'morale d'un peuple ne se refoule pas ; tout au plus il est possible de l'éteindre à son foyer; mais ce foyer est partout vajourd'hui. Envain prend -on des mesures pour diriger, en sens contraire de l'opinioni

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