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£11 réduisant le prix des bons tableaux, en élevant celui des leçons dans les ateliers, on obvierait à un double inconvénient /celui d'avoir une école sans spectateurs, et trop de peintres sans acheteurs disposés à leur accorder un salaire honorable.
Pline raconte * que « Pamphyle rendit une » grande considération à Tart de la peinture , » lorsqu'après avoir demandé un talent atti- » que pour ses leçons, il exigea que ses élèves » fréquentassent pendant dix ans son école. » C'est à quoi Apelles et Mélanthus se cohfor- » mèrent après lui. Il arriva de là qu'il n'y eut » que les enfansdes parens aisés et les jeunes i> gens de naissance libre qui s'appliquassent » à la peinture, comme , en général , il était » interdit au^ personnes d'une condition ser^ » vile de cultiver lès arts d'imitation. »
Qui tient ce langage ? c'est un savant aussi connu par ses idées nobles et philosophiques que par sa vaste érudition. Qui les répète après lui? c'est un homme né pauvre^ enthousiaste des arts , qui a consacré toute sa vie à l'examen de leurs chefs-d'œuvre , qui
* Liv. xx*y» cb, 10 , § 36. '
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en a propagé le goût parmi nous ; 6'est Winckelmann I De telles opinions chez de tels écrivains ne peuvent être suspectes; on ne les accusera pas d'être illibérales. A U vérité , l'âme naturellement fière de Falconet ne les a pas adoptées ' ; mais il est probable qu'éclairé par ce qui se passe sons nos yeux, son sentiment admettrait aujourd'hui quelques modifications.
Nous savons que la grande révolution dont les commencemens appartinrent , il y a quinze siècles, au christianisme, étant aujourd'hui consommée, par lés soins de*la philosophie souveraine dès deux hémisphères, tous les hommes sont de condition libre f tous se présentent aux yeux de la loi avec les mêmes droits à exercer, les mêmes devoirs à remplir ; ainsi , grâces à la Providence , une des restrictions portées, du temps de Pamphyle, à l'exercice des beaux-arts, n'existe plus. Reste à examiner présentement si le maintien de l'autre leur serait nuisible on avantageux : quant à nous, notre opinion est qu'à la
■ Remarques sur le 35*. livre de Pline , note 57, p. a^p» tome V'. des OEaçrcî diverses de Falconet.
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réserve de quelques gàiies supérieurs , sortis d« la classe indigente et qui trouveront toujours le ^oyen , de façon ou d'autre , de manifester leur aptitude y il est bon qu'une oarrièré, où les études sont longues et où les réputations ne s'établissent pas tout à coup , ne soit pas parcourue indistinctement par tous les sujets ; il est m^me à sojihaiter que , tranquille sur les besoins matériels de l'existence , l'artiste puisse ajouter en paix , à la pratique dé son talent , les eonnabsances accessoires sans lesquelles il ne s'élèvera jamais à une belle hauteur de conception. Nous ne pouvons nier qu'une foule de jeunes gens sans fortune , et absolument illettrés , ce qui en est la ^conséquence fâcheuse, suivent les ateliers des peintres et des sculpteurs de la capitale ; encore s'ils se proposaient de s'attacher aux états mécaniques, après avoir puisé, dans ces écoles, les premières notions du dessin ! mais il, n'en est pas ainsi : témoins de succès plus flatteurs , ils sont bientôt ani<^ mes d'une autre ambition. On ne peut leur en vouloir d'ouvrir leur cœur à de vastes espérances, ne fus^n^t-elles que des illusions trompeuses; tant.bienqaemal, ils continuent
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à promener rébauchoir sur Ja glaise ^ et pâncipalement le pinceau sur la toile. Quand on ne sait' oue faire d'un jçune homn^e , on le destine à la peinture ou à la sculpture, par suite des facilités que l'on trouTC à lui donner cette direction , et Ton ne s'aperçoit pa« qu'en agissant ainsi , on se comporte comme si , dans le désespoir d'instruire son fils , on père de funillé disait qu'il se propose d'en faire un poète ou un orateur. Certes , les Trai& intérêts de l'art ne -veulent pas qnc celui-ci tombe entre de pareilles mains.
Les artistes, de leur côté, méditent-ils a^ez leurs sujets ? le choix qu'ils en font est-il toujours heureux? c^est ce cpe nons ne croyons guère. Pressés de confier à la toile la première idée enfantée par leur cerrean, ils ne songent pas que, dans la peintore comme dans les lettres , un sujet demande à être examiné sous ses diTcrses fiices; qne l'ordre y est indispensable , que l'action doit s'y expliquer sans effort, qu'une intention fine, noble ou gracieuse en doit être le motif, et que les parties dont il se compose ont l'obligation de s'y raUiee^ors même qu'elles semblent s'en éloigner le plus. Ainsi trataû-
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lait le Poussin; ainsi l'on formera le goût d'un public, insulté par les artiste»,- quand ils se bornent à lui offrir la représentation , vraie, si vous le voulez, mais en soi indifférente, de mœurs qui n'ont ni le charme dfun sentiment naïf , ni l'intérêt d'une pensée profonde. Lès détails de la vie usuelle peuvent plaire, et lious n'en repoussons pas KiÉiage ; nous nous bornons à désirer qtt'ac^ cessoires aimables et indicatifs d'un tableau, ils n'en soient jamais l'objet principal, p On se plaint du mauvais goût des- spectateurs*; on répète que , dès qu'ils se plaisent à ces choses et qu'ils leur prodiguent leur admirsition , il ne reste en .cela qu'à les ^ tisâive. Nous appelons de cetter injuste smtence; les- groupes de-passans arrêtés siu* les quais et les boulevartâ , devant .tout ^jet qui à un véritable intérêt de pensée , déposent de la calomnie. DiVérs exemple* prouvent encore tous les jours que , chez nous , il est peu difficile de fixer ou de se créer un public. M. Horace Vemet y a merveilleusement réussi. II a parlé à là gloire de la nation , et il a été entendu ; il a iraconté de grandes infortunes, et le cœur humain l'a
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écouté I ! Pourquoi s'obstinerait-on à Tonloif amuser un pays avec des contes d'enfiuiSi quand les. esprits y sont tout préparés à receyoir une. nourriture plus substantielle ? La peinture et la sculpture, conune arts de laie, mais en même temps de haute civilisation, doivent à la société de placer sûus ses yeux ce qu'il y a de plus parfait dans les formes, et de plus excellent^ dans les mœurs» Le premier devoir d'un artiste sera donc d'apprendre à choisir ses sujets, et à les ennoblir quand il lui aura fa&ii les accepter. «
Nous demandons grâce pour les noms recommandables échappés à notre plune dans ce chapitre,^ Ils sont encore nombreux; mais nous voulions, nous devions même -
' Sunl lacrjrmm rerum et mentem mortaiia tangtuu*
iËHSlB. lik. m.
' Qui n'aura présent à la p«nsëe, et presque sur le» lèfro, ce beau vers de Virgile , en voyant le tableau embléo»' tique où M. Horace Yernet , après avoir arrêté , uir la tombe d'un général, de fidèles compagnons d'exil , j *p* pelle aussi l'hommage des braves que moissonna, avant lai, la faux du trépas? Dût cette composition réveiUer onl^ souvenir de l'Ossian de M, Gérard , nous ' tiendrons tosjours compte 4 son auteur du charme de mélancolie «pi^ y. a répandu.
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€lter et nous ne pouvions faire une liste générale ; encore moins avons-nous eu la pré^ tenlion d'assigner des rangs. Si nous exceptons' quelques réputations plus éclatantes , qui ont d'abord fixé nos regards , notre nomenclature n'a eu d'autre ordre que celui de nos souvenirs du moment; en nous piquant de quelque exactitude dans cet inventaire de lios ricliesses, nous ne saurions nous dispenser^ d'y comprendre encore nos graveurs célèbres. Certes , MM. Richomme , Desnoyers, Massard (frères), Laugier, Lignon ; Bacquoi , Muller, Thiollier, etc., méritailsnt d'f paraître, car le burin est un puissant auxiliaire du pinceau ; il est fortement à regretter que ce bel art de la gravure ait ét^ ignoré des anciens : nous ne sérions pas réduits à juger par conjectures du mérite de leurs grands peintres , si le simple trait de leurs tableaux nous était resté.
DE x'aB.T