‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 71 sur 76 · MUSEE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

MUSEE BRITANNIQUE

Si les arts libéraux acquéraient jamais un certain degré de splendeur en An*gleterre , comme la liberté elle-même, ils y deviendraient un monopole. Ce peuple semble fait, par sa position, pour les jouissances exclusives. Son commerce, çon industrie, sa bravoure et jusqu'à ses vertus, pèsent sur l'espèce hufoainé. Heureusement le trident de Neptune n'est pas devenu dans sa main le sceptre dcfs arts , car après les avoir importés chez lui, il en eût effacé la trace snr le continent, ainsi qu'il a enlevé le bel édifice de l'abbaye de Jumiéges aux solitudes normandes , pour en relever les débris sur son propre sol. On n'imaginerait pas combien de statues , de bas-reliefs , de beaux marbres antiques et de tableaux de prix , depuis vingt

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«ins , ont été entassés à Londres et dans les châteaux des lords» On vient acheter ces chefs-d'œuvre dans les diverses contrées .de l'Eorope , on les pye souvent au poids de l'or, mais ce n'est pas dans l'intérêt de l'art. Peu de curieux, encore moins d'ar- . listes iront les étudier daiis ces galeries d'outre-mer; peu en auront le libre accès. Un musée est uniquement , pour la Grande- Bretagne , le luxe de la richesse et l'orgueil de la possession ; à certains égards ce n'est même qu'un calcul : on est bien aise d'y avoir sous les yeux des valeurs qui ne peuvent décroître. Voilà à quoi nous rapporterons la résolution, plus d'une fois manifestée par ces amateurs exotiques , de n'acquérir que des productions anciennes dont les prix sont consacrés dans le commerce. La noble générosité de M. le conîle de Sommariva , t)ccupant nos peintres , recherchant les œuvres des sculpteurs modernes, demandant une pendule à Bréguet, un tableau à Prud'hon, une statue à Canoya ou à Bosio , ne serait pas comprise à Londres. Là on n'encourage le génie qu'après sa mort , parce que ce n'est qu'alors qu'il a toute son appréciation.

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C'est Barème appliqué aux muses et donnant un tarif aux grâces.

On peint cependant à Londres, et le genre auquel on s'y est attaché n'est pas resté sans succès. Quelques artistes, tels que Hogartb, West , Reynolds , y ont mérité de rcstimej le premier pour l'expression populaire et .énergique de ses figures ; le second pour la ressemblance frappante de ses portraits ; et l'autre principalement poUr avoir tracé les meilleures observations pratiques qui jusqu'à présent aient été publiées sur l'art; cependant nous ne croyons pas que la Grande- Bretagne parvienne jamall à avoir une école distinguée en Europe. Quoique Tune des moins connues , celle d'Espagne est infiniment supérieure à celle de Londres. L'oeavre de Murillo , seule , l'emporte sur tout ce que le pinceau anglais a produis depuis trois siècles.

Inhabiles à ordonner de grandes machines, à y semer des groupes , à les faire entrer dans une action principale et à mettre leurs tableaux en perspective, les peintres de cette nation «'exercent par préférence dans le portrait et dans un genre de composition

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