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gracieuse, auquel se prête admirablement la. Vie douce et sédentaire des femmes an^ glaises. Sous le ciel nébuleux d'Albion , les enfans et les jeuiSs filles brillent de fraîcheur et d'innocence : les uns ont Taimable naïveté de leur âge; le pinceau dote plus richement les autres des grâces de leur sexe, que les miss et les ladys ne les possèdent en réalité, du moins si nous en jugeons par les voyageuses que le paquebot dépose chaque année sur nos rivages. Quelques artistes ont réussi à donner des expressions charmantes à ces physionomies. Il faut reconnaître qu'en cela ils sont aidés par les mœurs* du pays qui permettent de représenter une jeune fille, une jeune femme, dam des attitudes simples et variées ; tantôt inclinées pour cueillir des fruits, une corbeille au bras, ou retournant vers la ferme , un clayon sur la tête ; tantôt courbées derrière un groupe de leurs compagnes , pour relever une jarretière ou lacer une chaussure qui se détache. Le crayon anglais saisit avec bonheur ces accidens, ou les hasarde sans témérité , parce qu'il se borne à les reproduire dans la vérité de leur nature. Reynolds et West ont diversifié plusieurs de
leurs tableaux d'une manière très -agréable. Dans leurs apothéoses, sortes de portraits historiés où se retrouve l'empreinte d'un grand sentiment, ik ont palMculièrement réassi à donner à leurs figures des formes dégagées et des expressions ravissantes. £n marchant sur leurs traces , Angélique Kauffinami et Cypriani, qui, par leur séjour prolongé à Londres, peuvent être considérés comme appartenant à la Grande-Bretagne , ont rencontré, et ont souvent reproduit avec succès, le moral du beau féminin, manifesté par on touchant accord dés traits du visage ; mais leur dessin n'a pas été assez pur pour rendre avec correction les autres formes et
les autres contours ; à quoi l'on peut ajouter que leurs draperies, plus chiffonnées que développées avec largeur , tombent fréquemment dans le papillotage. Doucement poussés par ce goût national qui appartient à des habitudes plus simples que les nôtres , dont le propre était autrefois de nous supposer sans cesse en présence d'autrui, même dans nos tableaux de famille , les peintres anglais se sont attachés à esquisser des scènes rustiques, des réunions de jeunes
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personnes dans un parloir , d'écoliers dans une. classe ou dans une récréation, de'ferr miers chez leur propriétaire , et il faut reconnaître qu'ils y ont plus d'une fois excellé, du moins sous des rapports de composition , témoin cette jolie estampe du jour de loyer , jsi bien gravée par Raimbach, d'après le tableau de Wilkie, et qui, tout en nous donnant une légère indica^tion de l'aristocratie britannique, renferme la matière d'un char-' mant poëme champêtre.
Il CiSt possible qu'en continuant à reproduire sur la toile des scènes , qui leur sont familières et qui plaisent toujours à l'ceil, parce qu'elle^ sont près d'un bonheur dont nous conservons rinstipct , lors même que nous le dédaignons, les artistes parviennent à fonder ea A;ngle terre une école d'un genre plus délicat que celle-de Hollande , et où la beauté simple et gracieuse recevrait un hom« mage digne d'elle. Leur succès , en cela , ^erait analogue à celui de la littérature des romans dans le même pays. Cette création leur appartiendrait et elle ne serait pas à ptéprisor. Favorisés par la vie retirée des femmes et les mœurs religieuses du peuple,
ils finiraient par ennoblir leur style ; tont porte à croire qu'ils peindraient avec succès le paysage , ainsi qu'ils le grayent déjà en perfection. Possesseurs des plus beaux Claude le Lorrain qui existent, ils le sont encore des parcs les plus pittoresques et des campagnes les plus plantureuses de TËnrope.
Des copies fidèles de ces sites, dans lesquels ils atcraient soin de placer dés actes épisodiques empruntés de la vie pastorale , se montreraient avec tout. ce qui est en droit de charmer l'œil et la pensée. Il j aurait encore là de quoi flatter l'oligarchie anglaise , qui promènerait avec orgueil ses yeux sur les ▼astès possesi^on^ embellies ^ pour elle , par l'art ,- comme elles le sont déjà par la nature. Nous ne savons quels sont les encouragemens donnés depuis Reynolds à l'école , dont cet artiste estimable ^t le fondateur. S'ils sont efficaces, c'est qu'on y aura vu une opération de banque qu'il est bon de soutenir; car le caractère anglais ne s'est que trop ressenti, depuis quarante ans, des vices d'une administration y à laquelle il importe pende corrompre la morale pul^ique des«peuples par de funestes exemples. Parler aujourd'hui
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de rariçlenne générosité britannique, con^ne le font les écrirains de cette iie , c*est reftsem^ bler nn peu à ceux de France, quand ils nous entretiennent immodérément de ' nos victoires *et conquêtes. Autant vaut montrer le registre oùsont écrits les biens qu'on n'a pltis. Que dire d'une nation qui ne laisse entrer un livre, un tableau , ipie carte, une estampe chez elle y sans les charger de droits équivalens à des prohibitions ? n'est-ce pas rappeler un peu crûment ce passage où Virgile représente la Grande-Bretagne comme n'ayant aucune relation avec le reste de l'univers ' ? Qu'importe à r£urope et aux arts le mu* sée britannique ? qui au monde s'inléressera à sa ^ande opulence ? vainement pour l'enrichir les ruines d'Athènes ont été minées par lord £lgin ; vainement on y engouffre sans cesse des chefs-d'œuvre ; il n'aura jamais un caractère européen comme celui dont la nation française faisait les honneurs aux étrangers dans les jours de s& gloire ; il n'aura seulement pas le mérite de
■ JSt penitus toto divisas orbe Briiannos»
^oa DB l'art
eelui qu'elle leur ouvre dans une situation plus nodeste. On y enfouira des statues et des cadres ; il se remplira coinme les tombeaux ; comme eux , il recevra beaucoup et il dévorera tout sans profit pour les ^vans. Encore un siècle de succès aux armes ou à la politique dévastatrice de TAngleterre : c'est là qu'alors les b^es réputations des grands artistes de l'univers iront rendre le dernier soupir ; c'est là qu'elles s'éteindront avec les chefs-d'œuvre qui les ont créées.
CeÉ lignes ne s'adressent qu'à l'esprit national d'un peuple constitué dans un état d'hostilité permanente contre les autres peuples; car nous respectons les vertus et les talens des citoyens qui l'honorent; nous trouvons seulement qu'il est triste , pour eux, de faire partie d'une association qui ne peut subsister sans le mal-étre des autres sociétés contemporaines ; qui , pour être libre et florissante , ne soufiEre nulle part d'industrie et de liberté ; qui est condamnée à -se réjouir de nos douleurs et à s'affliger de notre joie ; et qui , tout en adorant le génie de la civilisation cbet clic, se sent intéressée à le chasser de l'univers. Oh ,
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qu'elle a été grande Terreur d'esprit ou de sentiment commise par M°^«. ie Staël, quand se plaçant entre la France et la Grande- Bretagne , cette femme justement célèbre a tendu la main yers la terre d'Albion en signe de«salut pour cette dernière I Si l'auteur de tant d'admirables écrits avait consulté les besoins de l'Europe > avant d'émettre son Yoeu , l'Europe lui eût répondu : « Paix aux » Anglais comme simples citoyens, car ils ont >? senti i chez eux , la dignité de l'homme l » mais périsse Albion comme gouyernement, » car il s'est mis en guerre avec l'espèce hu- » maine! »
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