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(1) Bulletin de la Ligue du Coin de terre et du foyer. Septembre- Octobre 1899.
(2) LEVASSEUR.— Op. cit.
les possesseurs des grandes exploitations sont naturellement portés à réduire à son minimum, le nombre deleurs ouvriers, et à augmenter celui des machines, qui simplifient leurs travaux. A chaque tentation de concentration de Ia propriété, a correspondu une augmentation de la population urbaine ; c’est ainsi que de 1846 à 1891, nous voyons avec l'accroissement de la grande culture, que la population des villes s’est élevée, de 8.646.723 habitants, à 15.311.292, c’est-à-dire a près du double (1). Le même fait s’est produit, en Angleterre, lorsqu’à la suite d’une longue série « d’Enclosures act », le sol devenu la propriété d’un petit nombre de grands seigneurs,on s’adonna à l'élevage. Les populations campagnardes désœuvrées vinrent presque toutes dans les villes, où se développait l’industrie manufacturière de la laine. On pourrait dire encore, pour la justification du Bien de famille, que le nombre toujours croissant des hospices et des hôpitaux n’est peut être pas la vraie voie, pour lPamélioration du sort des travailleurs. Les paysans, et même les ouvriers, ont un peu peur de ces grands établissements, et ne les regardent que d’un œil soupçonneux. Le vieillard préfère la vie de famille à celle de l’hospice.et la liberté et le grand air à la quasi-servitude que lui impose l’assistance publique. S'il consent à quitter son foyer, ce n’est que parce qu'il se sent une charge lourde pour tout le monde ; mais il ne s'éloigne jamais qu’avec des regrets de la maison ou il a vécu.
Bien différente serait la situation,avec le Bien de famille.
(1) SOUCHON. — Fropriété paysanne, p. 18,id. page 146.
Propriétaire du foyer, ayant à sa disposition une terre pour se suffire, il n’aurait plus à redouter cette séparation toujours pénible. ; à
Au lieu de consacrer à des fondations nouvelles, les sommes énormes dont ils disposent, les donateurs et l'assistance publique leur donñeraient un emploi plus | utile pour les malheureux, en les employant à l'achat de maisons ou de terres pour ceux quine possèdent rien, et en léür consentant des prêts sans intérêts, pour leur constituer des fonds d'exploitation rurale.
La portée de tous les avantages économiques et sociaux que procurerait le privilège d’insaisissabilité, suffirait à justifier son admission dans la loi française, même si, au point de vue juridique, nous mavions pas de bonnes raisons. 6
À ce dernier point de vue, nous Sommes autorisés à prétendre que l’exemption de saisie facilitera l'exécution de certaines obligations, imposées par la loi, aux membres d’une même famille, les uns vis-à-vis des autres.
Le père, en Se mariant, contracte l'obligation d'élever ses enfants, de leur donner une profession, en üun mot de Sübvenir à leurs besoins. Il n'aura pas de secours plus utile, pour l'exécution de ses devoirs, que la possession assurée d’une maison, pour les abriter, d’une terré pour les nourrir.
Mais en échange, le fils s’oblige à secourir Ses parents, quand ils seront vieux ou infirmes, à les nourrir ét à Les soigner, et le Codé äjoute, articles 210 et 211, que cette obligation s'exécute soit, par des prestations périodiques en argent, soit par l'admission du bénéficiaire À sa table