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Philosophie de Kant, leçon vu

3. II seiait étrange en elfel qu'un être libre fût libre sans le savoir, car la 'iberté étant farte de disposer de soi-:nême, comment pouiTait-on disposer de soi sans s'en apercevoir? Ce serait une vraie contradiction. (P. J.)

VRAIS PRINCIPRS DE LA MOIÎALE

nous croyons au mouvement de la terre. La plus profonde persuasion que nous en ayons vient de l'expérience continuelle quenous en portons avec nous.

Est-il vrai qu'en présence d'un acte à faire je peux vouloir ou ne pas vouloir faire cet acte ? Là est toute la question de la liberté.

Distinguons bien le pouvoir de faire d'avec celui de vouloir. La volonté a sans doute à son service et sous son empire la plupart de nos facultés ; mais cetempire, qui est réel, est très limité. Je veux mouvoir mon bras, je le peux souvent : en cela réside le pouvoir en quelque sorte physique de la volonté; mais je ne peux pas t «ujours mouvoir mon bras, si les muscles sont paralysés, si l'obstacle est trop fort, etc.; l'exécution ne dépend pas toujours de moi ; mais ce qui dépend toujours de moi, c'est la résolution même. Les effets extérieurs peuvent être empêchés, ma résolution elle-même ne peut jamais l'être. Dans son domaine propre, la volonté est souveraine.

Et ce pouvoir souverain de la volonté, j'en al la conscience. Je sens en moi, avant sa détermination, la force qui peut se déterminer de telle manière ou de telle autre. En même temps que je veux ceci ou cela, j'ai conscience également de pouvoir vouloir le contraire ; j'ai conscience d'être le maître de ma résolution, de pouvoir Tarrêter, la continuer, la reprendre. L'acte volontaire a-t-il cessé, la conscience du pouvoir qui Ta produit ne cesse pas : elle demeure avec ce pouvoir lui-même, qui est supérieur à toutes ses manifestations. La liberté est donc l'attribut essentiel et toujours subsistant de la volonté *

{. Voyez, pour l'entier développement de la théorie de la liberté, Philosophie sensuauste, i" leçon, Locke, p, ^3 : iiie le-

La volonté, nous l'avons vu *, n*est ni le désir, ni la passion : c'est précisément le contraire. La liberté de la volonté n'est donc pas le déchaînement des désirs et des passions. L'homme est esclave dans le désir et la passion, il n'est libre que dans la volonté. Il ne faut pas confondre en psychologie, pour ne les pas C(,nfondre ailleurs, l'anarchie et la liberté. Les passions s'abandonnant à leurs caprices, c'est l'anarchie, c'est la tyrannie. La liberté consiste dans le combat de la volonté contre cette tyrannie. Mais il faut un but à ce combat, et ce but, c'est le devoir d'obéir à la raison, qui est notre souverain véritable, et à la justice que la raison nous révèle. Le devoir d'obéir à la raison est la loi propre de la volonté, et la volonté n'est jamais plus elle-même que quand elle se soumet à sa loi. Nous ne nous possédons pas nous-mêmes, tant qu'à la dominalion du désir, de la passion, de l'intérêt, la raison n'a opposé le contrepoids de la justice. La raison et la justice nous adranchissent du joug des passions, sans nous en imposer un autre. Car, encore une fois, leur obéir, ce n'est pas abdiquer la liberté, c'est la sauver, c'est l'appliquer à son légitime usage.

C'est dans la liberté, et dans l'accord de la libeité avec la raison et la justice, que l'homme s'appartient, à proprement parler. Il n'est une personne que parce qu'il est un être libre éclairé par la raison ^

çon, Condillac, p. 116, etc.: Philosophie écossais!, Reid, leç. x, p. 426-448; Philosophie de Locke, leçon xiii.

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