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Et surtout en faisant marcher les autres

2. Voyez Roi des Belges, Chaurnié, marchands de vins et ci-après toute la collection des campagnes du Matin.

AINSI PARLAIT BüNAU...

lieu de leur en imposer ou de les corrompre ? Nous avons nommé le Matin.

« Pour le Alatin, il iVy a tien d'impossible. Sa puissance, on peut le dire, ne connaît pas de bornes. Ce qu'il veut,, il l'accomplit. Oi\ il ne veut jamais que des choses bonnes, utiles au 2^lus grand nombre. Il est VinfaUgable serviteur de l'intérêt public.

(( Il faudrait écrire un volume pour rendre compte des progrès immenses dont le Matm a pris l’initiative. Il nous suffira de les énumérer.

(( Un numéro du Matin comprend trente-six colonnes de fins caractères qui,, superposées, donneraient une hauteur de 20 mètres et demi, celle d’une maison à cinq étages. Les lignes,' composées par des procédés mécaniques perfectionnées, qui forment ces colonnes, contiennent ensemble 285.000 lettres !

« Si l’on multiplie les lettres composant le Malin par le chiffre du tirage quotidien, on obtient un total de un 'milliard hait cent dix millions, soit à peu près celui de la population totale do la terre !

(( Le Matin est tout nn monde, qui se suffit à lui-même. Il a ses pompiers, rausique militaire i recrutée parmi les plus excellents -artistes,

1. Le Matin fait toujours de la musique, mais elle n’est plus militaire : le jour où Bunau-Varilla apprit qu’un autre journal parisien osait avoir une harmonie, il entra dans une violente colère et licencia brutale-

une légion de serviteurs, d’imprimeurs, de coureurs, de cyclistes, affectés à la préparation du régal matinal qu’attendent plusieurs millions de lecteurs Le réseau télégraphique particulier au Matin est égal à la moitié de la circonférence de la terre 3. Les rédacteurs du Matin peuvent com^ muniquer, avec la rapidité de l’électricité, avec l’Amérique et l’Angleterre, sans se déplacer, sans dépendre des lenteurs de l’administration. Par le nombre de dépêches échangées, par l’importance des nouvelles transmises, le bureau télégraphique du Matin est un des premiers du monde

mont, à 9 heures du soir, tous « les excellents artistes » auxquels il refusa, par surcroît, l’indemnité d’usage. Divers journaux publièrent alors leur protestation indignée.

2. Voir plus loin le tableau des tirages. Actuellement le Matin tire à cinq cent mille et n’arrive, même par le nombre des numéros, qu’au quatrième rang des journaux parisiens {Petit Parisien, 1.200.000 ; Journal, 850.000; Petit Journal, 800.000; Malin, 525.000).

3. Le Matin ne possède qu’un seul fil télégraphique spécial — avec les bureaux du Times, à Londres, comme tous les grands journaux de province {Dépêche de Toulouse, Petit Marseillais, Petite Gironde, Nouvelliste, etc.) en ont avec leurs bureaux de Paris. Les autres fils ne sont que des ficelles. Celui de Bruxelles n’a jamais existé ; quant aux fils spéciaux avec New- York et Berlin, ils consistent simplement dans la jouissance — commune à tous les grands journaux de Paris — des câbles et fils de l’Etat français pendant une heure ou une demi-heure chaque nuit.

AINSI PARLAIT BUNAU

« En effet, quand le Matin parle de ses fils spéciaux, il n'exagère pas, il ne ment pas, comme font certains de ses imitateurs.

(( Est-il besoin de faire l’éloge de la rédaction d’élite recrutée parmi les noms les plus célèbres de la littérature et de la politique, parmi les spécialistes les plus expérimentés, les plus habiles professionnels du reportage et qui confectionne la matière de chaque numéro ? Faire partie de la rédaction du Matin est un honneur envié et brigué par tous les journalistes i.

1. Plusieurs centaines de journalistes ont, en effet, traversé le Matin depuis dix ans, et en sont partis, les uns volontairement et les autres — les petits — par fournées. Ah ! combien en ai-je vu passer, de ces prolétaires de la presse, qui gagnaient 250 francs par mois pour un dur labeur de 10 ou 12 heures et qu’un caprice du maître jetait brutalement à la porte, sans qu’on leur demandât s’ils avaient une femme, des enfants et comment ils mangeraient le lendemain !

A l’heure actuelle, des brillantes pléiades accourues d’un peu partout, au bluff tapageur du Matin, il ne reste, outre deux chefs de service d’un mérite incontestable, que MM. Urbain Gohier, ancien rédacteur au Soleil et à VAurore, et M. Gustave Téry, ancien rédacteur à VAction, dont les très réels talents sont d’ailleurs fort connus du public : le surplus de la rédaction intellectuelle s’opère surtout par les soins d’une équipe de chemins de fer, Jean d’Orsay, René Bures, Guy Launay, Paul Limours, etc. Orsay, Bures, Launay, Limours sont les gares limitrophes du domaine impérial. Le V" janvier, M. Varilla nomme

« L’hôtel du Matin est un monument unique en son genre. C’est le grand Palais de ia presse. Sa façade sur le boulevard Poissonnière mesure soixante-dix mèiies. C’est une des grandes curiosités de la capitale. C’est l’installation modèle, incomparable d’un journal moderne, qui fait l’étonnement de tous les visiteurs français ou étrangers.

« Disposant d’une telle puissance de renseignements, le Matin l’a appliquée tout d’abord à l’instruction de ses lecteurs.

Hier encore, n est-ce pas le Matin qui a dévoilé toute la vérité de l’affaire du Maroc, avec une précision de détails qui défiait tous démentis? Ces articles ont aussitôt fait le tour du monde,.

parmi ses rédacteurs ceux qui auront du talent dans l’année et les rebaptise en son nom. Fauté de gares disponibles. sur la ligne privilégiée, les prochaines promotions ne pourront plus guère comprendre que trois jeunes gloires : MM. Massy-Palaiseau, Gif et Bûullay-les-Trous.

L’ensemble des services du Matin a été mise par ukase du V' novembre 1907 sous la' régence de M. Henry de Jouvenel et le maréchalat de M. Poidebard de la Bruyère. Celui-ci est l’auteur bien connu de l’exhibition de Nény et Prévost ainsi que des retentissants mémoires de la Mérelli, du général André, de Marie Audot, de Jeanne Weber, de l’abbé Delarue et de Menesclou. Ce hardi concept du journalisme moderne l’a désigné à la direction générale des services d’information du Matin.

AINSI PARLAIT BrUNALJ...

tant sont grandes Tautorité de ce journal et la confiance qu’il inspire au public de toutes les nations i.

L’immense publicité du Matin le désigne naturellement à la préférence des hommes d’Etat qui éprouvent le besoin de communiquer avec le public 2.

Il est l’organe naturel de tous ceux dont la volonté ferme, la pensée nette et droite correspondent précisément aux principes directeurs du Matin, qui sont l’énergie^ la franchise, la limpidité.

(( Mais le Matin n'est pas seulement un interprète de la pensée d'autrui ; il est aussi par luimême un foyer d'action, une force indépendante qui travaille au bien public et cela, sans rechercher d'autre bénéfice que la conscience du devoir, accompli en vue de Vintérêt général.

« L'histoire du Matin n'est qu'une longue série de services rendus à la science^ à l'hygiène, à l'industrie, au commerce, à la justice, au progrès des classes laborieuses, à toutes les nobles causes.

« Le génie humain découvre*t-il un nouvel agent

1. Voir, en effet, plus loin, les coups de bourse sur la rente française dans la campagne du Maroc.

2. Quand ils ne s’aperçoivenfpas de cette préférence, le Matin la leur rappelle, témoins Chaumié, Milles- Lacroix, Bérard, etc.

physique, capable" de pourvoir la science d’une puissance nouvelle et incalculable ? C’est le Matin qui, aussitôt^ entreprend de divulguer la découverte, et qui, subvenant à là pénurie de l’Etat, fournit aux savants les ressources nécessaires pour leurs fécondes études i. Ce que VEtat ne peut pas, le Matin le peut.

(( C’est lui qui, en maintes circonstances, a réuni des multitudes dans l’immense salle du Trocadéro pour entendre la parole des maîtres de la science et des héros de l’exploration.

(( C’est lui qui a travaillé à répandre le goût du sport par excellence, c’est-à-dire de la marche, par des épreuves multiples de diverses corporations aboutissant enfin à la plus utile, à la plus patriotique de toutes, la triomphale marche de l’armée. Qui n’a gardé le souvenir de ce pavoisement général de Paris et de la banlieue pour faire honneur à ces héros militaires de l’endurance à la fatigue, et de cette foule innombrable qui, sur un parcours de 40 kilomètres, a acclamé nos soldats?...

c( C’est lui qui a contribué à la création et au perfectionnement d’une industrie nouvelle et toute française, celle de l’automobilisme nautique, par

1. Allusion sans do aie aux grandes découvertes du docteur Bordas, médecin de M. Varilla, qui a, paraît-il, trouvé le moyen de transformer par la décoloration les pierres précieuses en cailloux.

AINSI PARLAIT BUNAU

la difficile et rude épreuve d’Alger-Toulon ; c’est lui qui a fourni à la marine officielle et à la fabrication automobile tant d’indications précieuses. La cause de l’enseignement public a offert aux enfants des écoles l’inoubliable fête de la galerie des Machines^ pour célébrer les noces d’argent de l’école obligatoire, gratuite et laïque de la République française. C’est lui qui, pour encourager les nobles actes de dévouement, de bravoure, d’abnégaÜon, a créé cette médaille du Matin, dont le Président de la République a accepté le premier insigne i, et qui est destinée à récompenser immédiatement et sans retards officiels ceux que, trop souvent, l’administration dédaigne et oublie.

(( L’esprit qui dirige le Matin est celui qui dirige les sociétés mutuelles ; solidarité, sacrifice individuel au profit de tous, union, initiative, courage.

(( Le Matin a particulièrement • mérité la reconnaissance unanime des citoyens français. Nul d’entre eux n’a oublié avec quel zèle il a défendu et défend chaque jour, par la plume de maîtres

1. Voir plus loin la reproduction de cette extravagante bouffonnerie. M. Loubet a quitté la présidence de la République sans en avoir accusé réception.

2. Voir plus loin comment le principal résultat de ces marches, courses et fêtes évidemment triomphales — pour la publicité du Matin — fut l’obligation pour les contribuables d’en payer tous les frais.

éminents, leurs intérêts et leurs doctrines. Nul ne laissera dépérir en son cœur le souvenir du banquet de 35.000 couverts, le 30 octobre 1904, et celui du banquet de 50.000 couverts, le 5 novembre 1905, dont le Matin a été le désintéressé, le généreux initiateur et organisateur i.

(( Grâce au Matin, que de services rendus ! Que de titres de gloire conquis en si peu de temps ! West’Ce pas la preuve des miracles que peut accomplir Vinitiative privée,^ayant à sa disposition la puissance incommensurable de la publicité, entre les mains d'hommes détachés des soucis égoïstes, animés de la pa.ssion du bien général, et résolus à répandre sur le peuple entier les bénéfices qu'ils tiennent précisément de la. confiance et de la sympathie populaire: ?

(( Cette confiance et cette sympathie, le Matin l’a conquise, tout d’abord, par une absolue probité. IJ le premier journal qui ait nettement séparé le ocinHine d-'^ la publicité, ouvert à tous dans les espaces spécialement réservés aux anncnces et aux communiqués, et celui de la rédaction, absolument fermé à toute influence et à toute sollicitation extérieures.

« Il est le premier qui ait appliqué la puissance de la presse à de grands actes, 'tels que l’encouragement à la science, le progrès de l’hygiène, le

1. Voir plus loin, au chapitre des grands bluffs, le coût total de cette généreuse organisation.

AINSI PARLAIT BUNAU

développement des sports nationaux, des industries nationales, du commerce français.

(( Il est le premier qui, par sa force ait donné le spectacle de manifestations vraiment historiques, telles que la marche de l’Armée, les fêtes sportives de Toulon, les banquets des écoles et ceux de la mutualité.

Dans tous les ordres de l’activité humaine, le Matin a été un initiateur.

« Il a été un bienfaiteur public.

a En Espagne, il y a un ministère qui porte le nom de Fomento, c'est-à-dire d'encouragement. En France, le Matin remplit cette haute fonction. Le Matin est le foyer d'où partent les encouragements, où tous les efforts généreux sont assurés de trouver une aide toute-puissante »

Ces pages délirantes n’ont pas été écrites à Charenton. Elles ont été dictées, 22, avenue du Trocadéro, par M. Bunau-Varilla lui-même à M. Des Houx-Morimhaud, ex-pape de son église et directeur ordinaire de sa conscience.

Elles ont été insérées en tête de l’almanach du Matin de 1906 et, avec le concours officieux de la direction de la mutualité, envoyées à tous les mutualistes de France.

Toute la Lyre

Petit manuel pour l’intelligence des grandes campagne-s du MATIN et de ses manifestations nationales humanitaires, hygiéniques et philanthropiques de 1900 à 1908.

L’histoire du Matin n’est qu’une longue série de services rendus à la patrie, à la science, aux arts, aux sports, à l’hygiène, à la justice, aux bonnes mœurs et généralement à toutes les hobles causes qui intéressent la prospérité nationale et le bien-être de l’humanité.

{Matin. Al. 1906.)

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