LE NETTOYAGE DES LABORATOIRES
Ensemble de campagnes de diffamation et de chantage dirigées contre :
a) M. Charles Girard, directeur du Laboratoire municipal.
h) M. Monod, directeur des services de l’hygiène au ministère de l’Intérieur.
c) M. Bechmann/directeur du service des eaux
du département de la Seine. ^
d) M. A.-J. Martin, directeur du service d’assainissement de la ville de Paris.
Et, en général, contre tous les savants qui jouissent de la confiance de la ville ou de l’Etat, pour les remplacer par des hommes qui jouiraient de la confiance du Matin.
Cette prodigieuse sollicitude, non pas précisément pour la santé, mais pour l’alimentation
TOUTE LA LYHE.
de la capitale est d’ailleurs de vieille date. Bien qu’il réussisse des coups de maître dans tous les domaines, on peut affirmer sans erreur, qua c’est sur le ventre de Paris que le Matin a posé de tout temps ses plus ardentes tentacules.
Tout le reste, bluff, diffamation et chantage, n'a été que la menue monnaie de cette grande pièce : le Matin, inspecteur, contrôleur et fournisseur de l’alimentation parisienne.
Il faudrait autre chose que la note terminale d’une rapide enquête, il faudrait un volume pour raconter l’histoire des syndicats financiers, dont le Matin protège les tentatives et les derrières, et dont certains membres éminents fondaient le 5 octobre 1904 la « Société d’études des grandes marques alimentaires ».
En tout cas et pour réaliser la grande pensée du règne planant sur les Halles et l’approvisionnement de Paris, il fallait prendre cette redoute avancée : le Laboratoire municipal, et c’est à ce résultat que tend l’effort toujours vaincu, mais jamais désespéré de Bunau-Varilla et de ses associés mystérieux.
Ceci explique pourquoi son directeur, Charles Girard, le vieux brave que Paris a connu à tous les points avancés de la science et du danger, l’homme que la ville et la République comblèrent des marques d’une constante gratitude, restera l’homme le plus injurié, le plus dTfamé et le plus
sali de France^ tant qu’il n’aura pas cédé son ixoste d’observation à l’envoyé du Matin.
La fièvre typhoïde, le choléra, la variole, et autres joyeuses calamités qu’il tient constamment suspendues sur la capitale, ne sont què lés épisodes de l’opiniâtre assaut qu’il livre aij Laboratoire municipal et aux services connexes de la ville de Paris.