‹ Du c dans les langues romanesChapitre 102 sur 220 · V. ESP · texte numérisé non relu

V. ESP

acetum

azedo

azedo Cov.

*aquivinum

azemnho

azebo a. n.

coquinam

cozinha

cozina a. n.

cruciare

cruzar

cruzar

decembrem

dezembre

deziembreCoY.

decimum

dizimoF.s.

dizimo

dezimo,dezemo

decem sex

dezaseis

dezaseis

deziseis

decem septem

dezasete F. s.

dezasete

dicere

dizer Cane.

dizer

dezer PC.

duodecim

doze^.GT.

doze

doze A. N.

* dominicellam

donzella Cane

. donzella

donzella a. n.

ducere

duzir

aduzer pc.

ducentos

duzentosY.^.

duzentos

dozientos a. n.

facere

fazer f . s . fezerfazer

fazer vc.

jacere

jazer Cane.

jazer

jazer pg.

judicium

juizo F. G.

juizo

lucere

luzir

luzir k-ii.

* nubenicinam

nubenzinha

monticellum

montezillo

undecim

onze p. SM.

onze

onze A. N.

placere quatuordecim quindecim *reticinam trecentos tredecim vicinum

prazer Cane, prazer

— quatorze

— quinze

— redezinha trezentosF.SM. trezentos

— treze vezinho F . s . vizinho

plazer A. n.

catorze quinze pc.

trezientos pc.

treze a. n.

vezino a. n.

ainsi que dans les dérivés portugais en zinho et les diminutifs espagnols en zillo et zico.

Si on compare ces mots du portugais et de l'ancien espagnol aux mots correspondants qui se trouvent dans les langues du Nord-Ouest, on voit que la palatale c s'y est cliangée en général en spirante sonore dans les quatre idiomes. Quant aux dérivés en ti, il n'y a que les deux mots sazào et razào v. pg. et esp. sazon et razon, où ^z ait fait place à une sonore dans les quatre langues*; les autres mots où il y en a une en français et en provençal ont une sourde en portugais ; par contre ti a fait place à la sonore z, en cette dernière langue et souvent en espagnol, dans les dérivés en itia, où ce suffixe s'est changé en eza, transformation qu'on rencontre parfois aussi en provençal, quoique le plus souvent on y trouve la forme ess{a), la seule que connaisse le français. Tels sont : pg. baroneza, braveza, pg. careza, clareza, corteza, fortaleza, graveza, grande za, pg. justeza, largueza, pg. molleza, pg. nobreza, esp. nohleza, proeza, riqueza, pg. sorpreza, triste za, etc.

On voit que l'accord le plus grand régnait autrefois entre l'espagnol et le portugais dans le traitement de la palatale médiale et de (fz ; l'orthographe et la prononciation modernes ont, comme nous verrons, détruit cet accord au milieu des mots, mais il subsiste, — du moins pour l'orthographe, — encore à la fin.

Dans ce cas, en effet, les deux langues hispaniques ont changé le c palatal en z\ parfois aussi, mais rarement, — du moins en portugais, — par s, qui prend d'ailleurs alors la prononciation de z, c'est-à-dire que le c palatal devenu final a fait place dans les deux idiomes à une spirante dentale sonore. Cette transfor-

1. Il faut y ajouter j)re;ar pg. : ~ à côté depreco, il est vrai, — dont la spirante sonore en français est sourde ou sonore indifféremment en provençal. Dans tizon, H a été au contraire remplacé par une spirante sonore en espagnol, comme en français et en provençal, tandis qu'une sourde s'y est substituée en portugais. On trouve également criazon AI. 14, 3, pg. creaçào.

mation a eu lieu toujours en espagnol et le plus souvent en portugais dans les dérivés formés à l'aide de l'un des suffixes û^^^r, alds; aux, aucis ; ax, acis; ex et ix, ïcis et îcis ; ox, ocis ; ux, ucis;et trix, triais K Exemples :

calcem

eaz

falcem

hoz

faucem

hoz

foz, fos

pacem

paz

paz

rapacem

rapaz

rapaz

judïcem

juez

juiz

pumïcem

pomez

pomes

felicem

feliz

feliz

radîcem

raiz

raiz

calïcem

caliz

caliz, calis

vïcem

vez

vez

ferocem

feroz

feroz

vocem

voz

voz

crucem

cruz

cruz

lucem

luz

luz

imperatricem

emperadriz

emperatriz

nutricem

nodriz b.

SM

Au pluriel le portugais conserve en général le z et par conséquent la sonore du singulier ; ainsi on dit cruzes, fozes, Juizes, felizes, raizes, vozes, etc., l'ancien espagnol n'a pas toujours observé cette règle très-exactement ; ainsi on trouve voçes dans le poème du Cid, etc. Faut-il voir là une faute de copiste, ou une marque nouvelle de l'incertitude où l'on semble avoir été parfois sur la vraie valeur de la spirante médiale ? Quoi qu'il en soit, au xv!** siècle cette hésitation n'existait plus ; Antoine de Nébrisse dans son dictionnaire conserve au pluriel le z des dérivés qui l'avaient au singulier, et au siècle suivant C. Oudin faisait encore de cette conservation une règle de sa grammaire.

Ainsi dans l'ancien espagnol, comme dans le portugais, les spirantes sorties de la transformation de la palatale étaient distinguées en sonores et en sourdes ; mais quelle était au juste leur valeur, et comment se fait-il que, tandis que le portugais a conservé cette distinction, l'espagnol ne la connaisse plus? Telle est la double question qu'il me reste maintenant à examiner.

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