V. ESP
acetum
azedo
azedo Cov.
*aquivinum
azemnho
azebo a. n.
coquinam
cozinha
cozina a. n.
cruciare
cruzar
cruzar
decembrem
dezembre
deziembreCoY.
decimum
dizimoF.s.
dizimo
dezimo,dezemo
decem sex
dezaseis
dezaseis
deziseis
decem septem
dezasete F. s.
dezasete
dicere
dizer Cane.
dizer
dezer PC.
duodecim
doze^.GT.
doze
doze A. N.
* dominicellam
donzella Cane
. donzella
donzella a. n.
ducere
duzir
aduzer pc.
ducentos
duzentosY.^.
duzentos
dozientos a. n.
facere
fazer f . s . fezerfazer
fazer vc.
jacere
jazer Cane.
jazer
jazer pg.
judicium
juizo F. G.
juizo
lucere
luzir
luzir k-ii.
* nubenicinam
nubenzinha
monticellum
montezillo
undecim
onze p. SM.
onze
onze A. N.
placere quatuordecim quindecim *reticinam trecentos tredecim vicinum
prazer Cane, prazer
— quatorze
— quinze
— redezinha trezentosF.SM. trezentos
— treze vezinho F . s . vizinho
plazer A. n.
catorze quinze pc.
trezientos pc.
treze a. n.
vezino a. n.
ainsi que dans les dérivés portugais en zinho et les diminutifs espagnols en zillo et zico.
Si on compare ces mots du portugais et de l'ancien espagnol aux mots correspondants qui se trouvent dans les langues du Nord-Ouest, on voit que la palatale c s'y est cliangée en général en spirante sonore dans les quatre idiomes. Quant aux dérivés en ti, il n'y a que les deux mots sazào et razào v. pg. et esp. sazon et razon, où ^z ait fait place à une sonore dans les quatre langues*; les autres mots où il y en a une en français et en provençal ont une sourde en portugais ; par contre ti a fait place à la sonore z, en cette dernière langue et souvent en espagnol, dans les dérivés en itia, où ce suffixe s'est changé en eza, transformation qu'on rencontre parfois aussi en provençal, quoique le plus souvent on y trouve la forme ess{a), la seule que connaisse le français. Tels sont : pg. baroneza, braveza, pg. careza, clareza, corteza, fortaleza, graveza, grande za, pg. justeza, largueza, pg. molleza, pg. nobreza, esp. nohleza, proeza, riqueza, pg. sorpreza, triste za, etc.
On voit que l'accord le plus grand régnait autrefois entre l'espagnol et le portugais dans le traitement de la palatale médiale et de (fz ; l'orthographe et la prononciation modernes ont, comme nous verrons, détruit cet accord au milieu des mots, mais il subsiste, — du moins pour l'orthographe, — encore à la fin.
Dans ce cas, en effet, les deux langues hispaniques ont changé le c palatal en z\ parfois aussi, mais rarement, — du moins en portugais, — par s, qui prend d'ailleurs alors la prononciation de z, c'est-à-dire que le c palatal devenu final a fait place dans les deux idiomes à une spirante dentale sonore. Cette transfor-
1. Il faut y ajouter j)re;ar pg. : ~ à côté depreco, il est vrai, — dont la spirante sonore en français est sourde ou sonore indifféremment en provençal. Dans tizon, H a été au contraire remplacé par une spirante sonore en espagnol, comme en français et en provençal, tandis qu'une sourde s'y est substituée en portugais. On trouve également criazon AI. 14, 3, pg. creaçào.
mation a eu lieu toujours en espagnol et le plus souvent en portugais dans les dérivés formés à l'aide de l'un des suffixes û^^^r, alds; aux, aucis ; ax, acis; ex et ix, ïcis et îcis ; ox, ocis ; ux, ucis;et trix, triais K Exemples :
calcem
eaz
falcem
hoz
faucem
hoz
foz, fos
pacem
paz
paz
rapacem
rapaz
rapaz
judïcem
juez
juiz
pumïcem
pomez
pomes
felicem
feliz
feliz
radîcem
raiz
raiz
calïcem
caliz
caliz, calis
vïcem
vez
vez
ferocem
feroz
feroz
vocem
voz
voz
crucem
cruz
cruz
lucem
luz
luz
imperatricem
emperadriz
emperatriz
nutricem
nodriz b.
SM
Au pluriel le portugais conserve en général le z et par conséquent la sonore du singulier ; ainsi on dit cruzes, fozes, Juizes, felizes, raizes, vozes, etc., l'ancien espagnol n'a pas toujours observé cette règle très-exactement ; ainsi on trouve voçes dans le poème du Cid, etc. Faut-il voir là une faute de copiste, ou une marque nouvelle de l'incertitude où l'on semble avoir été parfois sur la vraie valeur de la spirante médiale ? Quoi qu'il en soit, au xv!** siècle cette hésitation n'existait plus ; Antoine de Nébrisse dans son dictionnaire conserve au pluriel le z des dérivés qui l'avaient au singulier, et au siècle suivant C. Oudin faisait encore de cette conservation une règle de sa grammaire.
Ainsi dans l'ancien espagnol, comme dans le portugais, les spirantes sorties de la transformation de la palatale étaient distinguées en sonores et en sourdes ; mais quelle était au juste leur valeur, et comment se fait-il que, tandis que le portugais a conservé cette distinction, l'espagnol ne la connaisse plus? Telle est la double question qu'il me reste maintenant à examiner.