Ubro y tralado, p
el sonido rezio y doblado que la ^ y se pronuncia allegando los dientes algo, porque al tiempo que tornemos a abrir los dientes se haze de golpe el sonido deUa en la punta de la lengua y en los dentés. » Et plus loin ; « la ;2 como tengo dicho tiene sa sonido mas floxo y se pronuncia abriendo algo los dientes y metiendo la punta de la lengua entre ellos que saïga la lengua unpoco fuera.» — « El sonido de la p, disait deux ans »près Velasco ', se forma con la estremidad de la lengua casi mordida de los dientes no apretados. » Le son de la z se forme de la même manière, mais « arrimada la parte anterior de la lengua a los dientes, no tan apegada como para la p, sino de manera que quede passo para algun aliento o espiritu, que adelgazado o con fuerça saïga con alguna manera de zumbido que es en lo que diffiere de la p. »
Il ressort de ces définitions que la ç ei \d. z avaient vers la moitié du xvi^ siècle un son analogue à celui du th anglais ou du 0 dans le grec moderne ; mais celui de la z étant d'après Velasco accompagné d'une espèce de bourdonnement, c'est-à-dire sans doute de la résonnance produite par les cordes vocales au moment de sa formation, ce son devait être à celui de la ç dans le rapport d'une sonore à une sourde ; c'est, je l'ai montré, ce qu'étaient pendant le Moyen Age la ç et la z, alors qu'elles avaient respectivement la valeur ts et dz. Mais comment la ç et la ^ en sontelles venues à prendre ces sons nouveaux et ont-elles passé directement du son ts ou dz au son 0 ou S ? Si l'on remarque que les sons 0 et S, c'est-à-dire les spirantes deiitales proprement dites sont les plus extérieurs de la série dentale, on pourra admettre qu'après avoir perdu la valeur ts et dz, la p et la ^ ont pris d'abord les sons s ei z, — précisément ceux que semblerait indiquer l'orthographe du manuscrit des poésies de Juan Ruiz, ceux qu'ont aujourd'hui encore ces lettres en portugais, — et qu'ensuite par un nouveau mouvement en avant la spirante dorsale ou alvéolaire est devenue dentale proprement dite. On pourrait même voir dans les indications inexactes de quelques grammairiens étrangers du temps un reflet de cet état intermédiaire, à l'existence duquel ils auraient encore cru, alors qu'il avait fait place à la transformation définitive en 6.
Un autre fait non moins obscur, mais postérieur, c'est celui de la confusion des sons de la ç et de la z, si soigneusement distingués par les grammairiens du xvi^ siècle. Charpentier disait déjà en parlant de la ^ : « quelques Espagnols la prononcent
1. Orthographia y pronunciacion, citée par Diez, Gram. l, 364 et 366.
comme la ^ » ; et le soin avec lequel Juan de la Guesta insiste pour apprendre à bien distinguer le son de la ç de celui de la z, semble indiquer aussi une tendance à les confondre. Il est probable que cette tendance ne fit qu'augmenter ; G. Oudin dans sa Grammaire déclare que la z avait le même son que la cS et rapporte qu'on écrivait déjà souvent c à la place de z ; aussi il dut arriver qu'à la fin du xvif siècle, sinon avant, on avait perdu le sentiment de toute difierence entre la p et la ^ ; ces. deux lettres devinrent ainsi des signes employés arbitrairement et ce fut sans doute en partant de ce fait — sans cela la mesure serait inexplicable — que l'Académie espagnole décida, au commencement du dix-huitième siècle, que la c ne s'emploierait que devant e et i, la z devant les autres voyelles , la ç étant supprimée dès lors comme inutile ; — réforme logique en apparence, mais qui a bouleversé l'ancien système orthographique de l'espagnol, basé sur le développement historique même de la langue.
IV° Transformation de la palatale en^ etl dans les dialectes provençaux et ladins.
L'espagnol n'est pas le seul idiome où le c palatal se soit changé en dentale proprement dite, certains patois de la Suisse romande, en particulier celui de la Gruyère ^ le savoyard et quelques dialectes ladins ou italiens du Tyrol, de la Vénétie et de ristrie nous montrent la même transformation souvent, il est vrai, à côté de la modification de la palatale en ts, dz, s ouz^. On ne peut douter que, comme en espagnol, ces modifications ne soient relativement récentes ; et c'est là la raison peut-être pourquoi on ne la rencontre en général que dans des dialectes qui
1. II dit bien que quelquefois la z se prononçait plus durement que la ç, ajoutant « comme notre z français » ce qui est inintelligible, s étant plus doux que ç. On a là encore une de ces explications absurdes si communes chez les grammairiens du temps.
2. Dans ce patois st se change aussi en ih, ainsi nuçron (nostrum) — ç =z th, — içe (estis), etc. Je dois ce renseignement à M. I. Cornu. Cf. Riv. di filol. rom. I, 98. Il en est de même d'ailleurs dans le dialecte savoyard de la Tarentaise, ainsi etheila (stellam), ethrangla (strangulare).
3. La distinction entre ces différents sons n'est pas toujours très-rigoureuse; par ex. dans le dialecte véronais, s prend souvent le son th, ainsi que l'indique cette règle de prononciation reproduite par Ascoli [Arch. glott. I, 428 en note), « la consonante s si vuol pronunciare corne si pronuncia ordinariamente lo 6 dei Greci ? »
ont conservé longtemps leur indépendance, tandis que les dialectes congénères soumis plus tôt à l'influence étrangère, qui en a arrêté le développement normal, ne présentent point le même phénomène. Une autre particularité de ces idiomes, c'est que contrairement à ce qui est arrivé en espagnol ils ont conservé souvent la distinction entre la spirante sourde et la sonore. Je représenterai la première, qui est de beaucoup la forme la plus fréquente, par th, la seconde par dh. Voici quelques exemples du changement de c palatal en spirante dentale sourde th.
LAT
LAD. OLTRKC.
COMKL.