CHAPITRE VIII
ASSIBILATION ANOMALE DU C PALATAL, — SA TRANSFORMATION EN I ou EN U, — SA SUPPRESSION.
Bien que l'assibilation du c soit particulière aux idiomes du double groupe occidental^ et ne se rencontre pour les langues du groupe oriental que dans les dialectes ou quelques formes particulières, il est un cas cependant où elle paraît avoir lieu, — quoique le feit se présente surtout, il est vrai, dans les langues du Nord-Ouest — indistinctement dans tous les idiomes romans, c'est celui où par suite de la suppression d'une voyelle atone le c, tout en, persistant, se trouve immédiatement suivi d'une consonne autre que Z ou r^. Ainsi dans * amicitaiem la chute de Vi bref protonique ayant donné amic'tatem, le c s'est changé en 5, et on a eu en italien amistà, esp. amistad, prov. amistat, v. fr. amisted, fr. mod. amitié. De même decimam devenu dec'mam, a donné en français disnie, cliangé ensuite en dîme. En français, on le voit, 1'*, assibilation duc, a fini par tomber. En provençal, par suite de la chute du t, qui a lieu régulièrement à la troisième personne singulier du présent de l'indicatif et souvent aussi à la troisième personne singulier du parfait, le groupe c't s'est changé dans ce cas, non en st, comme dans amistad, mais en tz, lequel s'est réduit parfois kzou. même à s, ou encore a fini par disparaître ; c'est ainsi que fecit {fec't)
ts, qu'on trouve d'ailleurs à côté de th sous sa forme naturelle s, laquelle a persisté jusqu'à nos jours.
1. Dans le groupe cV la transformation du c en spirante n'a lieu qu'exceptionnellement; je n'en connais pas d'exemple dans le groupe c'I.
est devenu dans cette langue fetz^ fez, fe. exemples d'assibilation ainsi produite ^ :
Voici quelques
LAT
* ac(e)rem ' amic(i)talem
dic(i)l
dec(i)raum, am ' dec(oe)nare fec(i)l fec(e)runt jar(e)t jac(i)lam lic(e)t
mendic(i)tatem
plac(e)t
tac{e)l
amistà
ESP
asre* amistad
diezmo