Brucke, id. 47. Max Mûller, id. I
'prononcé aujourd'hui ch ou sh. La met-on dans la position où se forme le t dorsal, ono^le s (ç) dur, du français et de l'allemand, comme dans sage, leçon, liesz, dasz. Enfin, quand la langue vient s'appuyer entre les dents, de manière à laisser un passage étroit à l'air chassé du poumon, on fait entendre le son 0 du grec moderne ou le th dur des Anglais, spirante du t dental proprement dit, par exemple Géoç, that.
Si, au moment de produire ces quatre sons, on fait, en rétrécissant l'ouverture de la glotte, résonner les cordes vocales, on obtient les spirantes sonores correspondantes aux quatre espèces de d. La première est, comme la sourde correspondante, souvent employée à la place de la troisième ; la seconde, sur laquelle je reviendrai, paraît être le z du zend ; la troisième est notre s doux, comme dans /^ose, ou notre ^, comme dans zèle, ou encore Vs initial ou médial des Allemands, tel que Sohn, lesen ; la spirante sonore correspondante à la quatrième espèce de d est le th doux anglais, le S des Grecs modernes, comme dans other, Atoç ^
3® Quand on forme l'obstacle destiné à arrêter l'air non avec la langue et le palais, mais avec les lèvres, on produit alors une labiale, et si la fermeture n'a point heu complètement, la spirante correspondante ; or, pour la produire, on peut ou rapprocher les incisives supérieures des lèvres inférieures , ou rapprocher simplement les deux lèvres l'une de l'autre ; dans les deux cas, on fait entendre la spirante de ^, f, mais plus forte dans le premier cas, comme dans Vater, façon, plus douce dans le second, comme dans sauf, vif Si, en voulant prononcer le premier f, — le f^ de Briicke, — on fait résonner les cordes vocales, on fait entendre le son v — le t« ^ de Briicke — des mots va, voix ; je le représenterai par v ; si on fait résonner la voix, au contraire, en essayant de prononcer la seconde espèce de f — le f^ de Briicke — on produit le son ûi, iie — le w^ de Briicke — tel qu'on l'entend en allemand dans le mot Quelle, en français dans écuelle, en anglais dans wind ; je le représenterai par ly.^
Liquides. — Les quatre espèces de spirantes correspondant aux quatre espèces de t ne sont pas les seules qu'on puisse dériver de ce son; si on forme, comme pour produire cette lettre, un obstacle en avant de la bouche tout en ménageant de chaque côté des dernières molaires un passage à l'air, de manière que
1. Brûcke, id. 30. Max Mùller, id. \, 165, 167. ■2. Brûcke, id. 34.
l'onde sonore, se partageant au contact de la langue, s'écoule par cette double ouverture le long des parois intérieures de la mâchoire, nous faisons entendre les quatre sons de l sourd, correspondant aux quatre espèces de t ; si on fait en même temps résonner les cordes vocales, on a les quatre espèces de l sonore, correspondant aux quatre variétés du d. Les quatre espèces de / sourd, que Briicke désigne par les lettres \^, a ~, a 3, X^, ont été signalées par J. Millier en allemand, par Purkine en polonais. Des quatre variétés de l sonores, la première est le l ordinaire, le l alvéolaù'e (l) des Romans, qu'on entend en français dans les mots /«rpm, loge; la seconde (l) est probablement le Ira du dialecte du Vèdas, parfois aussi, à ce qu'il semble, le l barré (l) des Polonais ; la troisième variété est l mouillé, c'està-dire, d'après Chladni, le l suivi d'un i intermédiaire entre i ordinaire eij; ainsi àSiUs paglia, paille, llano; je le désignerai par II. Enfin la quatrième espèce de / ou ^ dental est celui qu'on produit quand on parle à voix basse ; il ne diffère pas essentiellement de 1'^ alvéolaire, et est souvent confondu avec lui. C'est à lui ou au premier que se rapporte, d'après Briicke, le l de l'alphabet sanscrite
Trémulantes. — Nous avons vu comment on produit les trémulantes ou les sons de r ; il faut néanmoins préciser davantage le mode de production de chacun d'eux.
1° Si on place la langue dans la position où se produit la spirante vélaire, mais en formant en son milieu, à la place où s'applique la luette, un sillon profond, de manière à ce que cette dernière entre en vibration lors du passage de l'air, on produit le son de Yr guttural ou uvulaire sourd (r), et en faisant résonner les cordes vocales l'r sonore correspondant, Yr uvulaire du provençal^.
2° Si on place la langue dans sa position habituelle en en relevant seulement l'extrémité et les bords antérieurs vers les alvéoles des dents supérieures, mais sans former un obstacle complet au passage de l'air, comme pour la production du t, ni d'espace étroit, comme quand on veut faire entendre la spirante s, l'air chassé du poumon, en frappant la partie ainsi relevée de la langue, lui imprime un mouvement vibratoire, et produit, alors, si les cordes vocales résonnent en même temps, le son de l'r ordinaire des langues romanes et germaniques, sans doute aussi Yr du sanscrit, quoique ce dernier fût rangé parmi les cérébrales, et que notre r commun soit véritablement alvéolaire ^.
1. Briicke, id. 40. — 2. Brûcke, id. 49. — 3. Briicke, id. 42.
Il n'y a pas, à vrai dire, de r labial dans les langues indoeuropéennes ; aussi, sans m'arrêter à le décrire, j'arrive aux résonnantes*.
Résonnantes . — Nous avons vu que les organes qui servent à produire les résonnantes sont ceux-là mêmes qui forment les explosives ; on comprend donc qu'à chaque espèce de ces dernières corresponde une espèce particulière de résonnante.
1° Forme-t-on, par exemple, l'obstacle nécessaire à la production de la vélaire g et de la palatale ^ p en abaissant, au moment de l'expiration , le voile du palais pour laisser un passage libre à l'air à travers les fosses nasales, on fait entendre dans le premier cas le son de n suivi de g et précédé de a, o ou u, comme en allemand dans Schwang , Wange, c'est Yn guttural ou vélaire (ng ou h) ; dans le second cas on produit l'n palatal (ng^^ ou n J, qu'on entend également devant g, mais après e ou i, comme dans Engel, Klingel'^.
2° Quand on forme l'obstacle au passage de l'air, comme pour la production des difïérentes espèces de d, on obtient les quatre espèces de n correspondantes : Vn alvéolaire, notre n ordinaire qu'on entend dans nom, probablement aussi Vn dental du sanscrit ; Vn cérébral de ce même idiome ; Vn mouillé, c'est-à-dire, d'après Brïicke, le son de n ordinaire suivi de J, comme dans campagne, Espaîïa, je le désignerai par n; enfin Vn dental confondu parfois dans la prononciation avec Vn alvéolaire, et que je désigne par n comme ce dernier^.
3" Quand on ferme les lèvres, comme pour produire le h, et qu'au lieu de laisser sortir l'air chassé du poumon par la bouche, on le force à traverser les fosses nasales, on fait entendre le son m, c'est-à-dire la résonnante des labiales ^.