‹ Du c dans les langues romanesChapitre 110 sur 220 · HO · texte numérisé non relu

HO

çais à la première personne du présent de l'indicatif des verbes f'ai{s) {{acio); plai{s) (placeo), etc. Elle semble aussi avoir lieu en provençal à la troisième personne singulier dans les formes fai {facit), j'ai (jacet), plai (placet), etc. ; mais il est plus exact, je crois, de les regarder comme venant de fac't, jac't, plac't, avec c vélaire, lesquelles ont donné régulièrement après le changement ordinaire de ce c en i et la chute du t : fai, jai, plai ; les formes fac(i)t, jac(e)t, plac(e)t, au contraire, avec le c palatal, ont donné, comme nous avons vu plus haut : fatz, jatz, platz ^ Au lieu de i on trouve en catalan u substitué au c palatal, par exemple dans cy^eu (crucem), diu (dicit), feu (fecit), nou (nucem), pau (pacem), veu (vocem). Mais je remets à parler de ce changement si étrange au chapitre suivant où j'étudierai la substitution des labiales aux gutturales.

iir

Enfin, comme le c vélaire encore, le c palatal peut tomber. Cette suppression a eu lieu fréquemment pour le g palatal surtout au milieu des mots, par ex. dans :

LAT

IT

ROUMANCHE ESP.-PG.

PR

FR

cogitare

coitare

quitar ciiidar

cuidar

aiider

digitum

dito

— dedo

det

frigidum

freddo

— frio

intelligere

antallir Ob. —

originem

orine S.B,

sagiltam

saetta

saetta E. saeta

saeta

trigenta

trenta

trenta treinta,trinta trenta

trente

ainsi que dans les autres noms de dizaine.

A la fin des mots g tombe parfois en italien, tandis qu'il se change en y{i) dans les langues du double groupe occidental, par exemple dans :

— reij

Mais cette suppression, on le voit, est, même au milieu des mots,

initial, je ne connais son changement en ij (j) que dans jisterna sic. (cisternam).

1. Dans les mots français plaire, taire, ce n'est pas non plus, à vrai dire, un c palatal, mais le c vélaire de plac're, tac're qui s'y est changé en i. Voir plus loin Liv. IV, ch. VI. Il en est de même de plaid, esp. pleito; qui vient non de plac{i)tum, avec c palatal, lequel aurait donné plaist en français, plezdo en espagnol, mais de i:ilactum, avec c vélaire, lequel changement de c en é donne régulièrement plaid et pleito. Voir Liv. IV, chap. VIII.

assez rare ; elle l'est bien plus encore pour le c palatal. Voici cependant quelques exemples où c médial en latin est tombé :

dicere

dire

far

dire

facere

fare

fer p, c*

faciunt

feent

fan

font

hirpicem

{ï)erpi

recipere

rebre cat.

Il est peut-être aussi tombé en catalan dans dehemhre (decembrem), vehi (vicinum), etc. où 17^ pourrait bien n'être destinée qu'à éviter l'hiatus ^.

A la fin des mots la chute du c palatal est encore plus rare ; en efiet, ou il s'y transforme en spirante, ou il y est remplacé par i ou u. Les quelques exemples, comme fa (facit) pr. , di (dicit) id. , dit fr., etc., où il a disparu, ne sont même le plus souvent que des affaibhsseraeuts de formes plus complètes ; ainsi di de dii ou ditz, dit de dist, etc.

lyo

Non-seulement le c palatal peut, comme le c vélaire, se changer en i, mais il paraît aussi, comme lui, pouvoir donner naissance au son i par son voisinage. Quand le c est vélaire, on peut supposer, comme je l'ai dit, que le son i s'est développé à sa suite pour donner ki et qu'ensuite Vi de ce son complexe a été préposé à la gutturale ; dans le cas du c palatal, la transformation de celui-ci rend l'explication plus difficile ; le plus simple, je crois, est d'admettre que la spirante née de cette transformation, possède elle aussi la faculté de développer le son i, qui vient se joindre à la voyelle précédente pour la modifier ou la changer en diphthongue. Quoi qu'il en soit, voici quelques exemples de ce phénomène phonétique si curieux ; on ne le rencontre que dans le double groupe occidental et le plus souvent dans le voisinage de cs{x) 3.

LAT

acidum axem,

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