V. plus haut p. 46 et
la place, coniormêment au génie de cette langue, del'nfinalespagnol. Cette substitution de n k c semble encore avoir eu lieu, mais au milieu du mot, en espagnol dans ansi (aeque sic) , peutêtre aussi dans l'adjectif enteco (hecticum), en portugais dans pentem (*pectinem) et dans le français ainsi. EUe apparaît également à la fin du mot, en provençal dans aissin synonyme de ansi^ en vieux français dans «w?m(amicum), anemin (inimicum S. B. 537, 543 ; en normand dans ichin (eccehic), sti-chin et autres composés de hic ; et à la fois au milieu et à la fin du mot dans le bourguignon ansin, le picard ensm, vieux français «mssin G. Ros., provençal moderne ansin Mireio I, 7, a '. Comment expliquer cette substitution de n à c ? Y a-t-il d'abord transformation véritable de la seconde de ces deux lettres en la première? Cela paraît peu probable ; il semble bien plutôt que cet n soit tout simplement une lettre intercalaire, que les idiomes romans de l'Ouest mettaient parfois avant la gutturale ; dans les exemples précédents, celle-ci serait tombée, tandis que n restait ; cette dernière lettre se serait ainsi indirectement substituée au c primitif. Cette manière de voir est d'ailleurs confirmée par un certain nombre de mots, où la gutturale a subsisté à côté de n. L'intercalation de n devant une gutturale, non suivie de la chute de celle-ci, se présente, en effet, dans le provençal engual ou engal (aequalem) ; l'espagnol nenguno (nec unum) — cf. le latin archaïque nmcM^M5 ou mn^M/w5, — enxambre (ecsambre, encsambre, enxambre) — portugais enxambre — et d'autres semblables comme enœemplo, enxugar, etc., nous montrent encore le même phénomène^. Le vieux français ainsinc, aujourd'hui ainsi, présente les deux cas : intercalation de n et chute du c, ou sa transformation en i dans la première syllabe, intercalation de n et conservation du c dans la seconde. Il ne peut donc y avoir de doute sur la manière dont la langue a procédé ; mais le c final tombant en français de très-bonne heure, on voit que les mots où n en tient la place supposent que l'intercalation de cette lettre devant c doit remonter aux premiers temps du roman ■