‹ Du c dans les langues romanesChapitre 121 sur 220 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

TRANSFORMATION DE LA GUTTURALE VELAIRE EN c ET EN SES DÉRIVÉS.

Dans le passage du latin au roman, le c vélaire a, nous avons vu, conservé, dans le plus grand nombre de cas, sa valeur gutturale ; mais dans un certain nombre aussi, surtout dans les langues du Nord-Ouest, il s'est changé en chuintante ; c'est cette transformation nouvelle qu'il nous faut maintenant étudier ; elle n'est d'ailleurs, quoique beaucoup plus rare, pas plus surprenante que celle du <? palatal en c et en ses dérivés ; et, comme celle-ci, elle apparaît dans une partie des langues indo-européennes ; voilà pourquoi je n'ai point cru devoir précédemment séparer l'explication phonétique du changement des deux gutturales ; c'est aussi à ce que j'en ai dit dans le livre précédent que je renvoie le lecteur. J'ajouterai seulement quelques faits à ceux que j'ai déjà cités.

J'ai montré que le changement du c vélaire en c suppose son changement préalable en c palatal ; les idiomes romans, en particulier les dialectes ladins, nous offrent la série complète de ces transformations ; ainsi tandis que le c de campum persiste dans (?am^, motduroumanchedel'Oberland, les dialectes du Frioul nous le montrent changé en palatale vraie dans écunp, et le dialecte tyrolien d'Ampezzo Ta transformé définitivement en c dans campo. Le dialecte du canton du Tessin nous montre également le c de carnem, prenant suivant les localités la valeur k, k ou c, ainsi :

carn, — chiarn, chern, chiern, — cern ^

Page 1