‹ Du c dans les langues romanesChapitre 122 sur 220 · Biondelli, Saggi, p · texte numérisé non relu

Biondelli, Saggi, p

— ne —

Le normand nous présente des formes non moins curieuses ; c'est ainsi que le mot càballum y est devenu ordinairement cheva, ou mieux j'va, affaiblissement évident de tcheva\ mais dans certaines parties de la province où on le parle on dit aussi queva ou g' va; or dans les comptes de l'hôpital des Veys (1350), située dans une région où l'on prononce aujourd'hui Jva , on trouve kievauœ^ ; ainsi pour le copiste du xiv" siècle, le c vélaire ne s'était pas encore transformé en chuintante ou linguale, il était devenu seulement palatal.

Dans ces exemples et dans ceux qu'offrent la plupart des langues, le c vélaire, transformé en palatale ou c, est originairement suivi de a ; cependant les idiomes romans offrent quelques exemples où le c suivi de t; ou de u étymologiques s'est aussi changé en c ou en s, après le changement préalable, il est vrai, de 0 ou de M en o, û, eu, etc. Ainsi dans le dialecte de la vallée d'Engaddine, le c vélaire suivi de o ou de u, des mots suivants

corium culum cunam curam

s'est changé en palatale vraie {ch := c),

chô'r chûl chûnna chûra

de même que c suivi de a dans

caveam carnem caminum catenam

y a donné

chabgia charn chiamin chadaine.

Certains dialectes français, allant plus loin, ont transformé définitivement dans ce cas le c vélaire en c. C'est ainsi que les mots

corium coxam culum

ont donné dans le normand du Bessin

tcheu , tcheusse tchu.

Le patois poitevin des Sables en offre également quelques exemples, ainsi tchuder (cogitare)^, tchur (cor)^, tchulotte

1. Ed. Du Méril, Dictionnaire du patois normand s. v. quiérue.

ï. Favre, Glossaire du Poitou, s. v. tchuder, p. ex. Gn'ai pas tchudé faire quieu.

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